18:06 17 oct

CM juniors 2019 – J2 - Le bon coup d'Ozbas et Liparteliani

Pas de médaille française, l'Europe revient dans la course

Deuxième jour des Monde juniors ici à Marrakech. Alors que l’équipe moldave pose devant l’immense podium pour fêter le bronze de Victor Sterpu en -73kg (rappelons que le garçon est champion d’Europe en titre), qu’un bénévole s’affaire à changer les lettres du « Marrakech 2019 » sur les trois tapis, que retenir de ce jeudi et de ses trois catégories (-57kg et 63kg pour les filles, 73kg pour les garçons) ? En fait, que ce fut une journée assez terne. Bien sûr parce que les trois Tricolores du jour, Ophélie Vellozzi, Ambre Saba et Rania Drid se sont arrêtées rapidement. Mais surtout parce le spectacle, l’intensité, l’excitation de combats « chauds » et de (très) haut niveau furent quasi-absents.

Eliminations précoces pour les Françaises
Après l’argent de Shirine Boukli hier, journée blanche pour l’équipe de France. Pas de -73kg tricolore. Du coup, aujourd’hui le mot d’ordre était : « tous derrière les filles ! ». Première Française du jour sur le tatami, Rania Drid (JC Monaco) en -63kg. Face à la Mongole Tsog-Ochir, la Française, combative et dangereuse sur ses tentatives d’o-uchi-gari, profitait d’une attaque au corps-à-corps maladroite de son adversaire pour tourner les hanches et lancer un uchi-mata qui montait les jambes de la Mongole au plafond du chapiteau. Mais l’aventure de la Monégasque s’arrêtait au tour suivant. Il faut dire qu’elle avait gagné la jackpot au tirage avec la Hongroise Ozbas, championne d’Europe en titre et future championne du monde quelques heures plus tard. La Française n’arrivait pas à toucher le judogi de la Magyare qui lançait dans la première minute un eri-seoi-nage à gauche à toute vitesse qui déroulait Drid. Dans la catégorie inférieure, Ophélie Vellozzi (PSG Judo) débutait avec d’excellentes intentions face à la Slovène Kajzer, en bronze l’année dernière à Nassau et 2e au Grand Prix de Turquie, début avril. Première au kumikata, elle lançait un uchi-mata à quasiment 180° en bordure mais la Slovène arrivait tout de même sur le ventre. Puis, peu à peu, la Française fut en retard sur les mains et, comme cela arrive souvent dans ce cas, dans les initiatives. Non pas que Kajzer fut très dangereuse. Mais c’est elle qui attaquait. Résultat, les pénalités montaient, inexorablement, jusqu’au hansokumake. Même résultat pour Ambre Saba (AJ Limoges) face à la Brésilienne Andrade, 5e aux Bahamas en 2018 et vainqueur du tournoi juniors de Berlin fin juillet. Une judokate carioca qui tournait le dos à peine les deux mains posées et face à laquelle la championne de France 2019 ne trouvait pas la solution tactique. La Limougeaude était pourtant rentrée comme il fallait dans sa compétition, battant la Jordanienne Elalmi sur un enchaînement sumi-gaeshi/hon-gesa-gatame.
Demain quatre Français seront en lice : Giga Abuashvili en -81kg, Eniel Caroly et Francis Damier en -90kg et Morgane Féréol en -70kg.

Ozbas et Liparteliani sur les cimes européennes et mondiales
L’une est junior 1re année, l’autre troisième. La première, Szofi Ozbas est du style « usante » avec des attaques incessantes et très variées, allant du o-goshi, comme en demi-finale face à la Tchèque Zachova, au ko uchi gake, comme en finale, face à la Serbe Obradovic (qui prendra d’ailleurs un troisième shido pour s’être rattachée trop de fois les cheveux). Le tout avec une vraie aisance en ne-waza (une tradition dans le judo hongrois). La seconde fait du judo « made in Georgia » : hikkokomi-gaeshi face à la Coréenne Huh en demi, arraché de face contre la Japonaise Hakamata en finale. Du puissant, du moelleux. Deux jeunes femmes qui font donc, en un mois, le doublé Europe/Monde et qui permettent à l’Europe de dominer ce jeudi. Mention spéciale à Ozbas et sa précocité, puisqu'elle pourra encore défendre son titre en 2021 !  
Dans un bloc final lors duquel on ne se sera pas franchement régalé, il faut noter et apprécier la superbe combinaison de la Kosovare Fazliu qui enfonce la Tchèque Zachova sur un o-soto-gari/nidan ko-uchi-gari qui permet au pays de Majlinda Kelmendi d’obtenir une nouvelle médaille mondial avec une nouvelle combattante. Bluffant. 

Somon Makhmadbekov, dans la droite ligne de Tokyo
Il offrit, face à l’Azéri Hidayat Heydarov, l’un des combats les plus intenses des championnats du monde seniors. Un duel de 11’45 pour le bronze mondial que, finalement, il perdit. Mais sa journée laissait penser qu’on allait sans aucun doute entendre reparler du garçon. Bingo ! Ce Tadjik a dépoté toute la journée, avec un panel technique très intéressant. Fait notable, le garçon aime le ne-waza. Pas franchement dans les habitudes des combattants de cette région du monde. En demi-finale, il place un uchi-mata très propre à l’Autrichein Gassner en moins de trente secondes. En finale, il contre la tentative d’arraché du Russe Elbakiev avec un vrai sens de l’équilibre. Une finale de costauds puisque le Russe gagne le Grand Prix de Hongrie cet été. Mais dans une opposition gaucher/gaucher, ce dernier ne trouvera qu’une fois l’opportunité de lancer - sans succès - son arme unique et fatale, un uchi-mata qui lui avait permis de passer l’obstacle Victor Sterpu (voir plus haut) en 1/4 de finale.
Un podium d’hommes forts auquel il faut rajouter l’Italien Mella, mais qui, toutefois, paraît en-deça en terme de potentiels à ce qu'on avait pu voir à Zagreb il y a deux ans par exemple. En effet, on a jamais atteint aujourd’hui l'énorme demi-finale offerte par Hidayat Heydarov et Tato Grigalashvili ou la finale de Nassau, l’année dernière, entre le Japonais Ryo Tsukamoto et le Turc Bilel Ciloglu.
Ce soir on maugréera un peu le tirage, qui oblige ce Japonais, vice-champion du monde 2018 donc et le Russe Makhmadbek Makhmadbekov, 3e aux championnats d’Europe, à se rencontrer dès le second tour. Et un peu l’arbitrage, qui élimine ce Russe, peut-être moins « tueur » mais plus complet que son compatriote (uchi-mata, ne-waza, kata-guruma) en 1/8e de finale face au Chypriote Matsoukatov. Ce dernier choisit de croiser systématiquement à chaque début de séquence pour attaquer en mae-sutemi-waza. Impossible donc pour Makhmadbekov de poser ses mains pour faire une attaque très forte. Or, avec un arbitrage privilégiant l’activité, le Russe prenait trois pénalités en deux temps trois mouvements. Enervant.

Le Japon ne creuse pas l’écart
Avec deux médailles ce jeudi (l’argent pour Hakamata, le bronze pour Ura en 63kg, seconde médaille mondiale pour elle après Nassau), le Japon engrange mais n’assomme pas la compétition comme il le fait quasi-systématiquement. La Russie, avec l’argent d’Elbakiev, passe à la seconde place, elle qui a déjà un titre avec le magnifique Simeonidis. Le Tadjikistan, la Hongrie et la Géorgie rentrent dans le classement avec un titre. Ce n’est peut-être (sans doute !) pas fini pour le pays à la Croix de Saint-Georges puisque demain entrent en scène ses stars : Tato Grigalashvili et Vladimir Akhalkatsi en -81kg, 1er et 2e à Vantaa il y a un mois et le guerrier absolu Lasha Bekauri en -90kg, champion du monde en titre et champion d’Europe lui aussi. Excitant.

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