14:47 01 déc

G. Chelem de Tokyo 2013 (3e jour) : Japon, la nouvelle génération

Trois médailles françaises, mais 11 titres sur 14 pour le Japon !

"Masyu" Beiker, un nouveau visage pour le Japon en -90 kg / Photos © IJF Media by G. Sabau

Ami Kondo, Takanori Nagase, "Masyu Beiker", Chizuru Arai, Kyles Reyes, voilà les noms à apprendre par cœur pour l'année 2014. Des jeunes gens qui maîtrisent parfaitement le présent et sont pressés de dominer le futur. Ils ont illuminé la scène aux côtés de ceux qu'on connait déjà, Loïc Piétri, Naohisa Takato, Riki Nakaya ou Lukasz Krpalek. Un gros gâteau japonais avec quelques pépites étrangères à l'intérieur, c'est le résumé de ce dernier Grand Chelem de l'année. Parce que cette compétition a été celle du pays hôte même si ce dimanche a été sa moins bonne journée depuis vendredi. Le Japon finit avec un incroyable 11/14 au niveau des médailles d'or. Aujourd'hui, l'archipel accroche les titres en lourdes pour l'attendue Megumi Tachimoto et en moins de 90 kilos avec un padawan nommé Masyu Beiker - en fait Matthew Baker, mais les Japonais vont encore longtemps avoir du mal avec leurs ressortissants qui portent un nom étranger... Une pêche miraculeuse quand on estimait l'état de la délégation au coup d'envoi de la compétition vendredi. Même sans ses leaders, le pays du Soleil Levant a toujours de la ressource à domicile. Ses enfants les plus jeunes ne déçoivent presque jamais à l'image de Baker, vainqueur notamment de Voprosov (RUS) et de Lipartelliani (GEO), encore une brindille sur le plan physique mais un petit génie technique. On notera aussi dans cette catégorie le beau retour de Daiki Nishiyama (3e), deux fois vice champion du monde, et battu sur des pénalités hasardeuses par le Coréen Lee, champion du monde 2009. Trois catégories seulement ont filé entre les pattes nippones : les moins de 78 kilos féminins, les moins de 100 kilos et les lourds masculins. En moins de 100 kilos, les Japonais voient un homme qui vit et s'entraîne dans leur pays, mais qui ne porte pas leurs couleurs, frôler la victoire : Kyle Reyes. Vivant au Japon depuis l'âge de deux ans, ce Canadien, champion du monde junior, a rayé Cyrille Maret, Maxim Rakov et à presque retourné Lukas Krpalek, le champion d'Europe et médaillé mondial. Krpalek, Marhinde Verkerk (moins de 78kg) et Kim Sung-Min (plus de 100kg) voilà tout ce qui reste d'or à ce qui n'est pas japonais. C'est bien maigre (11 médailles seulement pour l'Europe). La France termine avec la même moisson que l'an passé (1 argent et 2 médailles de bronze). Aujourd'hui, c'est Cyrille Maret qui est allé agrandir son palmarès avec cette belle troisième place. Tout pour les garçons, ce qui confirme leur  bonne santé actuelle. Et sans les médaillés mondiaux Alain Schmitt, Ugo Legrand et Teddy Riner.

-90kg A bloc ce Beiker
Masyu (Matthew) Beiker, japonais de père américain, frêle comme un oiseau, à la limite physiquement, mais incroyablement brillant sur ses attaques de jambe. Voilà le CV du garçon du jour. Cet universitaire a remporté le tournoi avec une classe terrible. Battu à la garde quasi-systématiquement, il se concentre sur un système en actions-réactions (voir son interview) pour créer une distance qui n'existait pas. Dans l'ordre, il sort les étaux européens Synavsky, Voprosov et Zarzeczny grâce à des o uchi-gari et des ashi-guruma. En demi, Varlam Liparteliani (vice-champion du monde), autre spécimen habillé tout en muscles, prend deux coups de scalpel sur uchi-mata et o soto. Beiker a du cran et un cerveau. Jamais il n'a fui, préférant trouver l'espace pour placer un coup meurtrier. Le Coréen Lee Kyu-Won, vainqueur l'an passé et champion du monde 2009, recevra le même châtiment que les autres via uchi-mata. En l'absence de Masashi Nishiyama, médaillé mondial et olympique), voilà un nouveau venu bien inattendu dans l'archipel. Liparteliani et Daiki Nishiyama sont ensemble sur la troisième marche du podium.

-100kg Krpalek gagne mais c'est Reyes qu'on a vu
On vous avez parlé il y a quelques semaines du Canadien Kyle Reyes, champion du monde junior mais résident japonais depuis ses 2 ans. Ce garçon a été le cauchemar du tableau et notamment de Cyrille Maret en quart de finale. Alors qu'il menait d'un waza-ari après un beau ko soto-gake, plein d'opportunisme sur sa première prise de garde, le Bourguignon a volé en éclats sur un uchi-mata à la mode Kosei Inoue. Reyes, qui s'entraîne à l'université de Nichidai, va faire frémir Youtube dans quelques jours - on prend le pari - par la beauté de ses gestes. Certes il n'a pas gagné en se faisant piéger par un sumi-gaeshi de Lukas Krpalek, à trente secondes de la fin d'une finale qu'il menait aux pénalités. Mais sa journée a été splendide comme ce contre de ko soto en uchi-mata qu'il colle à Maxim Rakov, champion du monde 2009, en demie. Voilà un bien bel oiseau que ce Reyes ! Et les regards ravis et discrètement admiratifs que lui jette à chaque sortie de tapis son coach trop heureux de l'aubaine, Nicolas Gill, font plaisir à voir. Lukas Krpalek est récompensé d'une solide journée où il a notamment broyé un Ilias Iliadis peu inspiré, venu faire coucou en moins de 100 kilos. Obligé de passer par les repêchages, Cyrille Maret réalise un match parfait sur le Japonais Kumashiro qui encaisse waza-ari sur ko soto-gake puis une immobilisation. En place de trois, le Suédois Martin Pacek, contre lequel il a remporté ses trois dernières confrontations, y passera sur makikomi (waza-ari). Maret est sur le podium. Un beau résultat qui illustre sa nouvelle fiabilité à ce niveau. Ne reste plus qu'à gagner ce combat charnière qui fait passer le bronze à un autre métal. Le Mongol Naidan est à ses côtés sur la troisième marche du podium.

Le podium des -100 kg avec Cyrille Maret sur la 3e marche / Photos © IJF Media by G. Sabau

+100kg Kim piège Silva
Le Brésil est maudit dans ce tournoi de Tokyo. Après les finales perdues de Charles Chibana (-66kg) et Erika Miranda (-52kg), c'est Rafael Silva qui a buté sur la dernière marche. Le massif carioca a échoué sur Kim Sung-Min (yuko sur tani-otoshi) qui conserve l'or acquis en 2013. Silva peut se consoler avec la première place de la ranking list qu'il chipe (provisoirement?) à un Teddy Riner toujours convalescent. Le Japon n'a rien montré dès que le niveau s'est élevé. Daiki Kamikawa s'est fait disqualifier et Ryu Shichinohe a payé cher une liaison debout-sol mal ficelée. Hisayoshi Harasawa, un costaud peu passionnant à suivre, et Masaru Momose, un fantasitque technicien aux moyens physiques un peu limités pour le dernier carré, sont les deux Nippons sur le podium. Jean-Sébastien Bonvoisin avait bien commencé sa compétition avec un joli harai-goshi sur un Mongol. Ensuite, Kim Sung-Min a été solide. Le Français encaisse un gros harai-goshi. Il se rattrape en repêchages en sortant le Brésilien Moura sur un accrochage. Malheureusement, Masaru Momose le piègera en uchi-mata et harai-goshi dans le combat pour le bronze.

-78kg Verkerk sauve le reste du monde
Pas de Française engagée dans cette catégorie et une médaille d'or qui part hors du Japon. Elle atterrit autour du cou de la Néerlandaise Marhinde Verkerk, championne du monde 2009 et deuxième à Rio. Elle élimine Tomomi Okamura (future 3e) puis la Coréenne Jeong sur un beau sasae en finale. Elle confirme que Tokyo réussit bien aux Néerlandaises après le titre de Linda Bolder l'an passé en moins de 70 kilos. Elle est la seule non Japonaise en or dans ce tournoi. Pas grand chose à signaler dans cette catégorie privée de toutes ses championnes : la Nord-Coréenne Sol, Audrey Tcheuméo, la Brésilien Aguiar et la Japonaise Akari Ogata. Mais attention, Verkerk n''est pas loin de rejoindre ce carré magique.

+78kg Tachimoto serre la vis
La championne du monde et championne olympique cubaine, Idalys Ortiz, n'a pas pu enrayer la force de frappe japonaise ce dimanche. Elle est battu en demi-finale par Kanae Yamabe, 23 ans. Cette ancienne vainqueur du toutes catégories nippon se brûlera face à la médaillé planétaire et meilleure japonaise du moment, Megumi Tachimoto, mais elle reste bien prsente. Cette dernière l'emporte aux pénalités seulement en finale. On a aimé aussi le comportement de la petite dernière, Sara Asahina, 17 ans seulement, qui sort la Brésilienne Altheman et la seconde Chinoise du jour, Ma Sissi. On devrait revoir rapidement cette Asahina, championne du monde cadette ! Ortiz est sur le podium en compagnie de la Chinoise Qin. L'aventure n'en a pas été une pour Emilie Andéol, dernière française engagée dans le tournoi. Elle s'incline d'entrée face à la Chinois Qin, multiple médaillée mondiale, qui la déroule sur makikomi et la pique au sol.

 

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