14:45 20 jan

TDF cadets 2019 - Les cinq points à retenir

Cinq judokas s'offrent le doublé Clermont-Ferrand/Cannes

Septième édition du Tournoi de France cadets hier, dans la superbe salle du Palais des Victoires de Cannes. Un rendez-vous majeur de la saison "cadets" à triple titre : répétition générale avant les championnats de France (les 13 et 14 avril à Villebon), première compétition servant au staff national à sélectionner un groupe pour la coupe européenne de Croatie (9 et 10 mars à Zagreb) et directement qualificatif pour les championnats de France pour les médaillés. Un tournoi qui aura accueilli 524 combattants (à titre de comparaison, les championnats de France 2018 totalisaient 854 judokas) dont une petite délégation italienne, de l'Accademia Torino. Un TDF à l'organisation bien rôdée (avec des pesées décalées qui ont fluidifié le déroulé de la journée) dont voici le bilan en cinq points.

1) Une présence étrangère qui se réduit à peau de chagrin
C'est une tendance qui s'accentue un peu plus chaque année. De 2014 à 2017, la présence de délégations nationales allemandes et suisses et de judokas italiens de niveau national accentuait la densité et la qualité de ce tournoi cannois. En cause ? Pas la date, plutôt favorable au niveau du calendrier continental, mais le fait que ces délégations préfèrent investir dans la participation à une coupe européenne, de plus en plus fréquente dans le calendrier, et surtout pourvoyeuse de points à la ranking list.

2) Cinq judokas font le doublé Clermont-Ferrand/Tournoi de France
Si le Tournoi de France est le plus important tournoi national de la saison, Clermont-Ferrand arrive juste derrière en termes de référence. Gagner ces deux compétitions est donc significatif dans cette tranche d'âge et fait des différents vainqueurs des noms à surveiller de (très) près pour le titre national. Hier, ils sont cinq à avoir réaliser cette performance : deux féminines et trois masculins. Chez les filles, Lycia Guebli (AM Asnières), en -52kg, s'impose en finale à Chloé Devictor (JC du Castellet). Droitière et adepte des mouvements de hanche, la judokate asniéroise, coachée par Guillaume Etchegaray, surprend son adversaire sur un coup de patte vers l'arrière alors que les deux judokates cherchaient le coup dur à coup de o-goshi. En -48kg l'année dernière, Guebli a aussi gagné à Cormelles-le-Royal en début de saison. Une montée de catégorie payante. En -70kg, Juliette Diollot (Yzeure Judo), dangereuse sur son ippon-seoi-nage à gauche, monte sur la première marche en battant en finale Sarah Hamadou (JC Sainte-Maxime) sur un travail au sol conclu en sankaku inversé. Chez les garçons, ce doublé Clermont-Cannes est réalisé par Daniyl Zoubko (-60kg JC Villeneuve-les-Avignon), Hans-Joris Ahibo (-66kg, AM Asnières) et Antoine Lansmant (-81kg, JC Centre Var). Ce dernier gagne tous ses combats par ippon, sans prendre la moindre valeur ni pénalité. Le deuxième retient quant à lui l'attention par sa maturité et sa patience avec un schéma technico-tactique bien en place et des mouvements qui impactent. 

3) Les autres vainqueurs du jour
Chez les féminines, Pauline Cuq (-40kg, DAN 79) montre une belle activité et une intéressante variété technique pour s'adjuger la victoire. Pesée à 37,8kg hier matin, la Niortaise bat sur un joli morote inversé la Corse Ghjuliana Ballo (AS Pietralba), médaillée européenne 2018, dans une demi-finale en forme de finale avant l'heure. En -44kg, Meghan Vo (Stade Laurentin Judo), apporte l'une des sept médailles du pôle espoirs de Nice (qui jouait à domicile), battant en finale Marina Le Mezec (Calavados Judo). Une judokate dynamique et très portée sur l'attaque. Elle avait fini troisième à Clermont-Ferrand. En -48kg, Coralie Gilly (EC Judo Charron) finit première après une demi-finale aux couteaux contre celle qui l'avait emporté à Clermont-Ferrand, Léa Bérès (Stade Bordelais ASPTT Judo). En -57kg, Lou Lemire (AS Judo Pays de Savoie) sort vainqueur après avoir fini en bronze en Auvergne. En -63kg, Gabrielle Barbaud (JC Champagnolais) surprend en finale la championne de France en titre, la Monégasque Florine Soula (JC Monaco), médaillée de bronze à la coupe européenne de Györ. Contrant Soula, une judokate efficace sur ses mouvements d'épaule, Barbaud pique la judokate de la Principauté au sol, l'immobilisant sur tate-shiho-gatame. En +70kg, Océane Zatchi Bi (JC Pontault-Combault) remporte ce TDF en disposant de la Corse Léa Machut (JC Lucciana). Une victoire après sa troisième place à Clermont-Ferrand.
Chez les masculins, victoires de Lucas Panda (-46kg AJBD 21-25) qui bat Omar Behjaoui (ESBM Judo) dans une finale extrêmement serrée. Le Bourguignon fait la différence sur un mouvement d'épaule. En -73kg, Alexandre Tama (CSM Clamart), champion de France en titre et cadet 2année, rentre un peu laborieusement dans sa compétition avant d'accélérer à partir des quarts, à coup d'o-uchi-gari et surtout d'uchi-mata. À l'INSEP depuis septembre dans le cadre du groupe "jeunes", Tama s'affiche comme un leader clair dans la catégorie. En -90kg, surprise, avec la défaite par hansokumake de Kenny Liveze (ACBB Judo) en demi-finale contre le Mongol Khuslen Munkhuu, protégé de Paco Legrand au sein du JC Grand-Quevilly. Un hansokumake direct qui prive le vainqueur de la Coupe d'Europe de Hongrie de la possibilité d'aller chercher le bronze. C'est finalement Munkhuu qui finit en or grâce à son sode-tsuri-komi-goshi. En +90kg, Abdoullah Khadzhimuradov (Bois Colombes Sports), vice-champion de France 2018 s'impose en finale à Mathias Anglionin (SO2J 93), cinquième aux championnats d'Europe l'année dernière et vainqueur à Clermont-Ferrand.
Enfin, une mention spéciale à Romain Valadier-Picard (ACBB Judo). Vainqueur en -50kg, celui qui a commencé le judo à six ans dans le club où il évolue toujours, est l'un des judokas les plus intéressants à suivre de cette génération. De par ses résultats nationaux d'abord, qui montre une véritable constance dans la performance : il glane hier sa troisième médaille à Cannes (une réussite rare) après sa victoire en 2017 (en -46kg) et sa médaille de bronze l'année dernière dans cette même catégorie, qui s'ajoutent à un titre national (en 2017) et une médaille de bronze en 2018. De par ses résultats internationaux aussi, avec sa victoire à Györ (Hongrie) en novembre et sa cinquième place aux championnats d'Europe 2018. Mais enfin (et peut-être surtout), pour son judo, basé sur un tai-otoshi classique et une vraie appétence pour le ne-waza. Rapide sur ses liaisons debout-sol, Valadier-Picard, adepte de sankaku-jime ou de juji-gatame, dégage une vraie aisance et une volonté claire de toujours trouver la solution en ne-waza si l'occasion se présente. 

4) Un arbitrage au centre des discussions
Contestations et discussions ont rythmé, toute la journée, une bonne partie des huit aires de combat. Beaucoup plus, en tout cas, que les années précédentes. Dès le début de journée, nombre de professeurs s'étonnaient de l'absence des meilleurs arbitres français sur le plus gros tournoi cadets de la saison, alors que ces derniers étaient présents les éditions présentes. La raison : "en 2017 et 2018, avec de nouvelles règles qui entraient en vigueur, la commission nationale d'arbitrage (CNA) organisait un séminaire la veille de la compétition avec tous les meilleurs arbitres du pays. Ces derniers appliquant le nouveau règlement lors de ce TDF pour se l'approprier avant d'être convoqué au niveau européen et mondial. Dans ce cadre, une grande partie des frais était prise en charge par le national. Comme les règles ne bougeront plus jusqu'à 2020, pas de séminaire cette année. Et donc pas de financement de la fédération pour aider à payer le déplacement et l'hébergement des meilleurs arbitres français", expliquait l'un des organisateurs. 

5) Croatie et stage national
Servant de compétition référence pour la sélection en Croatie (première compétition internationale de l'année 2019 pour l'équipe de France), ce Tournoi de France verra vingt-quatre de ses judokas être sélectionnés pour Zagreb. "Ce ne sera pas fas forcément les premiers de chaque catégorie. Autre information : nous allons organiser un stage en Normandie dans la seconde quinzaine de février avec un groupe élargi (dont feront partie les judokas qui iront à Zagreb)" expliquait, en fin de journée, un membre du staff cadets. 
Un encadrement en pleine réorganisation avec la présence hier de Stéphane Frémont, alors que ce dernier vient à peine d'être nommé responsable national "jeunes" (cadets, juniors, -23 ans). À ses côtés dans les gradins ce samedi, Karine Dyot-Petit (entraîneur national cadets) et Daniel Fernandes (responsable masculin du groupe INSEP "jeunes"). 
Un staff cadet dont ne fait plus partie Gévrise Emane, la triple championne du monde ayant été affectée sur une nouvelle mission au sein de l'INSEP. Une réaffectation que pourrait connaître, aussi, Lilian Barreyre. 

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