15:35 06 mar

Grand Prix d'Allemagne - dimanche, Maret en or, triomphe français

Louette en bronze - Andeol en argent - Maret en or

On oubliait ce dimanche les agacements de la veille (estompé par la bonne volonté du jour des combattants) pour se concentrer sur la remarquable réussite française : après les trois médailles d'or de la veille, Pavia (-57 kg), Agbegnenou (-63 kg) et Duprat (-73 kg), la France continuait sur cette belle lancée en ajoutant une médaille d'or ce dimanche qui lui permettait de terminer première nation, et encore une médaille d'argent et une  de bronze, toutes les trois porteuses d'indications très positives sur l'avenir.

Louette en bronze
Le bronze, c'était pour Lucie Louette (-78 kg), victorieuse quinze jours plus tôt à Paris. Une médaille déjà belle, récolté sur la grande Slovène Velensek, qui aurait pu être d'un meilleur métal si la Française n'avait pas commise elle aussi l'erreur qui a écarté encore quelques beaux judokas ce weeke-end : À la sortie d'un o-uchi-gari sur la Japonaise Sato en demi-finale, elle posait sa main sur la jambe pour enchaîner. Une disqualification qui la prive objectivement d'un possible doublé. En souffrance, il y a encore peu de temps, la voici avec une sérénité nouvelle dans la cour des grandes, cinquième à la ranking, juste derrière le carré majeur Harrison (USA,1e), Ogata (JPN, 2e), Tcheumeo (FRA, 3e), Aguiar (BRA, 4e). 

Andeol en argent
Leader national depuis plusieurs années maintenant, souvent placée sur les podiums des world cup depuis quelques années, Emilie Andeol avait poussé les feux récemment avec deux belles victoires en Italie et à Abu Dabi. À Paris, sa cinquième place ne l'avait pas satisfaite. La voici en meilleure position en Allemagne. Treize combattantes seulement dans cette catégorie, mais une belle victoire d'entrée sur l'Allemande Konitz et un beau o-uchi-gari en demi-finale sur la jeune Japonaise Yamabe. Avec une garde agressive, elle marche sur ses adversaires et s'impose. Petit bémol en finale, elle allait s'enquiller trois fois sur le ura-nage de la solide brésilienne Altheman avant de réajuster le tir et de revenir au score (un waza-ari partout) sur une attaque arrière. Mais la Brésilienne l'emportait d'une petite pénalité. Dommage car la Française l'avait battue quelques temps plus tôt en finale du Grand Prix d'Abu Dabi. Marie-Suelen Altheman fait néanmoins partie de la nouvelle génération en peine maturation. Désormais 3e mondiale, tandis qu'Emilie Andéol est 8e, elle progresse régulièrement et fera partie du carré majeur dans cette olympiade. La Française ne devrait pas en être très loin.

Maret en or
Enfin, l'or de ce dimanche est ramené par Cyrille Maret, deuxième titre pour les masculins français du week-end. Cela faisait longtemps qu'on attendait quelque chose de ce judoka qui avait surclassé sa génération en cadet et en junior, avant de rentrer dans le rang en seniors. Depuis quelques années, ce solide combattant était capable de se hisser assez régulièrement sur de beaux podiums, comme en 2011 en finale du Grand Chelem de Moscou. Mais cet alignement Paris (3e), Dusseldorf (1e) semble inédit. Plus posé, plus précis et lucide, il paraît être passé à un niveau au-dessus. Bien sûr, il est prudent de ne pas s'enflammer. L'Allemand Pfeiffer (46e mondial), un inconnu coréen Kim Kyeong-Tae, le Suédois Pacek (déjà battu par Maret à Paris), ne sont pas des premiers maîtres. Mais le Français leur a été largement supérieur. Et en finale c'était un client qui l'atendait, le Japonais Takeshi Ono. Depuis sa première médaille mondiale en 2005, celui-ci a pris deux catégories, assurant en Allemagne sa première pige en -100 kg. Manifestement plus "light" que ses adversaires, en grosse difficultés face au dangereux Azéri Mammadov (28e mondial) avant de sortir un grand tai-otoshi, ce trentenaire en a quand même gardé sous la semelle et a rappelé à Dusseldorf que, malgré un palmarès pas tout à à fait à la hauteur (deux médailles de bronze mondiales en 2005 et 2011), il était l'un des plus beaux judokas de la décennie. Mais, comme souvent, il a pêché par un peu de nonchalance, débutant son dernier combat un peu trop ouvert, un peu trop tranquille. L'oeil vif et lucide, Cyrille Maret lui a alors placé un kata-guruma / yoko-guruma comme à la parade. Un mouvement tout proche du ippon que le Français n'eut pas beaucoup de mal à défendre en restant concentré sur la garde, sans affolement, jusqu'au gong, malgré les belles tentatives de son adversaire. Une victoire qui fera date pour Cyrille Maret et une nouvelle étape dans sa carrière sportive. À 25 ans, tout est possible, tout dépend de lui.

Et les autres
C'est donc l'équipe de France qui finit première nation avec quatre médailles d'or, une d'argent et une de bronze, devant une équipe japonaise "discrète" à trois médailles, mais aussi cinq médailles d'argent et quatre médailles de bronze. En or, après la -48 kg Okamoto et le -66 kg Ebinuma samedi, c'est le poids lourd Momose qui aligne ce dimanche les beaux gestes, notamment un grand tai-otoshi en finale contre le puissant Géorgien Okroashvili.Ce dimanche, deux individualités féminines ont frappé les esprits. La vice championne olympique anglaise Gibbons (-78 kg) d'abord. Un peu malmené à chaque tour - elle reprend tout juste - elle a à chaque fois sorti des grands mouvements d'attaque qui l'ont tiré d'affaire, parfois sur le gong. En finale, elle propulsait joliment Sato dans toutes les directions, pour finir sur un bel uchi-mata. Portée par la confiance, elle réussit vraiment une très belle rentrée. La seconde fait carrément peur ! Kim Polling (-70 kg) est entrée dans la mémoire collective des judokas du monde entier en propulsant Lucie Décosse sur ura-nage à Paris. Impressionnante à Bercy, elle est impressionnante aussi dans l'Electric Mitsubishi Halle de Dusseldorf. En finale, la malheureuse Allemande Vargas-Koch a été torturé par ses grandes attaques qui marquaient à chaque fois. Pas forcément rapide ou explosive, elle est précise, ultra-puissante et enchaîne les attaques avec pertinence. Elle fait très mal. Assurément la n°1 mondiale de cette catégorie jusqu'au retour éventuel de la Reine. À suivre.

Si une équipe de très jeunes Brésiliens s'est fait remarqué sous le mentorat du champion Tiago Camilo (-90 kg) - auteur lui-même d'un bel exploit en jetant pour ippon sa majesté Iliadis sur uchi-mata dès la première prise de garde - la grosse équipe masculine du week-end, qui finit devant les masculins japonais et français avec deux médailles d'or, deux d'argent, deux de bronze, c'est la Géorgie. Rajeunie, renouvelée dans son style, avec toujours ses points forts - grands arrachés, puissance physique - mais aussi une nouvelle gamme technique, une excellente condition physique, elle a révélé ses nouveaux talents. Le leader est sans doute Liparteliani, un -90 kg mûri depuis son explosion en juniors il y a quelques années. Son uchi-mata fait peur, mais c'est sur un contre de uchi-mata très lucide et préparé qu'il bat Camilo en finale. L'équipe récolte une autre médaille d'or par l'étonnant Avtandil Tchrikishvili (-81 kg). Il est vainqueur en tableau d'un Loic Pietri un tout petit tendre physiquement après sa blessure pour résister à leur féroce affrontement prolongé au golden score. Ce Géorgien, champion d'Europe et du monde juniors 2010, projette sur uchi-mata aussi bien à droite qu'à gauche. Et c'est lui qui l'emporte en finale par ura-nage sur son collègue plus expérimenté Levan Tsiklauri... lequel venait pourtant de battre le Coréen champion olympique, Kim Jae-Bum ! Le meilleur combattant du monde avec Teddy Riner n'avait pourtant pas perdu depuis décembre 2011 - une défaite sans conséquence à Jeju. C'était son neuvième combat perdu depuis sa montée en -81 kg, au début 2008. 
Avec Lipparteliani (-90 kg) et ses grands uchi-mata, Tchrikishvili le nouveau marquis des -81 kg, mais aussi le jeune champion olympique -66 kg Shavduatashvili au style étonnamment fluide, et encore Okroashvili, Papinashvili, Tsiklauri, Shukvani, Kardava et autres Gogotchuri, la grande équipe géorgienne est en train de renaître et se fera craindre sur cette olympiade.

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