11:31 10 avr

Francis Clerget : "une décision brusque et sans concertation"

La réorganisation du calendrier fédéral crée des remous

La semaine dernière, la DTN annonçait une réorganisation du calendrier fédéral suite à la crise sanitaire liée au Covid-19. Le lendemain, Jean-Claude Senaud, directeur technique national de la FFJudo, s'exprimait ici-même pour justifier les décisions prises
Des choix qui entraînaient immédiatement de multiples réactions, en particulier sur les réseaux sociaux. Tantôt compréhensives, tantôt courroucées. À tel point qu'une pétition était lancée sur Facebook. Parmi les professeurs critiques cette réorganisation calendaire, nous avons interrogé Francis Clerget, directeur technique du Sporting Marnaval, et Frédéric Demontfaucon, professeur à l'ASM Judo Puylaroque. 

Comment avez-vous appris cette décision ?
Francis Clerget : Ce sont mes élèves qui ont découvert l'information sur Facebook. Ce sont eux qui m'ont donc informé du nouveau calendrier. Quand on y pense, ce sont les élèves qui informent leur professeur sur les informations fédérales. C'est fou ! Ma première réaction fut donc la surprise et le mécontentement. Le professeur est au coeur de tout dans l'organisation du judo français. Or, encore une fois, nous n'avons pas été consultés ! Car je pense qu'il n'aurait pas été difficile de mettre en place un questionnaire à destination des professeurs, ou, au pire, demander aux comités départementaux de faire remonter les avis des clubs. 

Que reprochez-vous à ces décisions ? 
Frédéric Demontfaucon : En fait, je trouve que le timing de cette réorganisation est très prématuré. La situation actuelle est très floue. Du coup, pourquoi se précipiter à prendre des décisions aussi définitives ? Je parle pour toutes les catégories d'âge, et pas spécialement de la coupe de France minimes. J'ai eu au téléphone des cadres techniques, eux aussi parfois choqués par la précipitation de ces décisions. Quand on est compétiteur, si on enlève d'un coup d'un seul votre principal objectif, la motivation est tout de suite impactée. Certes, on peut continuer à s'entraîner, à progresser. Mais sans objectif précis, c'est toujours plus difficile d'avancer.
FC : C'est une décision brusque et prise sans concertation. Oui, ce ne sont que des minimes. Mais cette compétition leur permet de rentrer dans le processus d'une compétition nationale... qui n'est pas encore le haut niveau, soyons clairs. En plus, l'argument d'une compétition qui ne débouche pas sur l'international peut être totalement retourné : puisque la coupe de France minimes reste à l'échelon national, quelles raisons y avait-il à l'annuler et à ne pas la reporter à la fin de l'année civile puisqu'elle n'empiétera pas sur une compétition internationale ? Je dis "quand on veut, on peut". Il y a deux ans, on avait déjà une coupe de France minimes en décembre. Je pense donc qu'au niveau du calendrier, c'est tout à fait possible de le refaire. Et puis, ce qui m'embête aussi, c'est que cette annulation risque d'avoir un impact sur la saison à venir.

Quelles sont vos craintes ?
FC : Je pense que cela pourrait laisser des traces. D'abord, parce que sans coupe de France minimes, et sans même certaines coupes de ligue minimes, le processus de sélection pour les pôles espoirs va se retrouver compliqué. Surtout, cet arrêt brutal de tout objectif de compétition ne va-t-il pas décourager des judokas qui pratiquent parfois d'autres sports en même temps, et vont donc privilégier ces derniers qui, eux, n'ont pas pris de décisions d'annulation aussi rapides ? Je me dis que si la décision du report avait été prise pour la coupe de France minimes et les équipes, cela aurait permis aux clubs, dès que cela aurait été administrativement possible, de se projeter sur la saison prochaine en planifiant celle-ci avec des stages d'été, une reprise de l'entraînement plus précoce et donc, ainsi, avoir plus de chance de garder nos judokas. 
FD : Il est difficile pour les clubs de garder ses minimes et cadets. En effet, il suffit de regarder la courbe d'âge des licenciés fédéraux pour s'en rendre compte. Et cette décision ne va pas nous aider à le faire.  

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