18:13 16 oct

CM juniors 2019 - J1 - Boukli, l'argent de la constance

le Japon talonné par le Brésil

Après Zagreb (Croatie) et Nassau (Bahamas), c’est Marrakech (Maroc) qui accueillait les derniers championnats du monde juniors de l’olympiade. Même salle que pour les championnats du monde vétérans : un chapiteau tout en longueur, planté en face de l’hôtel Mogador Kasbah dans un quartier hôtelier et résidentiel sorti de terre depuis peu, et au-dessus duquel on entend régulièrement des avions passer, dans un vrombissement quasi assourdissant. Trois tapis pour quatre catégories ce mercredi : -48kg et -52kg côté féminin ; -60kg et -66kg côté masculin. Chez les Français, quatre engagés à parité dont Shirine Boukli (FLAM 91), solide vice-championne d’Europe en Finlande il y a un mois en -48kg, et Benjamin Gomes (AJA Paris XX), en bronze chez les -66kg. Boukli qui réitère ce résultat, mais cette fois-ci au niveau mondial après une journée où elle aura fait montre d’une remarquable lucidité dans le respect de ses schémas de combat. Et sinon ? Le Japon est déjà en tête avec quatre médailles dont le titre de Wakana Koga - bourreau de la Française - mais talonné par le Brésil et ses trois médailles dont le titre de Willian Lima en -66kg. Une mention spéciale ? Elle va au Russe Konstantin Simeonidis, champion du monde en -60kg dans un style excitant et finalement très judo de relâchement/explosivité.


Boukli, valeur sûre


Shirine Boukli, tout sourire sur le podium mondial. Crédit photo : L'Esprit du Judo

Elle était l’une des plus crédibles chances de médaille du clan français après son podium continental. Toutefois, avec la présence des deux Kazakhstanaises, Tynbayeva et Nauatbek (n°1 et 5 mondiales) et de la Brésilienne Laura Ferrera (n°2), on se disait que l’accession à ce podium mondial serait un chemin ardu à traverser. Plutôt épargnée au tirage, Shirine Boukli était dans le dur dès le premier combat face à la Colombienne Lasso, la faute à un engorgement récurrent des jambes et des avant-bras lors de ses premiers combats expliquait-elle à la descente du podium, dans une analyse « à chaud » de sa journée pleine de pertinence et de recul. Elle passait finalement au golden score, avant de contrer la Marocaine Eddinari et ainsi retrouver la Japonaise Watanabe en quart de finale. Très à l’aise en gauche/droite, la Française, sur la deuxième séquence, plaçait l’un des mouvements de la journée avec un uchi-mata-sukashi tout simplement parfait ! En demi-finale, elle s’imposait à la Turque Beder, toute en posture face à une adversaire lui ayant marqué un (peu évident) waza-ari avant d’adopter une défense excessive qui la faisait sortir en dehors du carré jaune pour une troisième pénalité. Seule Wakana Koga trouvera finalement la solution face à la Tricolore avec un o-uchi-gari à gauche très bas (presque à genoux), bloquant la cheville puis poussant son adversaire sur le dos.
Bien rentrée dans son combat, la Française confiait n’avoir finalement pas vraiment de regrets, dans ce remake de la finale du tournoi juniors d’Aix en Provence il y a presque un an comme le faisait remarquer son entraîneur de club, Florent Urani.
Aujourd’hui, Shirine Boukli boucle d’une fort belle manière ses années juniors et une saison quasi parfaite : championne de France seniors première division 2018, championne de France, vice-championne d'Europe et donc vice-championne du monde juniors. De quoi être plutôt satisfaite ! Ce qui frappe chez cette judokate très performante depuis les cadettes, c’est une constante presque intransigeante à respecter les schémas tactiques mis en place lors de ses combats. Les moments faibles, ceux où la déconcentration se paie cash à ce niveau ? Elle ne connaît pas. Du moins pas ce mercredi. Aujourd’hui, la Française n’a pas fait d’erreur, n’a laissé aucune opportunité, ou presque, à ses adversaires pour la mettre en danger. Dans ses oppositions contre des gauchères (les deux Japonaises entre autres) Boukli a montré, en outre, un sens de l’anticipation félin ne cédant que face au « spécial » de Wakana Koga. Shirine Boukli ? Du solide et du sûr.

L’autre féminine du jour, c’était Léonie Gonzalez (Stade Bordelais), junior 1re année et vice-championne de France, dans une catégorie orpheline de Faiza Mokdar, championne d’Europe il y a un mois. La Bordelaise attaque sa compétition sans se poser de question, avec ses tentatives d’uchi-mata. Finalement, elle profite d’une mauvaise attaque de la Kazakh Yernazar pour la pousser sur le dos et l’immobiliser. Mais en 1/8e Gonzalez n’a pas le temps de rentrer dans son combat que la Taiwanaise Hsu lui place un retournement avec blocage du bras en ude-garami. Une combattante asiatique qui ira jusqu’en finale pour l’une des surprises du jour.
Chez les masculins, même scénario pour Benjamin Gomes (AJA Paris XX), médaillé de bronze à Vantaa. Pas heureux au tirage, il prenait le Japonais Takeoka dès le 1er tour ! Ce dernier finira finalement vice-champion du monde, battant le Français sur tani-otoshi et morote-seoi-nage. Israil Dakayev (PSG Judo) passe un tour, battant avec son spécial au sol (un sode-guruma se finissant soit en immobilisation soit en étranglement) l’Egyptien Mustafa avant de céder aux pénalités, par manque de rythme ?, durant le golden score face au Moldave Latisev.

Simeonidis, dans la lignée de Galstyan et Mudranov ?
Il n’avait pas été aligné aux championnats d’Europe. Ce mercredi, Konstantin Simeonidis a donné raison à Kamal Khan-Magomedov et Kirill Voprosov, les deux entraîneurs masculins russes dans leurs choix de sélection.
Nonchalant à la limite de l’indolence au début de chaque séquence, Simeonidis a pourtant planté avec un impact terrible tout le monde ce mercredi. Difficile de ne pas faire la comparaison avec le dernier champion olympique russe Beslan Mudranov pour cette attitude piégeuse, passant du relâchement à l’explosivité à une vitesse supersonique. Aujourd’hui, le -60kg a habitué ses adversaires à des mouvements d’épaule dangereux (morote à droite et à gauche) pour mieux les surprendre sur un ippon-seoi-nage/o-soto-gari plus rapide qu’un Mig dont le Turkmène Jumayev en demi-finale, et l’Azéri Yusifov, en finale, en ont été les victimes. Très fort !


Konstantin Simeonidis dans ses oeuvre. Il est champion du monde -60kg. Crédit photo : L'Esprit du Judo

Junior troisième année, il faudra suivre de près ce -60kg durant l’olympiade vers Paris. Pour un destin à la Arsen Galstyan (champion du monde juniors 2008 en Thailande et champion olympique en 2012) ?

Le Japon talonné par le Brésil
Junior 1re année, Wakana Koga, vainqueur du GP du Canada en juin, ouvre le compteur nippon dans une catégorie qui verra certaines têtes de série tomber rapidement dont la pépite russe Irena Khubulova, étranglée avec précision par la Britannique Bobrowska dès le premier tour. En argent, le 66kg, Takeshi Takaoka. Un judoka dont c’était la première compétition international sur le circuit IJF juniors...tout comme pour son compatriote en bronze en 60kg, Ken Suematsu. C’est dire le niveau national japonais dans cette catégorie d’âge. Dernière médaille (en bronze) pour la -52kg Ayumi Kawada. Une équipe « B » japonaise ce mercredi puisque le pays du Soleil-Levant aurait pu aligner Sana Yoshida en -48kg (vice-championne du monde l’année dernière à Nassau derrière Daria Bilodid), Ryoko Takeda (championne du monde aux Bahamas) et Uta Abe en -52kg et Yuji Aida en -66kg (3e aux Monde juniors 2018).
Immédiatement derrière, le Brésil réalise également une belle journée avec le titre de Willian Lima en 66kg, très solide avec son morote-seoi-nage, le bronze pour Michael Marcelino (il était vice-champion du monde l’année dernière) et Larissa Pimenta en 52kg, l’une des favorites du jour. Une catégorie dans laquelle c’est la Mongole Lkhavasuren qui perfore toutes ses adversaires avec son kata-guruma.

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