11:04 29 nov

G. Chelem de Tokyo 2013 : Jour 1 - Le Japon par KO

Les cinq titres du jour dans l'escarcelle nippone

Retour sur le premier jour du Grand Slam de Tokyo, par notre envoyé spécial Morgan Maury.

KO d'entrée. Au premier round de ce combat de trois jours, des Nippons version Mike Tyson ont déjà envoyé le reste de la concurrence au tapis. Logique me direz-vous à la maison et dans une compétition qu'ils affectionnent ? Pas tant que ça. À part Naohisa Takato (-60kg), champion du monde, les autres couronnés du jour ne sont pas les stars qu'on connait dans chaque catégorie. Le Brésil avait envoyé ses meilleures guerrières, la Mongolie sa championne du monde, et l'Europe quelques jolies bestioles. Sans ses leaders Asami, Nakamura, Matsumoto ou Ebinuma, le Japon a transformé cette journée compliquée sur le papier en triomphe. Il prend les 5 médailles d'or et 7 médailles de bronze ! Deuxième, le Brésil fait une belle journée avec 2 argents et un bronze. La délégation française a déjà épuisé 2 de ses 4 cartouches chez les féminines alors que d'habitude - sauf l'an passé - ce sont les filles qui font les emplettes de médailles avant les fêtes à Tokyo. Cependant, ce ne sont pas les fers de lance qui sont au Metropolitan Gymnasium. Chez les hommes par contre... David Larose, malgré des problèmes de dos, et son compère Dimitri Dragin finissent bien 2013 pour commencer 2014 au taquet... Larose a retourné des situations, Dragin a battu le numéro un mondial ainsi que le numéro deux japonais. Du tout bon en vue de Paris, même si seulement le premier a réussi à grimper sur le podium.

© IJF Media by G. Sabau / Le podium des moins de 66kg.

-66kg - Larose a bon dos

Masaaki Fukuoka est médaillé mondial mais ça ne l'empêche pas d'être de corvée de glacière. Le Japonais doit maudire ces deux Français qui l'ont battu aujourd'hui. Les Tricolores ont joué une belle partition malgré une préparation tronquée pour Larose ainsi que des problèmes de dos (voir sa réaction ici). Finaliste l'an passé, le chat David Larose s'est réveillé, s'est étiré et a fini par lancer son coup de griffe après quatre minutes de combat ou il était mené au premier tour. Il était temps car il était sacrément bousculé par le Kazakh Zhumakanov, vainqueur du Grand Prix d'Almaty. C'est sur son mouvement talisman, sumi-gaeshi, que Larose emballait finalement l'affaire pour yuko quasiment sur le gong suivi en immobilisation. C'est presque le même scénario qu'il déroule en quart contre le Japonais Miyazaki, deuxième de la Coupe du Kodokan. Larose est mené aux pénalités puis marque deux waza-ari avec un o-uchi-gaeshi bien fait et un un autre contre sue une tentative de ko-soto-gari trop lointaine du Japonais. Dimitri Dragin était lui à point dès ses premiers seoi-nage. Dimitri « Dragon », comme la appelé le speaker, a vécu sur un yuko marqué en début de match contre l'Italien Elio Verde avant de dynamiter la défense du Mongol Davaadorj, numéro un mondial, sur un ura-nage superbe en huitième de finale. Ensuite, Masaaki Fukuoka lui brûlait les poumons au tison en quart de finale, mais le Tricolore s'offrait le dernier carré avec un seoi-nage remarquable obtenu à mi-combat. Si Dimitri Dragin a alors manqué d'essence dans le moteur et a subi sa demie contre Takajo dès la première pénalité encaissé, David Larose et Charles Chibana, le catcheur de Rio, ont donné un super spectacle malheureusement perdu par le double vainqueur du Tournoi de Paris. Chibana a marqué le premier sur un uchi-mata pour un petit yuko limite. Larose l'a ensuite immobilisé, mais s'est fait retourner et a évité de justesse une marque. Un passage au sol à couper le souffle. Le Français a ensuite fait le forcing à coups de ko-uchi et de sumi-gaeshi. Sans effet malgré une ultime tentative en sumi vraiment proche du yuko. Chibana a terminé le c ombat rincé, mais finaliste. Jusque là identiques, les destins de Dragin et Larose vont se séparer au moment de monter sur le podium. Après sept minutes intenses contre Miyazaki, Dragin est compté yuko sur une action confuse (voir sa réaction ici). Quant à Larose, il a mis son sumi-gaesi à Fukuoka (yuko) avant d'être amené au bord du précipice par le rythme du Nippon. Trois pénalités, des reculades multiples, Larose ne craque pourtant pas et claque sa deuxième médaille lors des deux dernières éditions du tournoi de Tokyo. Sa route vers un triplé à Paris est lancée ! À condition que les pépins physiques le laissent en paix... Quant à Dragin, il reste lumineux, et n'est plus très loin de cette fameuse médaille en Grand Chelem si rémunératrice en points. En finale, cela s'est joué d'une pénalité entre Chibana et Takajo, en faveur du combattant du crû. Mais Chibana, après son excellent championnat du monde, continue de marquer les esprits.

 

-48kg - Et Kondo passa

L'affiche était belle, la championne olympique Sarah Menezes contre la championne du monde Urantsetseg Munkhbat. Malheureusement, on ne l'a pas vue à cause d'Ami Kondo ! La championne du monde cadettes 2011, âgée de 18 ans, a arrêté net Menezes en demie sur un joli contre et un très beau travail au sol, avant de scotcher la Mongole en finale sur un super ko uchi-gari. La championne olympique et la championne du monde dans la même journée ! Magnifique. Kondo vient rejoindre la longue liste des turbulentes super-légères japonaises. Si ce succès lui assure d'autres grands tournois internationaux, il faudra voir comment elle compte se débarrasser d'Haruna Asami, double championne du monde en titre... Et d'Amandine Buchard, vainqueur la semaine passée à Abu Dhabi, qu'elle avait dominée en cadettes ! La Française Scarlett Gabrielli n'a pas démérité avec une bonne baston contre Miri Toda, championne du monde juniors 2010. La Française tenait la comparaison avec une bonne présence sur les mains et une forte attaque de hanche. Mais dominée deux pénalités à une, elle se laissait piéger au sol pour ne plus sortir.

 

-52kg - Hashimoto monte en puissance

Parmi la génération montante japonaise, elle est l'une des rares à avoir tenu le coup aux Mondiaux (3e). Yuki Hashimoto a joué avec tout son tableau ce vendredi. En finale, elle met 29 secondes pour planter un o uchi-gari à la Décosse sur Erika Miranda, deuxième des Mondiaux. Impressionnante avec ses techniques de jambe, Hashimoto est aussi un véritable cauchemar au sol. Elle profite de l'absence de Misato Nakamura pour continuer à placer ses pions... En deux ans, elle n'a perdu qu'un seul des 35 combats interantionaux qu'elle a disputé (contre Kelmendi à Rio) ! Nakamura et surtout Majlinda Kelmendi, voilà ce qui la sépare encore du sommet. Pénélope Bonna est arrivé en pleine santé à Tokyo après un sceptre national conquis à Marseille et une troisième place à Abu Dhabi. En entame, elle serre au sol la Néerlandaise Birgit Ente. Mais sa détermination ne lui suffira pas à faire la différence ensuite contre Ai Shishime, modeste 7e des championnats du monde juniors 2013. On ne sait pas si c'est parce qu'Ai signifie amour en japonais, mais les pénalités sont vite tombées sur Pénélope dont le prénom ne l'a protégé de rien. Mais Bonna va mieux. Agressive comme il faut,il lui  manque ce subtil brin de maîtrise technique en plus qui peut faire basculer une situation tangente de son côté. Rendez-vous à Paris pour la combattante du FLAM 91. Aux côtés de Shisime sur la troisième marche du podium, Andreea Chitu (Roumanie), batue d'un grand mouvement de hanche par la Brésilienne Miranda, est en bronze pour la seule médaille d'une Européenne chez les féminines ce vendredi...

 

-57kg - Udaka en pleine bourre

Elle n'a pas d'histoire particulière, comme Kaori Matsumoto ou Anzu Yamamoto, mais Nae Udaka trace avec constance son sillon dans la jungle japonaise des moins de 57 kilos. Le public nippon attendait beaucoup de Yamamoto en l'absence de Matsumoto, blessée au dos mais présente dans la salle pour signer des autographes et poser à côté d'une banane géante en mousse. Yamamoto a bien sorti Rafaela Silva, la championne du monde, mais s'est contentée de la troisième place, en gérant très mal la pression au kumi-kata que lui mettait, à l'européenne, Udaka Nae. Cette dernière n'a mis ensuite qu'une minute pour coller un superbe pion sur o-uchi-gar à l'Américaine Marti Malloy - victorieuse à l'arrache d'une autre révélation japonaise du jour, la junior Christa Deguchi, qui se "paye" notamment la médaillée mondiale allemande Roper sur un énorme harai-goshi dans la montée du bras.

 

-60kg : Maxi Takato

Naohisa Takato était la seule tête d'affiche japonaise du jour et même du week-end pour la télévision nippone. Le champion du monde 2013 a ajouté quatre victoires à sa série d'invincibilité commencée en mai 2012. Le lutin qui signe ses entrées par une chute arrière a encore tourmenté ses adversaires avec ses kata-guruma et ses techniques de hanche. En demi-finale, le dangereux Kazakh Yeldos Smetov y passe sur harai-goshi. En finale, Kim Won-Jin, troisième des Mondiaux, et féroce au kumi-kata, prend un kata-guruma stellaire. Takato a encore affiché une éclatante supériorité sur la concurrence. Il impressionne par sa capacité à s'adapter aux situations et à trouver une réponse toujours juste. Il possède trois types de garde, classique, haute et au corps à corps avec des spéciaux qui fonctionnent pour chacune. Sa confrontation avec l'orfèvre russe champion olympique Arsen Galstyan, se fait encore attendre. C'est bien la seule chose que l'on regrette quand on le voit.

 

Retrouvez les résultats complets en cliquant ici.

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