14:41 30 nov

G. Chelem de Tokyo 2013 (2e jour) : le Japon rafle tout !

Piétri argent content

Emmanuel Charlot - Esprit du Judo / Pietri aime projeter Hong sur ura-nage.

SOS. C'est le titre de la chanson qui ambiance, stéréo hurlante, ce Grand Chelem de Tokyo. C'est ce que crie un monde sans défense pris dans des vagues japonaises incessantes. Pas un seul titre pour qui ne bat pas pavillon nippon. L'Europe avait envoyé ses destroyers Loïc Piétri et Kim Polling pour s'amarrer sur l'or qui fuit le Vieux Continent depuis vendredi. Mais le Japon n'a rien laissé filer face à ces fuoriclasses. Deux jeunes gâchettes nippones les ont coulés. Takanori Nagase (-81kg), vainqueur des Universiades, et Chizuru Arai (-70kg), vice-championne du monde junior sont les deux vedettes du jour. Riki Nakaya (-73kg) et Kana Abe (-63kg), leaders attendus pour le Japon, n'ont  pas flanché non plus. On prédisait un Japon en difficulté sans ses meilleures armes. Il n'en est rien. Après deux jours, il facture 9 médailles d'or sur les 9 distribuées ! C'est déjà autant que l'année passée. Le reste du monde se contente des miettes. Loïc Piétri s'en tire avec une médaille d'argent belle comme les soleils qu'il a infligé toute la journée. Belle, mais frustrante, car l'or lui tendait les bras. Venu pour « s'amuser », voir où il en était dans un contexte hostile, à ce moment de sa préparation, il a surfé sur son titre mondial et peut plonger vers 2014 avec gourmandise. C'est la seule médaille française du jour, car Pierre Duprat (5e) et Anne-Laure Bellard (5e) restent au pied du podium, punis par l'arbitrage.

-81kg Piétri souffle sur les braises
Aujourd'hui, il ne fallait pas prendre Loïc Piétri si vous aviez quelques problèmes de santé. Pour ceux qui n'en avaient pas, il en a peut-être créé chez certains ! En rythme, violent, parfois littéralement aérien (mais plus dure est la chute), le champion du monde a été magnifique jusqu'à une finale où il est sorti de son schéma. Dommage, mais pas grave dans cette journée épique. En quart, il est obligé de se passer lui-même un bandage sous le nez pour éviter une intervention du médecin synonyme de disqualification. Déguisé en momie, un bandeau sur le menton, un autre au-dessus de la bouche, un coton dans le nez, il achève le Coréen Hong sur un ura-nage brutal. L'Asiatique rentrera aux vestiaires en civière. Même punition pour Captain America Travis Stevens, qui y passe sur un régal de morote inversé debout après 40 secondes. Sa finale contre Takanori Nagase changera de tournure lorsque le Français recevra un premier shido pas forcément justifié. Se sentant obligé de vite recoller alors qu'il avait encore le temps, il part au corps à corps et se fait projeter sur un ashi-guruma rotatif magistral. Un fin pas aussi belle que les 4/5 du film. Le Niçois a failli rejoindre Larbi Benboudaoud, le dernier vainqueur français au palmarès. Pour sa première médaille en Grand Chelem (et oui!), il a aussi montré qu'il savait appréhender le costume de champion du monde et les regards extérieurs. Le Géorgien Tchrikishvili, numéro un mondial, lui aussi victime de Nagase, se retrouve en bronze avec le chouchou du public féminin, Takahiro Nakai.

Esprit du Judo / Loic Pietri place lui-même ses bandages pour éviter la disqualification.

-73kg Nakaya dans l'ombre d'Ono, amer Duprat
Il n'était pas là mais son nom était sur les lèvres. Shohei Ono n'a pas eu le toupet de venir se monter au Tokyo Metropolitan Gymnasium mais son absence était une présence. Encore puni de compétition jusqu'à la fin de l'année - il vient juste de reprendre l'entraînement à Tenri - pour ses brimades au sein de son université, le champion du monde faisait frémir le public à chaque fois que ses tôles de l'édition 2012 étaient diffusées sur les écrans. En son absence, c'est celui qu'il a a remplacé sur le toit du monde, Riki Nakaya, qui s'est remis en lumière avec le souci d'être brillant à chaque tour pour rayer le souvenir du o soto-gari d'anthologie que lui avait infligé Ono en finale 2012. Il a notamment sorti un Pierre Duprat vaillant, mais malade, avant un o soto-otoshi de folie sur le Russe Yartsev puis de serrer le Coréen Bang, en forme depuis de son retour de suspension pour dopage, en finale. Du bon Nakaya en attendant le retour à la compétition d'Ono début 2014. Peut-être à Paris ? Duprat repart de Tokyo avec de la frustration mais le sentiment qu'il ne sera pas loin la prochaine fois. Excepté le match contre Nakaya où il n'a rien pu faire, sans jus, le sociétaire de Levallois a été battant. Il étrangle l'Ukrainien Drebot, jete le Coréen Lee sur ura-nage (ippon), s'arrache sur un tani-otoshi rageur face à Nakamura (ippon). Le diable de Slovénie, Rok Draksic (champion d'Europe), lui jouera finalement un mauvais tour en place de trois avec un o uchi-gaeshi (waza-ari). L'arbitrage de ce combat laissera une énorme amertume à Duprat qui vise désormais le Tournoi de Paris, et où son duel à distance avec Ugo Legrand vaudra le détour.

-63kg Bellard prise par la patrouille
A force d'enchaîner les résultats dans les World Cup, Anne-Laure Bellard a forcé l'encadrement à la tester face à ce qui se fait de mieux. Pari réussi pour la sociétaire de Pontault-Combault même s'il n'y a pas de médaille au bout. Cependant, il y a une nuance de taille. Sous le regard grossissant de la télé, de la Fédération internationale et des meilleurs arbitres qui ne le connaissaient pas, son judo atypique a fonctionné deux combats. Le temps d'épuiser la Slovène Trstenjak (3e des Europe), qu'elle n'avait jamais battue en 3 matches, et de mettre dehors la Brésilienne Campos, victorieuse en Grand Prix. En demie, elle mène même yuko face à la Japonaise Miku Tashiro. Puis les fourches caudines d'un Grand Chelem la rattrapent. Sa garde croisée bras sur bras, à la limite de la clef, et sa prise du poignet ont agacé l'arbitre et la table vidéo. Ils lui ont collé trois pénalités avant un hansokumake définitif, car ils ont estimé alors que son travail était dangereux (waki gatame). Cette saisie s'apparente à un blocage qui empêche l'adversaire d'évoluer nous a expliqué l'arbitre internationale Cathy Mouette. Cet hansokumake signifiait la fin de compétition pour Bellard. Pas le droit d'aller en place de trois défier Miki Tanaka. Mais on peut condidérer que cette punition abrupte oblige la Française à des réglages techniques précis. Ce sera un passage obligatoire pour elle, car maintenant les arbitres l'auront à l'oeil. En finale, Kana Abe règle la jeune Tashiro aux pénalités et confirme son statut de meilleure japonaise de la catégorie.

-70kg Arai jolie
Chizuru Arai a réalisé le casse du jour. Deuxième des Mondiaux juniors cette année, la Japonaise est passé d'un coup d'ascenseur plusieurs étages au-dessus. Elle a battu en demie la championne du monde Yuri Alvear puis la numéro un mondiale Kim Polling pour obtenir un or totalement inattendu. Elle profite de la méforme persistante de Haruka Tachimoto (5e) pour se propulser en recours dans cette catégorie faible au Japon. De quoi donner envie à Margaux Pinot qui a battu Arai lors du Mondial par équipes junior. Comme l'an dernier, Fanny Posvite ne passe pas le cut du premier tour. La Slovène Pogacnik, qui n'a que des podiums en European Cup à faire valoir, la stoppe sur un morote donné yuko en début de match. Un combat ordinaire pour la Française. Le genre de ceux qu'il est absolument nécessaire pour elle de remporter. 

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