3:38 26 mar

J-L Rougé : des Jeux olympiques en avril ?

Le président de la fédération répond à nos questions

Vous avez appris hier l’officialisation du report des Jeux. Comment analysez-vous cette décision ?
Ce n’était pas un scoop. Nous étions persuadés que la nécessité du report allait s’imposer. Le Japon a mis du temps à accepter l’idée et le CIO ne pouvait pas décider seul. Ils ont discuté et avancé à la japonaise et, finalement, le Premier ministre a annoncé l’évidence. Il est bien normal que ce soit l’organisateur qui officialise une telle décision. Mais, en même temps, si le Japon ressent actuellement moins durement le choc de cette pandémie, c’était une simple question de décence. La vérité, c’est qu’on ne contrôle rien et que la courbe mondiale semble catastrophique. Où en sera l’Afrique dans deux mois, et même les États-Unis ? Il fallait prendre conscience des réels enjeux.

Des Jeux reportés d’un an, qu’est-ce que cela veut dire pour le judo ?
Beaucoup de questions, comme pour les autres. Comment allons-nous gérer les sélections olympiques et à quel moment, déjà, ces Jeux pourront-ils être organisés ? De date à date, ce serait logique, mais en fait, cela pose beaucoup de problèmes. Il y a des championnats du monde prévus, en athlétisme, en natation… et nous aussi nous avons des championnats du monde, à Tachkent en Ouzbékistan et nous voulons le maintenir si possible. Alors peut-être que la bonne solution est d’organiser les Jeux plus tôt, vers le mois d’avril, ce qui nous permettrait de maintenir l’événement mondial pour octobre. C’est important aussi parce que nous avons des contrats avec des sponsors, et que nous devons cela aussi au public et aux combattants. On va avancer pas à pas, il y a des décisions à prendre.

Comment envisagez-vous l’avenir proche ?
Ce serait formidable si nous pouvions tous être sur les tapis aux beaux jours. J’espère qu’on pourra reprendre vers la mi-mai, c’est ce que l’expérience de la Chine semble indiquer. Mais nous n’en savons rien. Que va-t-il se passer en Afrique ? Sommes-nous à l’abri d’un second pic ? D’un retour de la pandémie l’année prochaine ? Malheureusement, tout est possible. Mais il faudra reprendre une vie normale dès que ce sera possible, même si le futur est en pointillés. Il faut avoir cette détermination à reprendre le cours de choses.  

Que se passe-t-il pour la fédération ? Comment travaillez-vous ?
Il n’y a plus personne depuis la semaine dernière. Je ne veux pas de prise de risque. Tout le monde est en télétravail, moi y compris. Mais ce ne sont pas des jours chômés, c’est même le contraire. Je suis en conférence quasiment vingt-quatre heures sur vingt-quatre, même le dimanche. C’est encore pire qu’avant. 

Comment les athlètes français vivent-ils cette situation ? Tout va-t-il bien pour eux ?
Ils le vivent comme ils le peuvent, ils s’entraînent chez eux et prennent leur mal en patience. Je pense qu’avant même que la crise se déclenche en Europe, le virus a sans doute déjà commencé à circuler dans le milieu des combattants de haut niveau, sur les stages, notamment celui de Mittersill en Autriche tout début janvier. Aujourd’hui, heureusement, si certains de nos combattants ont des symptômes, comme beaucoup de Français, il n’y a pas de nouvelles préoccupantes en ce qui concerne nos athlètes. 

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