19:33 26 avr

De l’or, et du bronze qui vaut de l’or

Bilan de la 2e journée des championnats d’Europe

 

 

 

 

Clarisse Agbegnenou emporte son premier titre européen / Emmanuel Charlot

Clarisse Agbegnenou (-63 kg) n’a pas raté l’occasion de concrétiser sa domination des derniers mois par une première grande médaille d’or seniors. Pierre Duprat (-73 kg) impressionne une nouvelle fois et s’installe en réel concurrent pour Ugo Legrand. Les Géorgiens en sont déjà à quatre finales en quatre catégories… et trois médailles d’or ! La première place des nations se joue demain entre la Géorgie et la France.

Les Français du jour : Clarisse Agbegnenou (-63 kg) amène la deuxième médaille d’or française. Pierre Duprat (-73 kg), exceptionnel, et Loic Pietri (-81 kg), au courage, sont en bronze. Maelle Di Cintio (-63 kg) s’incline d’entrée sur la Russe Labazina (médaille d’argent), par étranglement. Fanny Estelle Posvite (-70 kg) est battue à son deuxième combat par Kim Polling (médaille d’or).

Il faut être clair, l’équipe qui impressionne le plus depuis deux jours… c’est l’équipe de Géorgie. Vainqueurs des deux catégories masculines hier, les Géorgiens étaient encore présents dans les deux finales aujourd’hui. Si seul l’exceptionnel Avtandil Tchrikishivili (-81 kg) l’emporte, Nugzari Tatalasvili (-73 kg), battu par l’infernal Slovène Rok Draksic, a été très impressionnant. Cette jeune génération qui s’est illustrée récemment dans les championnats juniors est en train de réussir un formidable positionnement en senior, d’autant que leur style plutôt classique tout en vivacité séduit. L’exemple du champion olympique de 20 ans Lasha Shavduatashvili inspire ses camarades…

 

Clarisse Agbegnenou, la deuxième fille en or

La seconde équipe qui impressionne, c’est l’équipe de France, en particulier par ses féminines. Comme Automne Pavia hier, Clarisse Agbegnenou (-63 kg) a tenu les promesses des tournois emportés cet hiver, Paris, Dusseldorf… Et comme pour Automne Pavia, ce ne fut pas si facile. Non pas que la catégorie ait été particulièrement dense, mais parce que la jeune combattante française affichait un peu moins d’impact, d’inspiration et de vista. Pression oblige, sans doute, car les larmes versées sur le podium montraient bien que cette première grande victoire, qui installe la jeune championne à la première marche de son panthéon personnelle chez les grandes, était décisive. Elle ne fut d’ailleurs pas vraiment contestée, même par la Russe Labazina en finale. Cette « étrangleuse » de haut niveau – la malheureuse Maelle Di Cintio fut sa première victime alors qu’elle menait le combat par deux belles attaques debout – n’eut pas l’occasion de tester les progrès défensifs de la combattante d’Argenteuil au sol. Elle commettait l’erreur de lui laisser placer la main gauche en saisie sur le flanc, un « grip » que Clarisse adore. La seconde d’après, elle faisait un soleil monumental. Malgré cette déception, Labazina apporte une troisième médaille à l’équipe féminine russe qui se place en deuxième position derrière l’intouchable groupe des filles de France. De quoi faire sourire les entraîneurs français qui ont apporté leur expertise au groupe ces derniers mois.

 

Polling, c’est plus fort que toi

À l’aise sur un premier combat facile, la malheureuse Fanny Estelle Posvite était opposée ensuite à la révélation de Paris (et Dusseldorf ou encore Sofia) Kim Polling, qui lui passait sur le corps (d’un beau seoi-nage bien propre) avant d’aller jusqu’en finale battre d’un yuko sa rivale Linda Bolder, victorieuse pour sa part du Grand Chelem de Tokyo. Kim Polling est désormais la leader d’Europe – et sans doute du monde – dans cette catégorie des -70 kg, préemptés désormais par les Pays-Bas. Bolder - Polling, un duo qui va faire mal dans les quatre ans qui viennent. 

 

Pietri au courage

Si Loic Pietri parut d’emblée dans un jour moyen, ce que ses moues dubitatives à la sortie du combat semblaient confirmer, le vaillant champion du monde juniors 2009 a un atout qui ne fait jamais défaut : son courage. Moins précis, moins intense que dans ses meilleurs moments, il a néanmoins été capable de mettre du rythme, finissant le plus souvent par trouver la faille sur son seoi-nage. Le Tchèque Musil, le Letton Ovchinnikovs finir par céder. Mais, il ne parvint cependant pas au rendez fixé par le Géorgien Tchrikishivili, lequel l’avait battu à Dusseldorf. C’est le Belge Joachim Bottieau qui allait le priver de ce bon moment d’une pénalité fatidique. Armé d’une condition physique d’enfer, mobile et concentré sur l’esquive et le rythme d’attaque – même mauvaises – Bottieau est, comme le Slovène Draksic un ton au-dessus, le prototype de combattant que les nouvelles règles (ou leur interprétation actuelle) semblent porter en avant. À la fois marathoniens et tacticiens, ils ne cherchent pas tellement le beau geste, mais finissent parfois par projeter en profitant de la pression désordonnée de l’adversaire qui cherche à poser ses mains. Un modèle qui n’est pas sans mérite, mais la question mérite d’être posée : est-ce le genre de représentant que le judo international souhaite ? Il faut néanmoins reconnaître la lente, mais sûre montée en puissance de Joachim Bottieau. Finaliste cette année, il était déjà troisième l’année dernière.

Remonté, Loic Pietri ne laissera pas une occasion au jeune Russe Vorobev en place de trois. Alignant les attaques sauvages dans la première partie du combat en ura-nage et autres seoi-nage à la coréenne, il gérera jusqu’à la fin son waza-ari et son yuko d’avance. Pour Pietri aussi, cette première médaille senior est très importante. Et elle prend tout son sens quand on se souvient que le dernier médaillé européen de la catégorie, c’est… Djamel Bouras, en 1999.

 

Duprat, du bois dont on fait les champions

On craignait pour lui son second combat contre le héros local, l’insupportable Miklos Ungvari, un palmarès long comme le bras et quelques belles séquences d’attaque, mais un judo trop calculé, pour être plaisant… Monté depuis sa finale olympique dans la catégorie des -73 kg, il comptait bien faire parler son expérience. Elle parla effectivement, mais Duprat allait lui clouer le bec d’un uchi-mata makikomi rageur, alors qu’il était mené du terrible shido d’avance. Le combat suivant contre le Géorgien Zebeda Rekhviashvili, 3e des championnats du monde juniors 2010, allait être très intense aussi, ponctué une nouvelle fois par uchi-mata au golden score. C’était un peu trop de dépense d’énergie physique et mentale pour faire face ensuite à l’impact du lapin mécanique slovène Rok Draksic, qui avait sorti de son côté le Néerlandais Elmont et le Russe Mogushkov (en petite forme). Irrésistible par son rythme, agaçant par son style tactique, Draksic est un poison à combattre. Impossible à saisir à deux mains – ce qui ne gêne pas les arbitres a-priori – il gagnait la bataille des pénalités et laissait Duprat à la porte de la finale. Comme Pietri en -81 kg, le jeune champion de France de la catégorie des -73 kg allait se payer sa médaille de bronze sur le dos de l’équipe russe en battant très nettement Murat Kodzokov et ses incessants o-soto-makikomi en garde croisée. Habitués à placer leurs combattants sur les podiums quand ils ne récoltent pas l’or, les Russes peuvent faire la grimace. Deux jeunes Français viennent de s’intercaler, donnant un caractère collectif à la belle dynamique lancée par les -66 kg hier. On attend désormais Iddir (-90 kg), Maret (-100 kg) et un certain Riner (+100 kg) pour donner les reflets de l’or à cette collection de quatre médailles masculines pour la France, déjà, une réussite d’ensemble dont l’ampleur n’avait plus été atteinte depuis… 2001 (cinq médailles masculines). Six médailles pour neuf engagés, ce serait un très beau score. Sept, ce serait l’annonce d’une très belle équipe pour l’olympiade Rio 2014.

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