9:41 20 oct

CM juniors 2019 - J4 - La belle détermination de Durand

Troisième médaille française, le Japon termine parfaitement

Déjà le dernier jour de ces ultimes championnats du monde juniors de l’olympiade ici à Marrakech.
Pour conclure, quatre catégories (-78kg, +78kg, 100kg et +100kg). Côté Français, six engagés dont la médaillée de bronze Assia Said Errhamani et la championne d’Europe Léa Fontaine en +78kg. Mais ce samedi, c’est Tahina Durand qui réussit à tirer les marrons du feu en claquant une médaille de bronze en +78kg lors d’un duel franco-français. Troisième podium féminin tricolore.
Le fait du jour ? Le carton plein japonais avec quatre titres (!) en autant de catégories. Ce samedi le pays du Soleil Levant a « tué le game », alors que c’était la Géorgie qui menait hier soir. La surprise du jour ? L’élimination de Gela Zaalishvili. Champion du monde en titre en +100kg, champion d’Europe et nouvelle terreur du circuit seniors, le Géorgien ne voit pas le deuxième tour, la faute à une suffisance coupable.


Durand a pris sa revanche des Europe
La situation est plutôt rare : deux Françaises se retrouver en effet pour une médaille de bronze mondiale juniors. Vers 17h, sur le tapis n°1, Tahina Durand (Blanc Mesnil Sport Judo) en blanc et Léa Fontaine (SGS Judo) en bleu. Pas de coachs nationaux évidemment sur les chaises. Du coup, les entraîneurs de club prenaient le relais dans les tribunes . Achour Abdelmoumene pour Durand, Laurent Bosch et presque tout le staff génofévain (Pascal Renault, le président, Celso Martins et Edouard Gingreau) pour Fontaine. Remake de la finale des championnats de France juniors de mars, c’est Fontaine qui lance les premières attaques. Des uchi-mata sans vrai contrôle mais suffisants pour faire pénaliser Durand, en retard dans les initiatives. C’est pourtant elle qui lance la première attaque franche et forte : un o-soto-gari à droite qui déroule Fontaine pour ippon ! La championne d’Europe juniors en titre, reste alors allongée, hagarde. Durand, elle, se regarde les photographes les yeux remplis d’émotion. Des deux +78kg, ce n’est elle qui avait les faveurs des pronostics pour un podium ce samedi. Mais c’est bien Tahina Durand qui fait la meilleure journée, déterminée à prendre sa revanche des championnats d’Europe, comme elle l’expliquait avec un large sourire à la descente du podium. Battue au premier tour en Finlande, la judokate du BMSJ s’est montrée combative, acharnée, dure au mal avec un tani-otoshi qui a fait mouche au moins deux fois dans la journée. Seule la Japonaise Ruri Takahashi aura eu raison de la vice-championne de France en 1/8e de finale qui a eu le mérite de se battre constamment en maximisant ses qualités à chaque combat.
Léa Fontaine, fut, à l’inverse dans un jour « sans ». Lente au kumikata, en difficulté face aux gauchères, sans dynamisme, on avait du mal à reconnaître celle qui avait fait si forte impression à Vantaa il y a un mois en gagnant tous ses combats avec de la maîtrise et de belles projections.
« On a vu ses limites aujourd’hui. Mais il ne faut pas oublier qu’elle n’est que junior 1re année » analysait et pondérait un entraîneur national.
En -78kg, Assia Said Errhamani, vice-championne d’Europe en titre, ressentira sans doute pas mal de frustration ce soir. Victorieuse sans trembler de la Chinoise Zhao au premier tour, elle s’offrait une grosse baston en 1/8e avec la Croate Pavic, qui n’attendait qu’une chose : contrer les mouvements d’épaule de la Française. Un scénario de combat assez linéaire se mettait alors en place : attaque de la Française, tentative de contre de Pavic. Mais après une minute de golden score, la Croate changeait son schéma en esquivant l’attaque de Said Errhamani pour lancer un yoko-guruma que la table déclarait valable alors que la judokate des Balkans donnait l’impression d’être au sol.

Lomidze, encourageant...et frustrant
Luka Lomidze (Club Hauts de France Judo) aura, lui sans doute des regrets. Blessé sérieusement à l’annulaire gauche en début de journée, sa main directrice, le Français ne pourra alors défendre à 100 % ses chances qui plus est face au meilleur de la catégorie des +100kg. En demi-finale, face au Japonais Matsumura, le doigt se raidit totalement à nouveau sur la première séquence au kumikata. Pour le bronze, face au médaillé mondial seniors 2019, le Coréen Kim, la douleur se fait sentir après une minute de combat. Dommage car Lomidze avait jusque là fait son bonhomme de chemin en montrant de belles choses : très précis au kumikata, le triple médaillé national possède dans son arsenal technique un ko-soto-gari en un ou deux temps très déstabilisant, tout comme un tai-otoshi classique qui mettait par deux fois l’Américain Konoval sur la tranche au premier tour. Malmené physiquement par le colosse algérien Hached, Lomidze trouve la solution au sol avec un koshi-jime. Si il prend sa revanche des Europe face à l’Ukrainien Balyevskyy en 1/4 de finale, il ne peut jouer sa chance à fond face au Japonais et au Coréen. Dommage, car on sentait Lomidze bien dans sa compétition. Il finit donc finalement cinquième.
L’autre Français de la catégorie, Tieman Diaby (AJA Paris XX), est éliminé d’entrée face à l’Ouzbek Bakhtiyorov. Une défaite qui sanctionne un manque cruel d’attaques dans le combat.
En -100kg, Tanou Keita (PSG Judo) passe aisément le premier tour face au modeste Chilien Hernandez avec un waza-ari d’entrée sur uchi-mata. Bien rentré dans son second combat, le champion de France subit une anticipation bien senti du Slovaque Fizel qui pique le Parisien au sol sur une tentative de sumi-gaeshi de ce dernier.


Impérial Japon, Zaalishivili tombe de haut
Ce samedi matin, le Japon pointait à la seconde place du classement des médailles, devancée par une Géorgie reine du vendredi. Se dirigeait-on vers une fait majeur, à savoir la perte de leadership mondial du pays du Soleil-Levant dans cette catégorie d’âge ? Et bien non, le pays du Soleil-Levant répondant de manière tout simplement parfaite en s’adjugeant les quatre titres du jour !
Chez les masculins, le +100kg Matsumura créé la sensation de la matinée en catapultant sur le dos la star du jour, le Géorgien Gela Zaalishivili. Sur la première séquence de combat !
Très tranquille, ce +100kg de l’université de Tokai, attaque peu mais attaque fort avec son uchi-mata à droite comme il le prouvera en demi-finale face à Lomidze et en finale face à l’Allemand Abramov, face auquel le Nippon laisse passer l’orage pour mieux planter le médaillé de bronze de Nassau l’année dernière. Dans cette catégorie, en place de troisième, le Hongrois Sipocz claque un superbe uchi-mata en position statique, en mode démonstration technique.

En +78kg, la Japonaise Takahashi monte sur la première marche du podium, bien aidé par un arbitrage zélé, sanctionnant sévèrement la Coréenne Kim, 2e au GP d’Ouzbékistan il y peu et 3e au GC d’Allemagne l’année dernière. Car c’est bien la judokate du Pays du Matin-Calme qui dominait les débats, menant d’un waza-ari grâce à son ippon-seoi-nage à gauche. Mais sur une attaque mal maîtrisée plus qu’une fausse attaque délibérée, le couperet tombait : troisième pénalité. Un arbitrage qui avait déjà fait tiqué quelques minutes plus tôt sur le combat entre la Hollandaise Kamps et la Turque Esir, la première projetant la seconde, l’arbitre central annonçant ippon, puis déjugé par les superviseurs, waza-ari, oubliant d’annoncer l’osae-komi de la Hollandaise qui ne comprenait plus rien et relâchait tout. Heureusement, cela fut sans conséquence sur le résultat final.
En -78kg, c’est Rinoko Wada qui à la Hollandaise Van Harselaar, devenant par la même occasion double championne du monde juniors après son sacre l’année dernière aux Bahamas. Une judokate dont on entendra parler lors de la prochaine olympiade, c’est sûr.
Dans cette même catégorie, une mention spéciale à la Russe Kariakana qui met une des « ippon du jour » avec un okuri-ashi-barai terrible contre l’Allemande Igl.
Enfin chez les -100kg, Kazunari Kamigaki offre la finale la plus haletante du jour face au Géorgien Sulamanidze. Menant waza-ari sur o-uchi-gari, le Japonais ne voit venir le ippon-seoi-nage à gauche du champion d’Europe en titre à sept secondes de la fin du temps réglementaire. Piqué, le Nippon place alors un hiza-guruma définitif.

Ce matin, à l’échauffement, Lasha Gujejiani nous expliquait qu’un troisième titre masculin ce samedi offrirait un record, elle qui n’avait remporté que deux titres garçons au maximum. Avec Ilia Sulamanidze et surtout Gela Zaalishivili en piste, le sympathique coach géorgien avait très bon espoir, même si il se méfiait beaucoup du jeune Coréen Kim, médaillé à Tokyo.
Enorme douche froide avec un Zaalishivili tout simplement trop suffisant, à l’image, à un degré moindre tout de même, de Tato Grigalshvili hier. A la fin de la journée, on apprenait que le champion du monde juniors en titre et récent vainqueur du GP de Croatie, n’avait pas jugé utile de s’échauffer. Arrivé sur le tatami n°2 comme à l’entraînement, il lançait une attaque indigne de ce qu’on connaît de ce très bon judoka. Punition immédiate avec un ura-nage du Japonais Takahashi.
Pas de titre et donc pas de record pour l’équipe géorgienne masculine. La soufflante de Gujejiani à son poulain en salle d’échauffement après cet échec fut, parait-il, tonitruante.

Le Japon 
Avec six titres, dont quatre gagnés aujourd'hui, le Japon domine, finalement, nettement cette compétition, finissant avec onze médailles au total (deux argent et trois bronze). Deuxième place pour la Géorgie et ses trois titres pour cinq médailles (une argent et une bronze). Troisième place pour la Russie avec quatre médailles dont le titre en -60kg et trois d'argent. La Hongrie réalise une excellente compétition avec quatre médailles dont le titre en -63kg. La France termine à la neuvième place avec l'argent de Boukli en -48kg et le bronze de Féréol et Durand. 

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