10:44 01 fév

Pierre Champion (Franche Comté Judo Besançon)


Il y a 24 ans, Pierre Champion fondait Franche Comté Judo Besançon, un club solide au haut niveau depuis et reconnu par ses pairs pour son état d’esprit. En ce début de saison, L’Esprit du Judo s’est entretenu avec cette figure du judo français qui nous présente les objectifs du club pour la saison à venir et cet état d’esprit si particulier.

Parlez-nous un peu de l’état d’esprit FCJB qui fait votre marque de fabrique depuis tant d’années ?

Incontestablement, c’est une de nos grandes forces. La cohésion est importante entre toutes les personnes qui composent FCJB : judokas, encadrement sportif, dirigeants. Je pense d’ailleurs que nous n’aurions pas fait autant de bons résultats (50 titres nationaux et 90 podiums, NDLR) sans cette ambiance. Pour exemple, une grande partie des dirigeants actuels et des entraîneurs sont d’anciens sportifs du FCJB. Le cas le plus emblématique étant Christophe Barata, champion de France 2007 des -73kg et qui a récemment rejoint l’encadrement en compagnie de Jean Pourchet et Thierry Deval. Notre recrutement se fait aussi en grande partie en fonction de cet état d’esprit. Nous ne prenons pas les têtes d’affiches, mais on sait en faisant venir ces judokas qu’ils vont bosser à leur maximum et s’engager pour le club. Je pense notamment à Lilian Barreyre (-60kg), venu du Dojo Romanais ou Thomas Pasquier (-73kg), du Dojo Nantais, mais aussi à Pierre-Louis Guérin (-90kg) qui nous rejoint cette année en provenance de Sarrebourg. Il y a parfois des coups de gueule pour maintenir cet état d’esprit de travail, comme de Thierry Deval contre certains jeunes en structure à Paris qui n’ont pas forcément fait tous les efforts qu’on leur demandait. Je suis tout à fait d’accord avec lui. Il faut que la nouvelle génération prenne conscience que les choses arrivent en travaillant, au judo et dans sa vie professionnelle. Nous avons un peu plus de mal avec cette génération, mais il y a quand même un beau potentiel avec des garçons comme Vivian Atchou (-81kg), Thibaud Agbohoui (-66kg), ou El Makki Lazaar (champion de France juniors 2012 des -81kg).

Le stage de Pontarlier, qui s’est achevé il y a quelques jours, est un des aspects les plus visibles de cet état d’esprit…
Il est certain que quand vous vous levez à 5h30 du matin pour aller faire la « légende des marches » de Jean Pourchet et que vous êtes logés dans des conditions spartiates, il vaut mieux qu’il y ait de la cohésion et de la solidarité. C’est l’occasion de vivre et de se dépasser ensemble en même temps qu’une très bonne préparation physique pour la saison qui suit. C’est un stage très dur où l’on demande beaucoup et où nous travaillons à 1300 mètres d’altitude, mais personne ne rechigne. Chaque judoka a ensuite un programme d’entraînement pour l’année. Nous n’oublions pas non plus le côté convivial d’un stage de judo avec des repas auxquels participent certains de nos partenaires, l’occasion de franches rigolades. C’est ça qui caractérise Franche Comté Judo Besançon, le travail mais toujours dans la bonne humeur.

Quelles sont vos ambitions pour la saison 2012/2013 ?
À court terme, il y aura l’Open de Besançon (6-7 octobre) où nous devons bien figurer, d’autant que nous fêterons le 20e anniversaire de ce tournoi. Après, le minimum sera de se maintenir en 1re division. Je rêve que nous puissions refaire une coupe d’Europe des clubs mais la concurrence s’est lourdement renforcée, notamment Orléans (qui a enregistré les arrivées d’Automne Pavia et Romain Buffet, NDLR). Sur le plan individuel, quelques podiums aux championnats de France cadets, juniors et seniors. J’espère qu’El Makki Lazaar pourra conserver son titre, acquis en juniors l’an dernier. Il constitue une de nos grandes chances de titre. Si cette année pouvait aussi nous amener des sélections dans les différentes équipes de France de ces catégories d’âge, nous serions satisfaits.

Qu’en est-il de votre situation financière quand on sait que certains clubs arrêtent le haut niveau (OJ Nice, AM Asnières, Lagardère Paris Racing, NDLR) ?
C’est difficile actuellement pour de nombreuses structures et nous ne dérogeons malheureusement pas à la règle. Il nous faut faire des économies et nous avons déjà réalisé pas loin de 50 000 euros de dépenses en moins par rapport à l’année dernière. Par exemple, nous n’allons pas aller faire des World Cup qui nous coûtent beaucoup et ne ramènent aucun point à la ranking list lors de cette année post-olympique. Je travaille quotidiennement pour motiver les collectivités locales et les partenaires. D’ailleurs, nous allons faire appel à un commercial indépendant qui va s’occuper de tout cet aspect commercial et partenariat. Il nous reste 50 000 euros à trouver sur l’année, je pense que ça devrait le faire sans trop de problème. Cependant, il est très clair qu’à l’avenir, nous allons devoir nous développer via Internet, avec notre site (www.fcjb-judo), et sur les réseaux sociaux afin de donner une visibilité à d’éventuels partenaires, en parallèle de notre magazine qui paraît quatre fois par an.
C’est crucial pour la nouvelle génération que nous sommes en train de former et qui doit prendre la relève des Barreyre, Party (-66kg), Ribère (-73kg), Lhomme (-90kg), M’Baye (-100kg), qui ont encore quelques belles années devant eux.

Les autres actualités similaires

Original-web-encartedj310x310-181017
Original-mizuno
Original-pav%c3%a9_skilbill
Original-original-310_militaires
Original-pav%c3%a9_boutique_edj
Original-pav%c3%a9_310__code
Original-original-310_veterans
Original-pav%c3%a9_pp_judo
Original-original-310_cjuniors
Original-original-310_cadets
Original-original-310_para_judo
Original-original-310_regions
Original-creps_2018
Original-stage_judo_1-4_page
Original-abonnement_sensei_10_ans_60_numeros