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World Judo Academy - Saison II, épisode 4 - L'intégrale

Ailleurs c'est tellement près

Dans le prolongement de L’Esprit du judo n°55 actuellement en kiosque, retrouvez ici la suite du journal de bord de la Judo Académie nouvelle génération.

Ils sont onze et nous sommes douze. Tributaires du temps, de la matière humaine et de notre « mouvement en mouvement ». Parce que la World Judo Academy vaut autant pour ce qu’elle raconte que pour ce qu’elle effleure d’un judo mondial à multiples vitesses, elle livre ici sa piqûre bimestrielle de relativisme culturel et de mutuelle compréhension de certains des enjeux de l’époque. Si vous avez manqué les épisodes précédents (voir EDJ46 à EDJ55 et ici), l'équipée comprend Amandine Buchard (France, -48 kg), Hedvig Karakas (Hongrie, -57 kg), Yarden Gerbi (Israël, -63 kg), Kayla Harrison (USA, -78 kg) et Idalys Ortiz (Cuba, +78 kg) pour les filles. Yakub Shamilov (Russie, -66 kg), Gideon "Jacques" Van Zyl (Afrique du Sud, -73 kg), Antoine Valois-Fortier (Canada, -81 kg), Tiago Camilo (Brésil, -90 kg), Toma Nikiforov (Belgique, -100 kg) et Islam El Shehaby (Egypte, +100 kg) pour les garçons. 
Saison II, épisode 4, attitude... Ré !


Un Antoine Valois-Fortier se cache dans cette image. Saurez-vous le retrouver ? ©DR/L'Esprit du judo

Vendredi 13 février 2015. Tirage du Super Loto. Le 5, le 19, le 23, le 32, le 37 et le 8 en numéro chance du jour. Côté tapis, la réduction de peine accordée aux deux « fesses-ibitionnistes » de Chelyabinsk - l’un dans la caté de Yakub, l’autre dans celle de Jacques - provoque le mécontentement de plusieurs clubs français, à moins d’un mois des championnats de France par équipes où la réintégration des deux sanctionnés pourrait peser sur les résultats. Aux Etats-Unis, Kayla se plie à un contrôle antidopage de routine. De Glasgow, des échos contradictoires font état d’une possible annulation des championnats d’Europe. La décision serait historique. À l'échelle de la seule World Judo Academy, elle impacterait rien moins qu’Amandine, Hedvig, Yarden, Yakub et Toma, soit près de la moitié de l'entité.

Samedi 14 février. Saint-Valentin, journée magique. Dilyan Nikiforov, frère de Toma, devient champion de Belgique cadet, une semaine après le golden-score de l’année ayant opposé sur 17 minutes les -55 kg Jorre Vestraeten à Vladislav Lim [cf. épisode précédent, 26 janvier]. Son frère, lui, décolle pour Rome où il se rend « avec appétit, après deux mois et demi sans baston », alors qu’Amandine ne s’aligne pas en Autriche pour récupérer d’une entorse à la cheville droite ramenée du stage au Brésil. Yarden en termine avec le stage de Wingate où Israël accueillit Peugeot-Mulhouse, les Coréennes de Lee Won-Hee, l’Autriche et l’Ukraine. « J’en suis à deux entraînements par jour depuis le mois de janvier et les stages en Autriche et au Brésil, mon corps et ma tête disent stop » concède la championne, sur les rotules… Saint-Valentin, journée tragique. Alors que la tension semblait retomber après les attentats de Charlie, de nouveaux coups de feu serrent les cœurs à Copenhague. Les Pays-Bas pleurent la disparition de Wim Ruska, dont Chris de Korte déplorait dans nos colonnes l’absence de reconnaissance par les jeunes générations. C’est officiel, sinon : les championnats d’Europe 2015 n’auront pas lieu à Glasgow. Un séisme abondamment commenté qui ferait presque sourire de nombreux judokas africains comme Jacques ou Islam, habitués à changer de lieu voire de dates à quelques mois de leurs échéances continentales – du Tchad à l’île Maurice en 2014 par exemple – sans que cela n’émeuve grand monde sur le reste de la planète judo.

Dimanche 15 février. Sur l’antenne de RMC Sports, Loïc Pietri se fait la voix des sans voix du judo français, qui ont décidé d’interpeler leur Fédération sur la question de leur rémunération. À la World Cup de Rome, Antoine effectue sa rentrée 2015 face au Polonais Przysbysz, qui remballe pour Varsovie sans avoir vu le ballon : waza-ari, trois shidos et ippon sur le nouvel uchi-mata fouetté du Québecois. Derrière, le n°2 mondial s’arrête là, propulsé par un o-uchi ken ken parfait du Japonais Mirayama à 1’30 du terme, sur la route d'une victoire en finale sur le revenant allemand Maresch. L’une des médailles de bronze est remportée après presque 3’ de golden score par Kim Jae-Bum. Le néo-trentenaire parut pour la première fois son âge en se relâchant inhabituellement sur un ko-soto gari à six secondes du terme de son quart face à l’Espagnol Khalabegashvili. Elément à charge : le Coréen essayait de s’autoarbitrer, ce qui eut le don de provoquer la fureur de son coach… Né le même jour que le champion olympique des -81 kg mais âgé de huit ans de moins, Toma tord le Japonais Takagi. Waza-ari sur soto-maki komi en 27 secondes, le reste en bataille de manches et sode ruinant toute expression en face. Embêté deux fois par les poussées hors tapis de l’Autrichien Kronberger, il lui règle son compte d’un o-soto maki komi de maçon. Il lui faudra presque trois waza-ari en demies pour plier le Géorgien Mkhaladze, tombeur au premier tour du Japonais Wolf. En finale, seul le terrible uchi-mata de gaucher du Japonais Haga parviendra à le stopper, malgré une bonne entame tactique car, pressé de revenir en droitier, il viendra s’empaler sur la patte forte d'un Japonais qui n’attendait que ça pour placer son ciseau-retourné et donner le sourire à son coach Kosei Inoue. Sur le tapis d’à côté, grosse compétition de Nicolas Brisson. L’ancien Judo académicien âgé de 33 ans sort le Géorgien Gviniashvili (futur vainqueur du Masters en mai) puis l’Italien Carollo en toute fin de combat, avant de mener jusqu’à 45 secondes du terme face au madré Mashu Baker, qui le cloue sur o uchi gari.

Lundi 16 février. 56 ans de John McEnroe. Pose de la plaque de championne du monde de Clarisse Agbechenou à l’Insep, pendant qu’Islam se foire pour le visa pour Düsseldorf et que Jacques obtient le sien in extremis. Dix jours après la disparition de l’écrivain André Brink, une figure de la lutte anti-Apartheid, le Sud-africain resitue la portée de l’événement : « C’est une grande disparition mais l’hommage qui lui a été rendu n’est pas le même que celui qu’a eu Mandela. Je ne crois pas qu’une personne puisse un jour recevoir le même hommage que Madiba. »

Mardi 17 février. 46 ans de David Douillet et naissance de Mousasi Ishii, dont le papa se livre à cœur ouvert dans l’EDJ55. Jacques décolle en soirée pour Düsseldorf. Hormis les Jeux du Commonwealth à l’été 2014, le Sud-Africain n’a pas foulé de tatami européen depuis son premier tour épique aux Jeux de Londres face à l’Azéri Orujov. Toma, lui, enchaîne sur trois jours de stage au camp de base de Loverval et sort le menu asperges pour être au poids à la pesée de samedi à Düsseldorf.

Jeudi 19 février. Nouvel An chinois. Après un ultime entraînement et un sauna, l’Allemande Roper, patraque, déclare officiellement forfait pour Grand Prix de Düsseldorf. La récente championne d’Allemagne des -57 kg, qui n’a jamais fait mieux que 5e au grand rendez-vous de l’hiver, rentre se reposer chez elle à Cologne. Elle rejoindra ses coéquipières le lendemain.

Vendredi 20 février. Il est 10 h 53 sur le tapis n°2 de la Mitsubishi Halle de Düsseldorf. Le Monégasque Yann Siccardi entre dans l’histoire… à son corps défendant. En s’inclinant face à Simon Yacoub, résident allemand combattant pour les couleurs de la Palestine, le -60 kg coaché ce jour par Thierry Dibert permet à son adversaire de devenir le premier Palestinien de l’Histoire à remporter un combat international. En -66 kg, c’est un autre Yakub qui souffle le show et le froid et se classe 5e d’une compétition qu’il aurait pu – dû – gagner [cf. EDJ55], tandis que sur le tapis d’à côté Hedvig sort Nae Udaka, championne du monde en titre, et va chercher un bronze laborieux mais mérité vu les affres d’où elle revient. « Je n’étais pas en forme, mon tableau était terrible mais il faut croire que j’ai progressé ces derniers mois. » Quatre semaines après sa disparition, certains entraîneurs japonais ont apposé une photo de Hitoshi Saito au dos de leur badge, tandis qu’Ami Kondo, la championne du monde des -48 kg, réputée injouable au sol, cède sur un sankaku-jime de la revenante belge du Flam 91 Charline Van Snick. En tribunes, son compatriote Toma mâche un chewing-gum japonais non loin de la néo-retraitée allemande Heide Wollert, vainqueur ici même en 2010, pendant qu’en -57 la future vainqueur Rafaela Silva met 8’02 pour venir à bout de Laetitia Blot. Quelques rangs plus loin, Ezio Gamba a l’humour taquin. Assis à côté de Jacques et des Mozambicains Marlon Acacio et Edson Madeira qu’il a hébergés la semaine précédente en amont de l’European Open de Rome, l’ancien responsable des équipes africaines lors des Jeux de Pékin pointe du menton le -60 algérien Rebahi et le -66 marocain Khalfaoui, engagés simultanément sur les tapis 3 et 2. Les deux combattent avec un kimono IJF et donc sans coach. « Hé les gars, vous êtes au courant que les règles ont changé ou pas ? La taille des vestes, tout ça… » La remarque fait rire ses deux anciens protégés… qui jettent quand même un œil à leur tenue.


Un quart de siècle fêté en bronze à Düsseldorf par Hedvig Karakas et son entraîneur Peter Toncs ©DR/L'Esprit du judo

Samedi 21 février. 25 ans d’Hedvig, détendue et diserte ce matin. Toma hurle « Allez Chouch’ ! » à son compatriote Sami Chouchi lors de son combat serré contre Tatalashvili et peste contre les barquettes de saucisses locales que s’enfilent les spectateurs et qui ne cessent de lui titiller les narines à quelques heures de sa pesée… L’Allemande Iljana Marzok met le feu à la salle sur uchi-mata face à la Belge Taeymans, remontant ainsi un waza-ari de retard. Douche glaciale en revanche pour son compatriote Marc Odenthal. Le -90 kg voit son ippon enthousiasmant en reprise de garde contre le favori hongrois Toth transformé en shido contre lui pour saisie directe en prise de l’ours – « Et c’est une décision de la table centrale et de son responsable allemand, je répète, de son responsable allemand » appuie en souriant Oliver Kauer-Berk, rédacteur en chef du Judo magazine allemand, comme gage de l’intégrité de la décision. En -73 kg, Jacques donne sa vie sur le tapis pour réchapper à deux immobilisations du vétéran espagnol Kyoshi Uematsu et accéder, sans coach, au deuxième tour où les sode de l’imperturbable israélien Sagi Muki le renverront à ses limites du moment. « En manque de sensations », Antoine, lui, livre cinq combats au courage mais doit céder d’un shido sur le Belge Joachim Bottieau, puis en place de trois sur l’Allemand Sven Maresch, qui raffole de ses grands segments puisque c’est le troisième pion sur sode à gauche qu’il « lui inflige en trois rencontres. » Commentaire du médaillé olympique canadien : « Il va falloir que je commence à faire mes devoirs face à lui. » Laissée au repos car « malade comme jamais je ne l’avais été » mais présente en tribunes pour encourager et filmer ses équipières, Yarden croise les bras comme son coach Shany Hershko au moment où retentit le God Save the Queen joué en l’honneur de leur ancienne compatriote Alice Schlesinger, vainqueur en -63 kg après deux années tumultueuses. Côté nippon, le festival Ono en -73 kg sera éclipsé quelques jours plus tard par la révélation de la raison des absences des -70 Tachimoto et -78 Ogata, puis par l’épilogue de cette affaire. L’officialisation de l’annonce de l’attribution – subodorée par beaucoup – de Bakou en juin comme ville organisatrice en remplacement de Glasgow pour les Europe 2015 fait au moins un malheureux : Guillaume Chaine. Le -73 kg français, 7e ce jour avec des victoires sur le médaillé mondial belge Van Tichelt et le champion olympique géorgien Shavdatuashvili, et qui ne rendit les armes que face à la maestria combinée du Japonais Ono et de l’Israélien Muki, avait le secret espoir d’une fenêtre de tir pour Glasgow entre la convalescence d’Ugo Legrand et la suspension de Pierre Duprat. Las, le changement de date vient ruiner tous ses plans : « Quand ça ne veut pas… » soupire-t-il. Maigre consolation : ses exploits de début de journée auront tapé dans l’œil du clan des Roumaines, l’une d’entre elle s’encquerrant discrètement sur le curriculum de « ce nouveau français que je ne connaissais pas »…

Dimanche 22 fevrier. Blessée la veille lors de sa brève (onze secondes) demie fratricide face à sa jeune compatriote Szaundra Diedrich, l’Allemande Laura Vargas-Koch encourage de sa voix fluette ses copines des +78 kg depuis les tribunes, pendant que Jacques part à la recherche d’une pharmacie locale pour trouver de quoi soulager son épaule et ses côtes douloureuses en prévision du stage du lendemain qu’il ne voudrait « manquer pour rien au monde ». Lucie Louette se blesse aux croisés dans sa nouvelle catégorie des +78 kg, au moment où Antoine reconnaît en la personne du Russe Zankishiev, grand animateur de la journée en -90 kg (2e), l’homme qui l’avait surpris dans les premières secondes de leur randori lors du stage de Malaga à l’automne dernier. Arrivée de Giorgii Zantaraia, forfait malgré lui car coincé deux jours par la neige à l’aéroport d’Istanbul avec trois de ses compatriotes dont le -90 Quedjau Nhabali. « Tu connais ce mec ? Tu devrais l’interviewer, il a du potentiel » lance Ilias Iliadis entre deux portes en désignant le lutin ukrainien, dont Adidas officialise aujourd’hui la signature. Retour remarqué de Marcus Nyman, vainqueur ici-même en 2011. À 24 ans le champion d’Europe junior 2009 et senior 2010 s’est remis dans le sens de la marche depuis le mois de septembre après deux années off due à une démobilisation post-JO. Il sort le Français Gobert et le Japonais Yoshida et résiste pendant trois minutes au futur vainqueur Liparteliani. Kayla, elle, regarde droit devant elle au point d’en renverser une boîte de jus de fruit en salle d’échauffement lors d’une série d’uchi-komi avec son compatriote Aaron Kunihiro. C’est à coups de shidos que l’Américaine exécute une à une les adversaires qui se dressent sur le chemin la menant jusqu’à son hymne. Une joie que ne connaîtra pas cette fois Toma, battu d’entrée par le futur vainqueur, le Japonais Haga – qui l’avait cisaillé une semaine plus tôt en finale à Rome. Cette fois le Belge y a cru jusqu’au bout, au point de tenter un ultime chassé après le soremade, qui fera sourciller jusqu’à Kosei Inoue lui-même. « C’est un sport d’hommes. Tant que l’arbitre n’a pas dit que c’est fini, je tente. » Le Belge est doublement en boule lorsqu’il apprend que les masculins nippons ne resteront pas au stage international de trois jours qui débute le lendemain. « J’en étais sûr ! » commente-t-il entre autres noms d’oiseaux dont ce compétiteur-né affuble certains adversaires qu’il estime manquer de cojones.

Lundi 23 février. Au stage sis à l’Univertratstrasse de Düsseldorf et ses quatre tatamis jaune et bleu, Kayla est la première sur le tapis le matin comme le soir, et reste regarder les entraînements des garçons en compagnie de Travis Stevens. Le -81 a été arrêté par les médecins suite à une commotion cérébrale survenue lors de son uchi-mata victorieux de samedi face au Français Schmitt. Yarden repasse n°1 à la ranking.

Mardi 24 février. Opération de l’épaule pour Ugo Legrand, Judo académicien de la promotion 2009-2012, pendant que les Cubaines quittent déjà l’Europe pour retrouver Idalys, restée au pays. Au stage de Düsseldorf, Antoine effectue le premier randori de sa carrière avec le Coréen Wang, mais ne parvient pas à reprendre l’Allemand Maresch, pris par des obligations télé.

Mercredi 25 février. Les suffrages d’un web-scrutin IJF ont parlé : Amandine est élue espoir de l’année 2014 et Yarden athlète féminine de l’année.

Samedi 28 février. 28 ans d’Axel Clerget, autre Judo académicien de la première génération, « ravi » de son stage allemand. 29 de Travis Stevens, dont la convalescence semble « plus longue qu’annoncée ». En MMA, Ronda Rousey s’impose en 14 secondes à Cat Zingano. À Prague, la -52 kg Yingnan Ma n’en finit plus de surprendre. À quelques jours de ses 31 ans, la Chinoise remporte son troisième tournoi en quatorze jours, devançant désormais sur le podium du genre la Colombienne Alvear (trois titres en 15 jours au printemps 2011), la Kosovare Kelmendi (trois titres en 16 jours à l’automne 2011) et la Néerlandaise Polling (trois titres en 22 jours à l’hiver 2013) – cette dernière étant la seule des quatre à avoir inclus un tournoi du Grand Chelem dans sa série.

Dimanche 1er mars. Une semaine après avoir violemment frappé du poing la paroi du tapis d’échauffement de Düsseldorf, Wang Ki-chun remporte le tournoi de Varsovie, en battant en finale un autre revenant, le Brésilien Guilheiro. Zombies encore : débuts des championnats de Cuba avec un spectateur de choix en la personne du champion du monde 2013 des -90 kg Asley Gonzalez, dont la reprise est désormais imminente.

Lundi 2 mars. Fraîchement rentré de sa semaine allemande, Antoine reprend le chemin de l’UQAM pour une session d’examens de kinésiologie.

Jeudi 5 mars. En Afrique du Sud, Jacques obtient son visa pour le Grand Prix du Maroc de la semaine suivante.

Vendredi 6 mars. En Russie, le président Poutine signe un décret entérinant, pour la période allant du 1er mars au 31 décembre 2015, la baisse de 10 %, de son propre salaire ainsi que de celui de plusieurs hauts responsables du pays, dans un contexte de chute des cours du pétrole et d’effondrement du rouble suite aux sanctions occidentales dans la crise ukrainienne. Un impact à prévoir sur le budget de la « Drrream Team » russe ?

Samedi 7 mars. Surprises aux championnats de France par équipes 1D de Toulouse. Sucy Judo devient champion de France devant Nice Alliance Judo. Les deux formations avaient respectivement sorti en demies Levallois et Sainte-Geneviève, c’est-à-dire l’ogre de la décennie écoulée et son habituel dauphin.

Dimanche 8 mars. Journée de la femme. Un an après l’annonce surprise de la retraite de l’ancienne championne du monde Morgane Ribout, ses ex-coéquipières du RSC Champigny remportent le titre national par équipe. Amandine fait feu de tout bois en -52 kg, notamment en finale ou ses deux waza-ari sur kata enroulé - dont un alambiqué mais efficace - sur Eloïse Combeau mettent les Campenoises à 2-0 après le succès initial de la championne d’Europe Emilie Andeol. Hasard des rotations arbitrales, le troisième combat de cette finale est arbitré par Cathy Mouette. L’ancienne prof de « Bubuche » rappelle tout de même à ses obligations de retenue dans la victoire Lola Benarroche, auteure du 3-0 sur uchi-mata après deux minutes de golden score sur la junior limougeaude Véronique Mandeng, et partie fêter ça à toute bombe avec ses coéquipières avant même le salut... Celles-ci se rattraperont « quelques heures plus tard à l’aéroport de Toulouse », dixit Amandine. Un week-end au top pour le préparateur physique Mathias Ricard, qui s’occupe des deux équipes victorieuses cette année. Plus au nord, Toma a le WhatsApp qui frétille entre son petit frère Dilyan qui combat en cadets à Antalya « avec les championnats d’Europe de Sofia début juillet dans un coin de la tête », et son vieux complice des nuits bruxelloises Aymerick Glowacki, qui se classe 3e en +100 kg aux championnats de Bulgarie. Aux championnats de Cuba, c’est aux féminines d’entrer en piste. Idalys s’impose sans coup férir – 40 secondes en moyenne par combat lors des ses trois premiers tours. Deux finales virent au thriller : celle des -63 kg entre Maylin del Toro et Olga Masferrer, qui se conclut à l’avantage de la première après 10’30 de lutte, et celle des -78 kg où Kaliema Antomarchi, 5e des Mondiaux 2013, mettra 8’22 à se défaire de son aînée Yalennis Castillo, vice-championne olympique 2008.


Yarden Gerbi très émue lors d'un discours en entreprise en Israël ©DR/L'Esprit du judo

Lundi 9 mars. Décès de Sam Simon, le co-créateur des Simpson. Semaine de tests physiques à Sao Paulo pour Tiago, pendant qu'Hedvig s’élance sur le tatami de Nymburk pour les débuts du stage international en République tchèque.

Mardi 10 mars. Départ tout de noir vêtues pour Amandine et ses coéquipières, en route pour un stage à Strasbourg, suite au décès la veille de Florence Arthaud, Camille Muffat et Alexis Vastine dans un accident d’hélicoptère. Toma et Yarden s’envolent pour leur part pour le stage de Nymburk. Idalys complète sa moisson nationale avec l’équipe de sa province d’Artemisa.

Mercredi 11 mars. Quatre ans de Fukushima. A Nymburk, Islam propose un randori à Teddy Riner qui préfère remettre au lendemain... A l’INSEP, cérémonie en hommage aux trois sportifs français disparus la veille en Argentine. La Fédération internationale annonce que les points du Grand Chelem de Paris prévu en octobre seront doublés, mais qu’en revanche le nombre de Français par catégorie sera réduit de moitié. Jacques quitte Johannesburg pour Casablanca.

Jeudi 12 mars. À Nymburk, le fougueux junior slovène Rok Polazder fait plus que tenir tête à Teddy Riner lors de l’un des golden-scores de la journée. En Tchétchénie, le Japonais Hirotaka Hokada anime deux jours de séminaire.

Vendredi 13 mars. 25 ans d’Antoine. En guise de cadeau, le Canadien accueille jusqu’à Rio un sparring partner nommé Joichi Hirao, vainqueur de la dernière European Open de Lisbonne et membre de l’équipe Park 24 au Japon – un peu sur le modèle de ce que fit il y a quelques mois l’Américaine Marti Malloy avec la Japonaise Aiko Sato. Hedvig rentre de Nymburk où Islam s’est refait mal au genou. Ce n’est pas encore cette fois qu’il affrontera le Français Riner, lui-même blessé au pied.

Samedi 14 mars. Au tournoi international de Malaga, la prometteuse cadette lyonnaise Charlotte Mvondo (Dojo Olympic) termine 3e des -70 kg mais sans perdre, puisqu’elle n’a « tout simplement pas été appelée pour son premier combat ».

Dimanche 15 mars. Au stage de Nymburk, Toma fait tomber Henk Grol. Qui n’aime pas tomber et lui envoie « son lieutenant » Van 't End, à qui le Belge rappelle qu’il existe entre eux « dix kilos d’écart ». « Dommage qu’il n’y ait pas de Russes, l’an dernier ils étaient soixante. » Comme une réponse à sa question, l’équipe blanc-bleu-rouge ramène ce week-end onze médailles dont cinq d’or du Panamerican Open de Montevideo (Uruguay). Yarden, elle, retrouve en Tchéquie les sensations perdues dans le creux des bosses de l’hiver. « Je me sens bien et je retouve l’envie. »

Lundi 16 mars. Trois semaines après sa victoire très médiatisée et à quinze jours du 1er avril, Ronda Rousey annonce envisager de demander une invitation pour participer à l'épreuve de judo aux Jeux olympiques.

Mardi 17 mars. Un an après la tragique disparition de son papa, Kayla positive par SMS quant au chemin parcouru depuis et à son envie désormais de croquer dans la suite. Yarden vote ce jour aux élections législatives de son pays, comme 4 253 336 Israéliens avec elle.

Mercredi 18 mars. Attentats du Bardo en Tunisie, un an que la Crimée est (re)passée sous le giron russe et relaxe de Philippe Tesson pour des propos dont il aurait sans doute lui-même rougi après coup si l’occasion lui avait un jour été offerte d’avoir une heure de discussion au calme avec Islam. Fin du stage de Strasbourg pour Amandine et retour à Paris. Fait du Prince (suite) : prévu initialement le week-end du 21 juin, le Grand Prix de Hongrie 2015 est avancé d’une semaine, retirant opportunément une nouvelle épine du pied des Jeux européens de Bakou qui devaient débuter trois jours après le tournoi hongrois. La nouvelle fait respirer Hedvig.

Vendredi 20 mars. Si certains en doutaient encore, la révolution numérique franchit un nouveau palier puisqu’il fallait cette semaine vendre 4 500 titres pour être n°1 des ventes de single en France. À titre de comparaison, il fallait vendre 100 000 disques jusqu’en 2006 pour être disque d’or. Depuis 2009, le seuil est à 50 000 unités… Numérique toujours. Teddy Riner lance son site Internet (pas de blessés) et Amandine décolle pour Sarajevo avec son club pour une compète en -52 kg. Au Grand prix de Tbilissi, Yakub projette le Français Le Blouch sur un sode inversé à une main, debout. Coaché par Kamil Magomedov, il reste ensuite sans solution en quarts face à la garde droitier-gaucher décalée du tacticien Davaadorj, et s’incline trois shidos à deux. En repêchage, un o-uchi à gauche parfait contre le Kazakh Shmagulov l’envoie vers Zantaraia pour le bronze. Mais l’Ukrainien semble avoir franchi un palier depuis son combat de l’année 2014 face au Japonais Ebinuma, alors Yakub s’incline sans discussion. Hedvig entame bien son match sur les mains face à la Roumaine Ohai mais se fait enrouler par surprise sur o-goshi (waza-ari) avant de finir immobilisée. « J’ai hésité toute la semaine à maintenir ma participation à ce tournoi. Je suis en effet rentrée patraque et surtout épuisée de Nymburk. M’enfin ma qualification pour les Jeux n’est pas menacée par ce résultat, alors mon coach et moi avons décidé de continuer à regarder de l’avant. C’est tout ce qui m’importe pour l’instant. »

Samedi 21 mars. Vainqueur à Sarajevo comme Mélodie Vaugarny, Gwenaëlle Viard, Dimitri Dragin et Aurélien Leroy, Amandine se souvient avant tout de son combat face à la Bosnienne Ceric, transfuge des -57, et de sa finale contre la Hongroise Keliger qui commença par contrer son ura-nage. « Les deux fois je fais une petite erreur et suis menée waza-ari. Mais je reste tranquille et fais ce que j’ai à faire. À l’arrivée tout se passe bien, à croire que ma coach Barbara Harel était plus stressée que moi sur ce coup ! » s’amuse celle qu n’a plus été battue depuis la demi-finale des Mondiaux en août dernier face à l’Argentine Pareto. Une question pointe pourtant. À force de sortir en -52 kg, ne risque-t-elle pas d’être dépassée en vitesse lorsqu’elle reviendra en -48 kg ? La question la laisse pensive mais pas inquiète… À Tbilissi, Yarden est battue d’entrée par la Mongole Tsedevsuren, au taquet sur cette compétition comme la plupart de ses compatriotes - dont un judoka des Minguettes à Vénissieux dit drôlement qu’ils ont « un cerveau de Chinois dans un corps de Russe » -, et qui lui pose souvent problème avec son judo de gauchère, ses attaques la première et ses poussées avec les jambes. « C’était plus moi qu’elle », pondère l’Israélienne, en manque de compétition et de repères mais qui restait invaincue depuis sa finale mondiale d’août dernier – une série entamée en octobre au Kazakhstan face à… Tsedevsuren. Béatrice, la petite sœur d’Antoine, combat en Croatie. Trois jours après ses 24 ans, Avtandil Tchrikishvili, Judoka EDJ de l’année 2014, subit sa deuxième défaite en 2015 - soit autant qu’en 2014 - sur un seoi debout du Mongol Nyamsuren. Du côté de SportAccord, la deadline est formelle : Marius Vizer est officiellement seul candidat à sa réélection.

Dimanche 22 mars. Pendant qu’à l’European Cup de Bosnie Axel Clerget se rappelle au bon souvenir des sélectionneurs en remportant ses quatre combats par ippon, Kayla gagne à Tbilissi en battant Audrey Tcheuméo et salue les quatre points cardinaux du tapis comme Andre Agassi. « À Düsseldorf j’ai gagné mais je me posais trop de questions. Cette fois j’ai réussi à prendre du plaisir et j’ai tout gagné par ippon, même si je suis consciente qu’Audrey revenait de blessure. Mon objectif aujourd’hui est que les gens ne se posent plus la question de savoir si je suis la meilleure ou pas. » Hasard de la programmation, son petit ami britannique Frazer Chamberlain s’impose au même moment en Argentine sur un juji à la volée contre le Français Buffet. 9 000 km plus au nord, Antoine fait visiter Montréal a son sparring japonais, pendant qu’à Paris Loïc Korval frôle un quatrième no show. Si c’est au pied du mur que se juge le maçon alors le champion d’Europe des -66 kg peut ouvrir son entreprise de BTP, puisque c’est précisément dans cette nouvelle épreuve qu’il puisera les arguments juridiques pour repartir de l’avant. Islam s’incline d’un yuko « discutable » contre l’Ouzbek Tangriev.

Lundi 23 mars. Le chassé-croisé Yarden-Clarisse continue puisque cette fois c’est la Française qui repasse n°1 des -63 kg. Kayla fait escale à Munich avant de s’envoler pour Boston pendant que Toma a droit a sa vidéo Fighting Films. Tiago décolle pour Samsun, le Grand Prix de Turquie marquant sa rentrée internationale post-Mondiaux. Amandine rentre à Paris avec l’intention de se pieuter tranquillement mais doit d’abord s’acquitter d’une opération de communication avec Disney Channel. De son côté, la Fédération internationale officialise l’attribution à Budapest des Mondiaux 2017. Une belle nouvelle pour Hedvig et du baume au cœur pour sa coéquipière Annett Meszaros, blessée aux croisés le 8 février pour sa compétition de reprise après un mariage et un long break.

Mardi 24 mars. Une sélection féminine cubaine décolle pour New York, sans Idalys car toutes les catégories ne sont pas représentées. Amandine demande une journée off au staff national car elle sature après le gros stage de Strasbourg. Kayla et Marti Malloy s’entraînent ensemble à Boston pour préparer le New York Open.

Jeudi 26 mars. En Israël, Yarden passe son examen de Théorie économique, en attendant le début de son camp avec les équipes polonaise et turque. 27 ans des jumelles ukrainiennes Cherniak dont la -48, battue trois fois sur trois par Amandine en 2014, doit attendre la pesée de Samsun pour enfin pouvoir souffler ses bougies.

Vendredi 27 mars. Pas de Yakub au Grand Prix de Turquie. En revanche l’un de ses nombreux camarades russes Abdulzhalilov s’y classe 3e, tandis qu’en France le forfait de la -52 kg Astride Gneto est abondamment commenté. Bug humain ou informatique ? Bug, en tout cas.

Samedi 28 mars. En s’imposant à nouveau sur les lieux-mêmes où il s’était rappelé au bon souvenir du staff français deux mois après sa non sélection pour le Grand Chelem de Paris 2013 et à cinq mois de son titre mondial, Loïc Pietri boucle une série rare – inédite ? – dans le judo masculin français de neuf podiums internationaux consécutifs en deux ans. Pas de Yarden sur ce tournoi, qui a retenu les leçons de son printemps hyperactif de l’an passé. Pas de Jacques non plus mais c’est malheureusement une habitude.

Dimanche 29 mars. Pour son tournoi de rentrée Tiago bat le Portugais Dias autant sur ippon-ko que sur les mains et cède sur l’Ouzbek Slafugiyev qui, comme Dias mais en plus décisif, le surprend sur o-soto à gauche. « Je suis arrivé en état de surentraînement » plaide-t-il sur fond de dialogue à cosntruire entre ses entraîneurs de club et ses entraîneurs nationaux. Toma termine 5e des -100 kg, triomphant du Portugais Fonseca et du médaillé mondial émirati Remarenco, mais trop juste face à l’Allemand Peters et le Russe Omarov. Un échec à relativiser : « Je suis arrivé avec une grosse angine et des ganglions, au point de cracher du sang pendant ma perte de poids. Heureusement que le médecin de l’IJF m’a donné des anti-inflammatoires. » De cette compétition il retient surtout le succès surprise du Hongrois Cirjenics sur le Néerlandais Grol. « Surprise ? Parle pour toi. Ça fait des mois que je te dis que ce Hongrois est fort ! » Côté allemand, le succès de la revenante Viola Waechter en -57 kg augure de sacrées rivalités nationales dans la course aux Jeux, avec les mano-à-mano Waechter-Roper en -57, Diedrich-Vargas-Koch en -70 ou Frey-Peters en -100 kg. Les Pays-Bas, eux, semblent avoir temporairement résolu le problème en -70 puisque Linda Bolder – qui s’impose ce week-end – combat désormais pour Israël, Esther Stam pour la Géorgie  [lire son printemps pas piqué des vers dans l’EDJ56 à paraître courant juin], laissant le champ presque libre à Kim Polling. 8 500 km plus à l’ouest, Kayla et ses coéquipières remportent le New York Open, dont la championne olympique est élue Most Valuable Player. Un vrai moment de fête pour celle qui n’a « jamais l’occasion de faire des compétitions par équipes ». La sélection coachée par Jimmy Pedro gagne 3/2 contre la France et Cuba sous les yeux d’un millier de spectateurs dont Travis Stevens, toujours convalescent de son trauma de février. Les Cubaines grimacent en revanche puisque leur double médaillée olympique Yanet Bermoy laisse un coude dans l’histoire. Chez les hommes, Antoine et les Canadiens sont absents « pour la première fois depuis un bail car d’autres compétitions locales ont rendu difficile la composition d’une sélection digne de ce nom ». Le CO Sartrouville du champion de France des -81 kg Dimitri Gomes-Tavares s’impose.

Mardi 31 mars. Quatre ans de la disparition de la vice-championne olympique de Pékin Claudia Heill, le Japonais Izumi annonce son retour en -100 kg. Après une journée de stage avec les Cubaines, Kayla prend la route de Boston – deux heures - avec Hana Carmichael et Angelica Delgado. Rentré la veille de Turquie pour une semaine sans kim et quelques tests, Toma part à la muscul’.

Mercredi 1er avril. Pas de poisson d’avril médiatique de Loïc Pietri cette année. Le petit ami de Kayla la rejoint à Boston, en attendant une semaine de stage à San Jose avec Travis and co. Entrée en vigueur des nouvelles normes internationales pour les judogis.


Aux championnats d'Afrique 2014, la Sénégalaise Hortance Diedhiou s'était vue sommée de changer de judogi avant de monter sur le tapis. Le temps défilant et ne trouvant pas de veste de rechange à sa taille, la -57 kg dut se rabattre en urgence sur un modèle de 200 cm... dans lequel elle se fit étrangler au golden score ©DR/L'Esprit du judo

Jeudi 2 avril. 147 morts lors du massacre de l’Université de Garissa, au Kenya. « Les chiffres ne veulent plus rien dire » soupirait le cinéaste haïtien Raoul Peck en 2000 dans le documentaire Le profit et rien d’autre. Dans un article paru dans la presse US, Kayla n’exclut pas de se tourner vers le MMA après Rio. « Je ne sais pas si le MMA est fait pour moi. N’empêche que c’est dur de résister à l’aspect lucratif de la démarche donc nous verrons… » Yakub et 35 autres athlètes de la « Drrream Team » russe entament un stage de quatre jours du côté de Piancavello, en compagnie de l’équipe nationale de Pino Maddaloni, du Skorpion Pordenone, mais aussi de techniciens français comme Jean-Pierre Gibert et Frédéric Demontfaucon. Fin du stage de Géorgie pour Islam, pour un bilan « mitigé quant à la qualité de l'opposition ».

Vendredi 3 avril. 53 ans d’Eddie Murphy.

Samedi 4 avril. Pendant que les Ukrainiens Zantaraia, Bloshenko, Khammo et Bogdan démarrent seize jours de stage à Tsukuba et Tokai, les championnats du Japon livrent leur verdict à Fukuoka. Champions du monde en titre ou en pleine bourre ces derniers mois, Ami Kondo, Nae Udaka, Riki Nakaya, Shohei Ono, Ryonosuke Haga ou Ryu Shichinohe en reviendront avec de quoi méditer sur le proverbe « Nul n’est prophète en son pays ». Fin d’une semaine sans judo pour Toma, qui a toutefois maintenu une activité physique (« badminton, ping-pong, famille, amis… ») et passe sa journée entre gens bien : « Muscu, resto à volonté, casino. Décompression quoi ! »

Dimanche 5 avril. Journée d’ouverture de la NFL. Kayla regrette de n’être pas sur Boston pour « supporter les Sox ».

Lundi 6 avril. Anniversaires du camarade Benoît Baume et des débuts du génocide rwandais. Reprise de l’entraînement pour Antoine. En Belgique, Toma entame son stage VTT pendant qu’en Italie Yakub et l’équipe russe prennent à présent la direction de Naples pour une nouvelle semaine de stage à Pomigliano en Campanie. L’UFC annonce avoir embauché l’Américain Jeff Novitzky pour superviser le développement de son « programme d’éducation créé à la suite de l’initiative de l’organisation visant à assurer que tous les athlètes puissent exprimer leur talent de façon naturelle en respectant les mêmes règlements ». Pour rappel, l’ancien agent fédéral américain est connu du monde sportif pour être l’homme dont l’intransigeance et l’opiniâtreté ont notamment permis de faire tomber les systèmes sophistiqués de dopage BALCO et Lance Armstrong.

Mardi 7 avril. 26 ans de Teddy Riner. Retraite du hurdler Liu Xiang. A 17 h 30 Loïc Korval annonce sur les réseaux sociaux que sa suspension est levée.

Mercredi 8 avril. Aux France universitaires, des fortunes diverses pour deux membres de la Judo Académie première génération. Axel Clerget s’impose en -90 kg et Florent Urani déclare forfait pour sa demie et sa place de trois en -73 kg - une catégorie remportée par Arthur, le frère d’Axel. Yarden joint le Team Supersta de Fighting Films. Toma attaque un stage « Régénération et bloc force ».


Aéroport de Glasgow, avril 2015 ©Anthony Diao/L'Esprit du judo

Jeudi 9 avril. En cette journée où auraient dû débuter les championnats d’Europe de Glasgow, Amandine se rend au lycée et se repose, partageant sa semaine entre footing, vélo et gainage… « mais aussi Laser Game, karting et Foire du trône avec Mélodie Vaugarny, Automne Pavia et Ashley McKenzie ». Hedvig, qui aurait dû combattre ce jeudi elle aussi, entrecoupe ses deux entraînements quotidiens d’une promenade au soleil – « Il fait 28 °C ! » - avec deux copines et son chiot préféré. A Edimbourg, la vie suit son cours au QG du judo écossais. Prépa physique le midi pour Gemma Gibbons, Colin Oates et Euan Burton, et randori le soir pour tout le monde excepté Sally Conway, dont les parents ont, comme beaucoup, réservé leur semaine pour les Europe et font contre mauvaise fortune bon cœur en dépensant leur per-diem dans l’industrie touristique locale.

Vendredi 10 avril. Fin de dix jours de stage à l’Insep pour l’équipe de Tunisie et son +100 Faycel Jaballah, récent vainqueur en Turquie et rival ultime d'Islam à l'échelon continental. L’équipe de Pologne arrive chez Yarden pour six jours. Cette journée est chomée en Israël mais la championne n’oublie pas qu’en principe elle aurait dû combattre à Glasgow… Sur place, l’entraîneur John Purssey promène le groupe d’élèves qu’il avait booké pour la semaine. Ceux-ci sont somme toute ravis de troquer les championnats d’Europe pour escalader Arthur’s Seat et son panorama circulaire sur la ville d’Edimbourg. À 14 h le groupe pose les sacs à dos et attaque un bloc de PPG sur la vaste prairie au pied d’Holyrood Park, avant d’aller se finir le soir au JC Edimbourg.

Samedi 11 avril. La Fédération internationale de judo se prononce à l’unanimité en faveur de la modification du barême des points attribués en 2014 lors des championnats d’Asie et d’Europe, afin d’assurer l’équité aux représentants des deux continents dans la course aux Masters 2015, compte-tenu des dates de ces deux championnats cette année. L’an passé la question avait été évoquée par Islam et Jacques lorsque les championnats d’Afrique avaient été repoussés au mois de juin, puis le problème avait été résolu de lui-même puisque les Masters avaient finalement été annulés. Amandine a une intervention avec la Police nationale aux côtés de la taekwondoïste Anne-Caroline Graffe. « Nous avons pu assister au City Raid Andros à Issy-les-Moulineaux, c’était top ! »


Séance de dédicaces pour Amandine Buchard et Anne-Caroline Graffe ©DR/L'Esprit du judo

Dimanche 12 avril. Disparition de Patrice Dominguez, l’une des voix du tennis en France depuis trois décennies. Sitôt terminé un séminaire à Besançon, Ole Bischof s’envole pour Shanghaï en tant qu’invité des Laureus Sport Awards, alors que l’Ecosse trouve une nouvelle raison d’oublier le retrait des Europe en se concentrant sur le derby d’Edimbourg entre les Hibs et les Hearts, et que toute la Grande-Bretagne se passionne pour The Boat Race, la course d’aviron opposant depuis 1829 sur la Tamise les Universités d’Oxford et de Cambridge. « Cette année, c’est la première fois que les femmes concourrent le même jour et au même endroit que les hommes » explique devant un bol de porridge le compagnon d’une junior écossaise qui aurait « sans doute zappé l'épreuve par équipes de l’Euro de judo pour assister à cette course ». Au Canada, Antoine s’acquitte de ses responsabilités de co-parrain des Jeux de Montréal. Aux France cadets, le Flam 91 se taille la part du lion, avec un Kilian Le Blouch au four et au moulin avec sa double casquette d’athlète et d’entraîneur. Une compétition au cours de laquelle Gilles Vincent, -90 kg aux uchi-matas bien connus du circuit vétéran, remet enfin sa veste rouge d’officiel après une longue maladie. Rentrée discrète mais victorieuse pour Kim Polling, qui retrouve un peu de la confiance perdue à Chelyabinsk en s’imposant à Lommel (Belgique).

Lundi 13 avril. Disparition des écrivains Gunter Grass et d’Eduardo Galeano, pendant que l’Afrique du Sud de Jacques est en proie à des scènes d’émeutes. Toma débute le stage de Jodoigne pour préparer Zagreb.

Mardi 14 avril. 30 ans d’Henk Grol et 29 ans de l’ancienne Judo Académicienne Emmanuelle Payet, « ravie » de son nouveau travail d’assistante sociale. Amsterdam accueillera les prochains Mondiaux vétérans.

Mercredi 15 avril. Décès du soulman Percy Sledge au moment où Ketty Mathé, tombeuse d’Idalys il y a un an à Arlon, devient officiellement turque. En football, la remise sur pied ultra-rapide (dix jours pour un claquage présumé) d’un joueur professionnel suscitera le lendemain dans Le Monde ce commentaire amusé du docteur Jean-Pierre de Mondenard, encyclopédie vivante du dopage : « Pour retrouver pleinement ses repères, cela prend normalement là aussi quatre semaines au minimum. Si la méthode employée est totalement légale, que le physiothérapeute la rende publique dans les 24 heures, pour le bien de tous. Vous imaginez les économies que pourrait en tirer la Sécurité sociale ? »

Jeudi 16 avril. Pendant que Patrick Kanner, le ministre des Sports s’envole pour trois jours de colloque au Japon sur le thème de la diplomatie sportive, Yarden en termine avec les Polonaises en stage. En Belgique, Sarah Loko attaque un circuit training pendant qu’à Paris Mewen Fekir va se faire piquer pour la fièvre jaune en prévision de son départ pour les championnats d’Afrique de Libreville, ses premiers depuis qu'il défend les couleurs de l'Algérie. En Angleterre, la Nord-Irlandaise Lisa Kearney, en pleine bourre depuis sa troisième place en -52 kg au Grand Prix de Samsun, se rompt les croisés le dernier jour du stage de Walsall. « Pas de Rio pour moi » commente sobrement la jeune femme de 25 ans, aussitôt rapatriée à Belfast.

Vendredi 17 avril. Comme chaque mois, Tiago anime une clinic dans une académie de jujitsu de Sao Paulo.

Samedi 18 avril. 92 ans de Shozo Awazu.

Dimanche 19 avril. Contrôle anti-dopage surprise pour Yarden. Hécatombe en Méditerranée avec un nouveau naufrage de chalutier de migrants au large des côtes libyennes.

Lundi 20 avril. 25 ans d’Audrey Tcheuméo. Hedvig attaque en voisine le stage de Budapest. Fraîchement réélu à la tête de SportAccord, Marius Vizer adresse depuis Sotchi un Scud à l’attention du CIO lors du discours d’investiture de son deuxième mandat. Un mouvement de tectonique des plaques de grande ampleur débute alors en coulisses. 8 000 km plus à l'ouest, c'est un Antoine en délicatesse avec ses disques intra-vertébraux qui clôt son cycle d’examens universitaires pour cette session. « Je reprendrai en septembre et vais pouvoir me concentrer sur le judo ! »

Mardi 21 avril. Depuis Le Caire, Islam s’envole pour Libreville comme d’autres pointent au chagrin – « C’est très important pour mon pays mais pour moi l’enjeu aujourd’hui c’est la qualification olympique et la confrontation avec les meilleurs du monde » - tandis qu’Antoine se prépare à rejoindre Edmonton : « C’est au Canada mais c’est quand même quatre heures de vol hein ! »

Mercredi 22 avril. Départ d’Idalys pour le Canada, pendant qu’à Libreville les seize membres de l’équipe du Cameroun arrivent sans garantie de recevoir à temps leurs nouveaux judogis homologués. A Lyon, après avoir fait bicher leurs vieux rivaux stéphanois pendant quelques jours, les instances dirigeantes de l’Olympique lyonnais acceptent finalement de mettre des sièges n°42 (comme le numéro de département de l’AS Saint-Etienne) dans chaque travée du futur Stade des Lumières.  Antoine s’étire le dos autant que possible pour être prêt à entrer en lice vendredi. Il tient, comme ses coéquipiers, à offrir une belle sortie à l’entraîneur français Jérémy Le Bris, dont c’est le dernier challenge avant de passer la main – et de fait les Canadiens lui feront le plus beau cadeau qui soit avec la victoire de Kelita Zupancic sur la triple championne du monde Yuri Alvear et surtout celle des filles le dimanche lors de l’épreuve par équipes. Kayla s’apprête à céder sur sa grande rivale Mayra Aguiar, puis à déclarer forfait en Croatie avant de glisser face à la Polonaise Pogorzelec à Bakou. Comme d’habitude avec la métronome, les raisons de cette séquence seront à chercher en dehors du tapis [cf. version longue de l’EDJ56, en ligne prochainement]. Tiago s’envole pour Edmonton où il veut et va gagner, pendant que Jacques espère à Libreville atteindre sa cinquième finale continentale d'affilée malgré un taux d'humidité dément. En France, la FFJDA s’apprête à glisser officiellement après le basket en nombre de licenciés, pendant qu’à Budapest Toma en termine avec le stage international où, touché à une côte, il n’aura disputé qu’une dizaine de randoris. Depuis les gradins où il se soigne et médite sur sa discipline, le -100 kg ne peut s’empêcher de compatir à la sanglante rivalité qui oppose tournoi après tournoi les deux Allemands Peters et Frey, n°3 et n°4 mondiaux de la catégorie. Elle n’est pas sans rappeler, sur l’olympiade précédente, celle des Français Fabre et Maret ou des Russes Khaybulaev et Somoylovich. « Il y en a forcément un des deux qui restera sur le carreau. Et ça, c’est vraiment dur. » Amandine, elle, attaque tranquillement sa descente au poids pour Zagreb.

 

La suite est à lire dans l’Esprit du judo n°55 actuellement en kiosques, dans l’EDJ56 qui arrive déjà… et dans les prochains numéros.

 

(Le titre du présent article est extrait du morceau Pinacle des potos lyonnais Anton Serra et Lucio Bukowski)

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