20:12 01 avr

GP de Géorgie 2019 J3, Tolofua, fille en or !

Et la France termine première nation à Tbilissi

Julia Tolofua projette la Brésilienne Souza en finale / Officiel IJF

Géorgie 2019, un Grand Prix qui fera date pour les signes positifs qu’il a envoyé venant du judo français, et qui termine comme il a commencé, par une médaille d’or féminine un peu inattendue et prometteuse. Après la réussite de Mélanie Clément chez les super-légères le premier jour, c’est Julia Tolofua qui emporte le titre des lourdes dimanche, un titre qui n’était pas forcément prévu, et qui ouvre des horizons, en particulier celui de Tolofua elle-même.

Tolofua, l'autre espoir des -78kg
Mais qui est Julia Tolofua ? Pour ceux qui ne suivent pas les résultats à la loupe, il est possible que cette très solide combattante soit pourtant passée sous les écrans radar, éclipsée injustement par l’éclat de sa cadette de deux ans, l’étincelante Romane Dicko, championne d’Europe juniors 2017 et seniors 2018. Ce serait bien injuste. Car si Dicko est exceptionnelle et n’a que dix-neuf ans, le parcours de Julia Tolofua, vingt-et-un ans, n’est pas mal non plus et vient de s’étoffer encore. Championne d’Europe juniors en 2016, cette jeune Corse issue du même vivier que les sœurs Gneto, souvent blessée, n’avait pas encore posé son empreinte sur le circuit international. Mais sa prise de pouvoir sur le niveau national seniors est déjà remarquable. Troisième du championnat national déjà en 2015, elle l’a emporté en 2017 et fait la finale en 2018.
En Géorgie, alors qu’on attendait plutôt la confirmation de la Campinoise Anne-Fatoumata M’Bairo, 11e mondiale, mais elle finissait à la cinquième place, battue par la Brésilienne Souza et la Biélorusse Slutskaia, c’est Tolofua, 47e mondiale, qui déjouait tous les pièges. La Britannique Adlington, 15e, aurait pu en être un sérieux (de piège), mais elle ne se présentait pas sur le tapis. Appliquée et prudente sur les mains, avec toujours un temps de passage au revers avant d’aller prendre sa saisie de droitière au col, Tolofua passait un deuxième tour à sa main, contre la Tchèque Marketa Paulusova, 61e mondiale, qu’elle finissait par jeter au golden score sur uchi-mata. La Portugaise Rochele Nunes est dangereuse au corps-à-corps. La Française le sait bien puisque c’est elle qui l’avait sortie du tournoi de Paris en février dernier sur un uchi-mata-gaeshi. Mais, grande et naturellement puissante, Tolofua a manifestement aussi progressé sur ses appuis. Elle contrait facilement deux tentatives de tani-otoshi pour un waza-ari à chaque fois. Une vraie performance, car c’est toujours une bonne chose de battre l’adversaire qui vous dominait auparavant et qui naviguait vingt places au-dessus de vous au classement mondial. Désormais, Tolofua, qui a pris dix-neuf places avec ses sept cents points, est entrée elle aussi dans le « top 30 ». L’accomplissement était pour le tour suivant : une finale contre la jeune et redoutable Brésilienne Beatriz Souza, membre du top 10 mondial à vingt ans, double médaillée mondiale juniors 2017 et 2018, victorieuse de M’Bairo en demi-finale… et même de Romane Dicko lors du championnat du monde par équipes juniors à Zagreb en 2017. En revanche, Julia Tolofua lui pose problème, puisqu’elle l’avait déjà battue en 2019 au Grand Chelem d’Allemagne. Maîtrisant le combat, Tolofua lui marquait un waza-ari tranquille sur o-soto-otoshi et emportait son premier Grand Prix. Une performance qui la situe d’emblée dans un potentiel « top 15 », voire « top 10 », et la ramène au premier plan des espoirs français dans cette catégorie.

Revoilà Posvite !
Ce n’était pas la seule médaillée du jour. Si, en -78kg, Sama Hawa Camara, finaliste du Grand Prix des Pays-Bas en novembre, cédait cette fois pour le bronze contre la Portugaise Patricia Sampaio, c’est une « nouvelle venue » qui se mettait en valeur, l’ancienne médaillée mondiale en -70kg Fanny-Estelle Posvite. Déjà remarquée à l’Open de Tchéquie en mars, où elle avait atteint la finale, la voici qui fait à nouveau un beau parcours et s’empare de la médaille -  sa neuvième en Grand Prix (plus une en Grand Chelem), la première en -78kg — seulement dominée en demi-finale par la puissante Kosovare Loriana Kuka. À vingt-six ans, la Limougeaude n’a peut-être pas dis son dernier mot. Cela se joue désormais pour elle dans la catégorie d’Audrey Tcheumeo et de Madeleine Malonga.

Olivar au pied du podium
Chez les garçons, pas de Loic Pietri en -90kg. Un forfait pour blessure qui est bien dommage, car on aurait aimé le voir dans cette ambiance positive du côté des Français. Deux sélectionnés en -100kg en revanche, Clément Delvert, vainqueur de l’Open de Pologne début mars, Cédric Olivar, vainqueur de l’Open du Chili à la fin du même mois. Le premier gagnait deux combats, dont un contre le Croate Kumric, bien mieux classé que lui, avant de céder par deux fois devant le Russe Kazbek Zankishiev, médaillé européen en 2017, et l’Ouzbek Mukhammadkarim Khurramov, déjà troisième au Maroc. Une septième place pour lui, une cinquième pour Cédric Olivar, qui réussit un joli parcours contre des adversaires globalement mieux classés que lui, sortant avec un bon feeling au corps-à-corps les plus accessibles, avant de céder « logiquement » devant le Brésilien Rafael Buzacarini, 28e mondial, et le Néerlandais Michael Korrel, 4e mondial. Quelques points à prendre et une compétition, somme toute, réussie pour le médaillé de bronze des derniers championnats de France, Cédric Olivar, vingt-trois ans et quatre podiums de suite en opens continentaux, dont deux victoires. Un vrai potentiel d’évolution.

Avec ses trois titres pour quatre finales, la France sort devant la Géorgie (dont l’élite n’était pas engagée sur ce Grand Prix) au classement des nations et rentre à l’INSEP avec un sentiment diffus, mais réel, de « mieux ». Mieux chez les féminines, qui voient leur énorme potentiel encore renforcé par des talents qui se déclarent. Mieux surtout chez les masculins, qui ont montré pour les meilleurs de la vivacité, une belle expression technique et de l’engagement. Le printemps géorgien de la France ?
Notons au passage la double victoire des deux Kosovares engagées, la -57kg Nora Gjakova et la -78kg Loriana Kuka. La marque « Kosovo » s’étend à d’autres catégories que celle des -52kg avec Maljinda Kelmendi…

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