10:43 01 fév

WC de Sao Paulo, le retour de Cuba

Après le Grand Chelem de Rio il y a une semaine, c’est Sao Paulo qui accueillait ce week-end une World Cup dont le niveau était intéressant. Si les Français, les Japonais et les Coréens étaient absents, ce sont d’autres belles nations du judo qui se sont illustrées en proposant des affrontements "bilatéraux" (ou "trilatéraux chez les féminines...) assez instructifs.

Du côté des masculins, en l'absence des grandes nations citées, on a assisté à un "mano a mano" entre, essentiellement, une grosse équipe russe, face aux meilleurs brésiliens sur leur terrain. Avec quatre médailles d’or, Bruno Mendonca en -73kg, Leandro Guilheiro (-81kg), Hugo Pessanha (-90kg) et le champion du monde 2007, Luciano Correa, en -100kg... Avantage Brésil !
La Russie réussissait un premier joli coup en plaçant en -60 kg le titulaire des "Europe", Beslan Mudranov, sur la plus haute marche du podium, mais dans une catégorie assez faible. En -66 kg, le numéro deux russe, Musa Mogushkov (Alim Gadanov, vainqueur à Rio était absent) dominait le meilleur Brésilien, Denilson Lourenco, mais se faisait battre par l'inusable champion du monde mongol Tsagaanbaatar Hashbaatar (1e), toujours accompagné de son rival national Sanjaasuren Miyaragchaa (5e), surpris cette fois par un Européen, un peu inattendu en finale, le Roumain Dan Fasie. La suite allait tourner clairement à l'avantage des Brésiliens : le meilleur russe en -73 kg, Mansur Isaev, était disqualifié en finale devant l'inconnu brésilien Bruno Mendonca, 53e de la "ranking list". Plus sgnificative, la solide catégorie des -81 kg, dans laquelle l'un des favoris pour les championnats du monde Leandro Guilheiro (BRA) décrochait l’or en dominant le Russe Sirazhudin Magomedov, champion d’Europe 2010, en finale, après avoir battu le champion du monde Ivan Nifontov en demi. Nifontov, un Russe irrésistible l'année dernière qui semble avoir un peu de mal à retrouver son élan cette année.
Hugo Pessanha (BRA), vainqueur à Rio en -90 kg devant Kirill Denisov, le meilleur Russe, a récidivé à domicile en dominant en finale le vice champion d’Europe géorgien Varlam Liparteliani d'une pénalité. Le Géorgien avait battu sur le même score un "revenant" qui semble reprendre du poil de la bête, Ilias Iliadis (GRE), champion olympique en 2004 et troisième des «Europe» de Vienne 2010 pour son come-back. C'est lui qui bat le Russe Gerasymenko dès le premier tour, et surtout le technicien brésilien champion du monde 2007 Tiago Camillo, en difficulté depuis qu'il évolue en -90 kg. Surprise en lourds, le jeune Allemand Robert Zimmerman sort vainqueur d’une catégorie plutôt relevée avec notamment le Hongrois Barna Bor, vice champion d’Europe 2010 (3e), le Polonais Janusz Wojnarowicz, troisième à Vienne (5e) et le Cubain Oscar Brayson, troisième des derniers Jeux (5e). Il bat le Cubain en quart, le Polonais en demi et en finale le Brésilien Rafael Silva, lequel avait dominé dans son parcours trois des meilleurs Européens, l'Allemand Toelzer, l'Italien Bianchessi, le Hongrois Bor.

Chez les féminines, ni les Brésiliennes (quatre médailles tout de même) ni les Russes ne sont assez fortes collectivement pour tenir le haut du pavé, malgé la médaille d'or de la champion du monde juniors 2009 Menezes (BRA) en -48 kg et celle de la championne d'Europe Kuzyutina (RUS) en -52 kg. Surprise, et autre information de taille pour ce tournoi : c’est le retour en force de Cuba qui repart (comme les Chinoises) avec cinq médailles. Elles font la démonstration du week-end en décrochant trois médailles d’or, par Yurisleidis Lupetey (-57kg), une championne du monde 2001 qui reviendrait enfin en forme, Onix Cortes Almada (-70kg) et Idalis Ortiz Boucurt (-78kg) ! On se demandait si l'armada de Ronaldo avait abdiqué, alors que l'entraîneur "mythique" annonçait il y a peu dans les colonnes de notre magazine sa retraite proche, on a un élément de réponse. C'est non !
Lili Xu décroche l’unique médaille d’or chinoise en -63kg. Où en est l'empire du Milieu ? Manifestement choqué par l'affaire Tong Wen, peu inspiré par le nouveau modèle des compétitions et encore loin de son objectif des Jeux olympiques. Seront-ils forts à Tokyo ? On peut d'ores et déjà en douter, même si une équipe spécifique est sans doute en préparation dans un coin tranquille... Leur nouvelle lourde, Qin Quian, est largement battue en finale par la combattante cubaine. En -78kg, on retrouve enfin la jeune Américaine Kayla Harrison, 19 ans, vice championne du monde juniors à Paris (et championne du monde juniors 2008 devant Tcheumeo). Elle bat la Cubaine Castillo (victorieuse elle-même de l'Allemande Wollert) et dame le pion en finale à la troisième de ce même championnat du monde juniors, victorieuse de la Chinois Zhang, la Brésilienne Mayra Aguiar. Quand on sait que la championne du monde juniors, la Japonaise Ogata, a déjà obtenu son billet pour Tokyo, comme, très probablement, la Française Tcheumeo, on se dit qu'on devrait voir arriver très vite au meilleur niveau senior une nouvelle génération particulièrement forte. À suivre !

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