11:13 22 mai

Un dojo dans l'impasse

Cinq ans que le Judo Club Centre Var trouve porte close au Cannet-des-Maures

©D.R. - L'Esprit du Judo / Un écrin flambant neuf encore loin d'accueillir des pratiquants.

Depuis 2008, les 280 licenciés du Judo Club Centre Var attendent toujours pour investir le dojo du Cannet-des-Maures, laissé à l’abandon depuis la fin des travaux. Un combat qui n’en finit plus, les arbitres du projet semblant peu enclins à voir évoluer cette situation.

Un dojo de 3200 m2 à vocation régionale, six surfaces de combats, mille places en gradins… Avec quinze ans de recul, ce projet pourrait paraître un brin ambitieux pour une commune d’à peine 4000 âmes. La confession faite, lors des premiers coups de pelle en 2006, à Bernard Contraire, actuel président du comité du Var, par Jean-Luc Rougé allait dans ce sens. Il n’empêche qu’en 1998, l’entreprise de Franck Filéri, professeur au Judo Club Lucois, a retenu l’attention de Michel Saltzman et Claude Laurent, respectivement président et conseiller technique régional de la Ligue PACA. Alain Fabre, alors Maire du Cannet-des-Maures, emboîta le pas, pour peu que les trois hommes réunissent 80% des apports financiers. Avec notamment le soutien du CNDS (Centre National pour le Développement du Sport) et des conseils général et régional, ce taux fut atteint en 2004. Mais fin d’olympiade oblige, de nouvelles têtes avaient déjà pris le relais, comme Marc Colombo à la Ligue PACA ou Bernard Contraire. « Nous avons pris le train en marche, évoque l’édile départemental, qui y voyait là « un outil superbe » pour le développement du judo en région PACA, où seules les villes de Marseille et de Nice possèdent des infrastructures conséquentes pour l’organisation des grandes manifestations. Les travaux débutèrent donc en décembre 2006 sur le lieu-dit « Causserène », propriété de la Mairie. Sous l’autorité de l’architecte Pierre Ferret, plus de quinze mois de travaux vont être nécessaires, pour un cahier des charges initial avoisinant les trois millions d’euros, un montant allégrement revu à la hausse depuis.

Changement de municipalité et de mentalité

©D.R. - L'Esprit du Judo / Les inondations de 2010 n'ont pas épargné le plancher.

Nous sommes alors en 2008, année d’élections municipales. Alain Fabre est battu, remplacé par Jean-Luc Longour, médecin de son état. La visite de MM. Colombo et Contraire, accompagné d’Henri Courtine, très impliqué dans le projet depuis le début et présent à de nombreuses réunions, accouche d’une mise au point « peu constructive » d’après le président varois. Leur nouvel interlocuteur, qui qualifiait de « gouffre à finances » le projet dans le premier bulletin communal de son mandat et, lors de sa première cérémonie des vœux, se disait même prêt à revendre les locaux, leur avance un coût de fonctionnement qui s’élèverait à plus de 200 000 euros par an, parfaitement insoutenable par la localité. Un montant qui semble même avoir été gonflé quand, à titre de comparaison, on sait que 180 000 euros « suffisent » au bon fonctionnement du dojo de Lormont (près de Bordeaux), plus grand que celui du Cannet et doté de salles sportives annexes en plus. L’inauguration est alors reportée sine die. « Les dieux lui sont alors venus en aide, ironise l’électromécanicien retraité. Les inondations de 2010, particulièrement violentes dans le Var, ont entraîné l’infiltration du sol de la salle, la rendant inexploitable. » Conséquemment, s’ouvre un volet judiciaire, toujours pas clos à ce jour. De commissions de sécurité en expertises, en passant par des considérations politiques, le sportif, qui a cédé beaucoup de terrain à l’administratif, est devenu totalement tributaire des décisions de justice. Au grand dam de Dalida Desmars, trésorière adjointe du Judo Club Centre Var, deuxième club du Var en terme de licenciés. « Tous nos espoirs autour de ce dojo semblent vains. Tant que la fin des travaux de réhabilitation n’est pas signée, nous demeurerons dans notre petit dojo, restreints dans notre capacité d’accueil. C’est interminable », déplore-t-elle. La résignation semble aussi gagner Bernard Contraire. « On est toujours dans l’attente et ça en devient décourageant. Plus de trente-cinq week-ends de judo étaient prévus au calendrier, des compétitions locales aux inter-régionales. On ne se sent pas écouté et, à quelque niveau que ce soit, personne ne prend de décisions. À ce rythme-là, je ne serai plus président que le dojo ne sera pas encore en fonction. » Jean-Luc Longour, candidat à sa propre succession en 2014, jugera-t-il opportun de relancer ce dossier épineux, à un peu plus d’un an du passage aux urnes de ses concitoyens ? Rien n’est moins sûr. Le combat peut continuer.

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