4:09 19 oct

CM juniors 2018 (J2) - Cysique, un cap définitivement franchi

La -57kg remporte l'argent, Mokdar et Marcus-Tabellion cinquièmes en -52kg

Avec les quatre médaillées européennes féminines en lice ce jeudi à Nassau, la France abattait ses cartes majeures dans cette partie mondiale et toujours plus concurrentielle à la médaille. Au final, seule Sarah-Léonie Cysique finira cette journée avec une (belle) médaille d'argent autour du cou. Une journée, mélange de satisfaction, de frustration et de déception pour l'équipe de France puisque les deux judokates tricolores engagées en -52kg, Faiza Mokdar et Coraline Marcus-Tabellion, finissent au pied du podium. 
De son côté, le Japon continue, telle son équipe seniors il y a trois semaines à Bakou, à engranger titres et médailles pour chacun de ses représentants. Ce jeudi, cinq podiums dont deux titres pour le Pays du Soleil-Levant. Et déjà dix médailles pour les protégées d'Ayumi Tanimoto et Hidekazu Shoda. Un horizon déjà inatteignable pour les autres nations.
L'Italie et la Turquie, enfin, ouvrent leur compteur grâce à deux combattants attendus aujourd'hui, Manuele Lombardo et Bilal Ciloglu, désormais champions du monde juniors -66kg et -73kg. Une catégorie des -66kg particulièrement féroce et impressionnante par le niveau affiché.


Sarah-Léonie Cysique, vice-championne du monde juniors -57kg. Crédit photo : EDJ

L'argent d'une saison aboutie
Championne d'Europe pleine d'autorité il y a un mois à Sofia, Sarah-Léonie Cysique clôt, avec cette médaille d'argent mondiale, une saison qui l'a vue prendre une autre dimension. Championne de France seniors 1re division, médaillée en Grand Chelem (c'était à Düsseldorf en février), 5e des championnats d'Europe (à Tel-Aviv fin avril) et désormais médaillée mondiale juniors, la judokate de l'ACBB Judo confirme ainsi qu'elle sera une prétendante très sérieuse pour Tokyo dans deux ans. Alors certes, le titre n'est pas au bout. Une déception ? Incontestablement. Car Cysique fut celle qui posa le plus de problème à la Japonaise Haruka Funakubo, prétendante à une troisième couronne mondiale juniors (après 2015 et 2017), déjà performante à l'étage supérieur (victorieuse cette saison de l'Open de Rome en février et 3au très dense Grand Prix de Croatie fin juillet) et tombeuse de l'autre Française de la catégorie dès le deuxième tour, Maryline Louis-Sidney (Nice Judo). En effet, la Tricolore faillit bien trouver la faille sur un fort sasae... Avant que, sur l'action qui suivit immédiatement, Funakubo n'arrive à placer son ko-uchi-gari parfaitement suivi en immobilisation. Un duel de gauchère (Cysique)/droitière (Funakubo) et d'ashi-waza (ko-uchi-gari/o-uchi-gari pour la Japonaise, uchi-mata et sasae pour la Française) pour une finale de haut vol au niveau tactique.
La protégée de Fernando Blazquez ne succèdera donc pas à Amandine Buchard, dernière championne du monde juniors féminine (c'était à Miami en 2014 en -52kg). Mais Cysique peut tourner la page des juniors avec fierté et satisfaction. Son ultime production internationale dans cette catégorie d'âge a prouvé une nouvelle fois qu'elle maîtrisait de mieux en mieux son sujet avec un système d'attaque tournant autour d'un uchi-mata létal dont a été victime en demi-finale l'autre Japonaise du jour, Kana Tomizawa. Une judokate, passée par le pôle France de Strasbourg, qui impacte fort et sent bien les coups, à l'image d'un superbe tsubame-gaeshi suivi en clé de bras face à la Serbe Perisic.
Voilà donc Sarah-Léonie Cysique médaillée mondiale juniors, récompense logique d'une progression évidente cette saison et argument de poids pour de futures sélections sur ce qui se fait de mieux sur le circuit seniors. 

Mokdar et Marcus-Tabellion au pied du podium
Championne d'Europe elle aussi en Bulgarie, mais fait notable, en étant que cadette 3année, Faiza Mokdar (PSG Judo) termine aujourd'hui sur les tapis bahaméens au pied du podium. Une frustration partagée avec l'autre -52kg de la catégorie, Coraline Marcus-Tabellion, en bronze à Sofia. Toutes les deux perdent en quart de finale : face à la Japonaise de la catégorie, Faiza Mokdar réalise un combat plein et d'une grosse intensité, mettant son adversaire en danger sur son ippon-seoi-nage à droite. Rien n'est marqué durant les quatre premières minutes. Mais après une 1'29 de golden score, Takeda lance un ippon-seoi-nage à droite en garde à gauche qui surprend Mokdar. En repêchages, la championne de France cadettes et juniors 2018 commence par dominer la Roumaine Riciu qui cherche le corps-à-corps avec sa main gauche au flanc. Trouvant bien la distance, la Française est au-dessus, si ce n'est au score au moins sur les initiatives. Mais sur une tentative d'uchi-mata, la Roumaine tourne ce qu'il faut de hanche pour contrer la Française. 
Une Roumaine qui aura accroché le scalp des deux Tricolores de la caté puisque c'est elle qui bat Marcus-Tabellion en quarts de finale sur un koshi-jime. Après avoir battu la Turque Korkmaz avec un joli uchi-mata pour se donner le droit à une médaille de bronze mondiale, la vice-championne de France 1re division 2016 subissait quasiement lors de la première séquence une prise d'opportunité diabolique de la Polonaise Kaleta qui partait à deux mille à l'heure en liaison debout-sol sur un travail en juji-gatame finalement concluant.
Doublement frustrant car, comme on dit, il y avait la place. 

Le Japon et le reste du monde
Cinq médailles par jour. C'est pour l'instant la récolte quotidienne nippone. Outre le troisième titre consécutif de Haruka Funakubo (une performance plutôt rare), Ryoko Takeda, tombeuse de Faiza Mokdar, devient elle aussi championne du monde juniors. Victorieuse à Saint-Pétersbourg cette année, l'étudiante de Ryukoku (l'université qui monte au sein du judo féminin nippon) s'offre sa seconde couronne mondiale après le titre cadets en 2015 (en -57kg).
Battue par Cysique, Kana Tomizawa finit en bronze. Junior 2année, elle a été championne du monde cadette 2015 (en -52kg). Chez les garçons, Ryo Tsukamoto croyait sans doute remporter le titre en -73kg. Très gêné par les longs bras et la posture très orientée du Tuc Bilal Ciloglu, vice-champion du monde en titre et déjà 3aux championnats d'Europe seniors fin avril, le judoka de Nittaidai trouvait un trou de souris pour passer sa hanche et lancer un uchi-mata compté waza-ari. Avant de finalement subir un énième sumi-gaeshi du Turc à quelques secondes du temps règlementaire qui le mettait sur la tranche. Prenant un gros coup au moral, le Japonais subissait la même attaque dès le début du golden score. Le dernier médaillé nippon ? Yuji Aida, qui termine en bronze chez les -66kg. 

Fratelli d'Italia 
Le clan italien l'a chanté à plein poumons dans un Ballroom Center à l'excellente acoustique. Car si l'hymne transalpin a retenti, c'est grâce à la victoire du judoka de l'Akiyama Settimo des frères Toniolo, Manuel Lombardo. Un jeune crack, à la grosse puissance physique et au judo techniquement varié (balayages, morote-seoi-nage, kata-guruma). Cinquième l'année dernière à Zagreb (il avait concassé le Japonais de la catégorie au 1er tour, plaçant un superbe de-ashi-barai), Lombardo réalise cette saison le doublé championnats d'Europe/championnats du monde. Déjà performant chez les seniors (il a gagné les Jeux méditerranéens), "Manu" venait pour le titre et rien d'autre. En finale, il surprend totalement le Brésilien Marcelino sur un kata-guruma aussi vif que bien enroulé. Un judoka carioca (vice-champion du monde cadets 2015 en -60kg) qu'il faudra aussi suivre avec attention : junior 2année, ce dernier a tout ce qu'il faut, et notamment un énorme uchi-mata à gauche, pour faire parler de lui rapidement. 


Manuel Lombardo, champion du monde -66kg. Crédit photo : EDJ

Une catégorie des -66kg à la densité franchement impressionnante puisqu'outre Lombardo et Marcelino, d'autres judokas ont montré leurs qualités à figurer plus ou moins rapidement dans le top mondial seniors : le Géorgien Niniashvili, le Japonais Aida et les Russes Naguchev (qui n'est que première année et finit cinquième ce jeudi) et Chopanov. Une caté qui a proposé des combats à l'engagement impresionnant comme celui entre Naguchev et Aida (pour le bronze) ou Aida et Niniashvili (en tableau). Des noms à retenir pour l'avenir. 

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