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Grand Chelem du Japon 2019 - J2 - Nagase toujours plus en évidence

Quatre nouveaux titres pour le pays du Soleil-Levant

Après un vendredi à la conclusion flamboyante avec la victoire d’Amandine Buchard et d’Hifumi Abe, ce samedi restera comme une journée assez terne. Que retenir alors d’une journée où le bloc final n’aura pas réussi à faire grimper l’ambiance de la Maruzen Intec Arena ? D’abord, que Takanori Nagase, le -81kg de l’olympiade précédente continue à tracer sa route vers une nouvelle participation aux JO. Ensuite, que les leaders japonaises du jour, Miku Tashiro et Chizuru Arai, sont derrière des compatriotes n°2 ou 3. Enfin, que le Japon est plus que jamais impérial à domicile, avec quatre victoires dans les quatre catégories du jour.

La frustration d'Axus
Un seul judoka français engagé ce samedi en la personne de Benjamin Axus, le -73kg, récent champion de France, de l’AJA Paris XX. Une victoire contre le Hong-Kongais Lee sur uchi-mata lançait bien le Parisien. Mais au tour suivant c’était le nouveau champion du monde juniors, le Tadjik Makhmadbekov. Un combattant qui s’était fait connaître du grand public lors des championnats du monde fin août face au surfer azéri, Hidayat Heydarov : une bataille incroyable de près de onze minutes pour une médaille de bronze mondiale qui alla finalement autour du cou du second. C'est un combat serré entre le Tricolore et le Tadjik : deux shidos partout jusqu’à ce qu’Axus lance un sumi-gaeshi en garde croisée sur lequel son adversaire reprenait rapidement l’initiative, selon l'arbitre, pour pousser le Français sur le dos. Ippon. Et de nouveaux regrets pour le Parisien : «une nouvelle fois, ça se joue à rien. C’est équilibré mais finalement je m’incline comme à Brasilia….je perds trop de combats dans cette configuration. A moins de trouver les solutions. »

Nagase l'a joué serré
Médaillé de bronze à Rio, Takanori Nagase avait débuté cette nouvelle olympiade par une blessure au genou subie lors des championnats du monde de Budapest en 2017. Rupture des ligaments croisés. Opération et rééducation pour un « vrai » retour aux affaires il y a un an, ici même à Osaka où il finissait troisième. Depuis, l’ancien capitaine de Tsukuba et employé de l’équipe Asahi Kasei (comme Shohei Ono) n’a perdu qu'un seul combat, c'était contre l'Israélien Muki, futur champion du monde, en finale du GC de Russie ! Vainqueur en juillet du Grand Prix du Canada, en août du Grand Prix de Croatie, début octobre du Grand Chelem du Brésil, cette nouvelle victoire en Grand Chelem le propulse 9e mondial.
Ce judoka très longiligne, aux mouvements de grand lézard, attaque peu mais jamais pour rien. En témoigne sa demi-finale contre son compatriote Hikaru Tomokiyo : o-soto-gari à une main, quelques séquences de kumikata lors desquelles le rythme baisse avant de placer ensuite un dynamique seoi-otoshi. En finale, il retrouvait son concurrent pour le leadership de la catégorie, le vice-champion du monde 2018 et étudiant de Nittai-Dai (comme Hifumi Abe), Sotaro Fujiwara, battu au premier tour des championnats du monde. Un combat fermé et ennuyeux que Nagase s’adjuge aux pénalités, faisant le strict minimum, mais avec lucidité, pour montrer qu'il était le plus actif. Pas de quoi faire encore de lui le futur sélectionné de la catégorie. Mais une victoire qui perpétue une dynamique d’invincibilité depuis un an, avec cet avantage, pour l’instant (?) de ne pas perdre contre les étrangers. Un argument de poids dans la perspective de la sélection pour Tokyo 2020.

Tashiro et Arai en danger ? 
Double vice-championne du monde derrière la reine Clarisse, Miku Tashiro n’a normalement plus à craindre pour son leadership national qui l’emmènera vers Tokyo l’été prochain. Une position de confort qui pourrait expliquer sa -relative - contre-performance d’hier, elle qui ne finit que troisième ? Une hypothèse parmi d’autres. Mais ce qui est sûr, en voyant la Nipponne hier au sortir du podium, c’est qu’elle n’était clairement pas satisfaite de sa prestation, sentant peut-être (?) une concurrente venir la talonner en la personne de Masako Doi, désormais 15e mondiale ce soir et qui ne fait que monter en puissance depuis un an : victorieuse ici-même l'année dernière, cette judokate de 24 ans a fini 3e à Düsseldorf en février et a remporté le Grand Prix de Hongrie cet été.
Pour Chizuru Arai, impériale sur la première moitié de l’olympiade avec ses deux titres mondiaux et ses victoires en Grand Chelem, la menace est encore plus forte. Éliminée dès son deuxième combat aux championnats du monde cet été, elle finit troisième hier, placardée au sol en 1/4 de finale par Kim Polling. Neuvième mondiale avant la compétition, elle voit s'imposer Yoko Ono, victorieuse à Paris en février. Mille points pris qui font faire monter au classement cette judokate désormais 10e à la ranking-list, deux places seulement derrière Arai. Il faudra attendre la tournée européenne et le championnat du Japon pour y voir plus clair. Mais un fait est avéré : Chizuru Arai semble dans le dur depuis cet été et son leadership devient de plus en plus fragile et menacé. 
Il faut cependant mettre les choses en perspective : si le "board" japonais avait annoncé une sélection automatique pour les champions du monde qui auraient gagné ici, il devait sans doute s'attendre à ce qui paraît désormais clair : les titulaires se sont montrés globalement en petite forme ici et ce sont les plus motivés, c'est à dire ceux qui avaient quelque chose à prouver, qui ont fait la performance. Il reste du temps cependant et des rendez-vous décisifs qui devraient leur permettre de montrer un meilleur visage. Le championnat du Japon notamment sera très important cette année dans les catégories où il reste du flou, c'est à dire presque toutes !

Dans la dernière catégorie de ce samedi, les -73kg, voit Masashi Ebinuma prendre le meilleur sur Soichi Hashimoto, le piquant au sol lors d’un combat jusqu’alors dominé par le champion du monde 2017. Une victoire qui donnait à Ebinuma un grand sourire mais qui sera sans vraie conséquence sur la course olympique. En effet, à moins d’une blessure, le titulaire pour l'instant officieux est déjà connu et il s’appelle Shohei Ono.

Avec quatre victoires sur quatre possibles ce samedi, le Japon survole son Grand Chelem avec huit titres pour vingt-trois médailles. Sur les neuf catégories du vendredi et samedi, le pays hôte n’a laissé que treize médailles aux autres nations présentes. Et pour l’instant le seul hymne entendu hormis le Kimi Ga Yo fut La Marseillaise. Encore merci Amandine.

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