19:32 21 oct

CM juniors 2017 (J4) - La France en échec

Une médaille de bronze pour solde de tout compte

Ultime journée de la compétition individuelle avec les quatre catégories lourdes, ce samedi a clos avec les défaites rapides des trois engagés tricolores du jour, Chloé Dollin (-78kg, Nice Judo), Romane Dicko (+78kg, Randoris Club Villeneuve-le-Roi) et Guermann Andreev (-100kg, Nice Judo), une édition catastrophique sur le plan des résultats. Une seule médaille aux championnats du monde ? C'est de l'inédit, une unique médaille qui place cette édition croate, juste au dessus de la catastrophe suprême, le "crash" de Cali (Colombie) en 1998 (0 médaille) et, plus récemment, les modestes deux médailles de bronze ramenées du  Cap (Afrique du Sud) en 2011. La France finit 20e nation, derrière la Bosnie-Herzégovine et la République Dominicaine, d'une compétition écrasée de bout en bout par le Japon qui s'adjuge quatorze médailles dont huit titres, et sans forcer. L'Azerbaïdjan finit deuxième avec une équipe masculine qui impressionne et des féminines de plus en plus consistantes. La Russie est sur la troisième marche du podium avec un nouveau titre chez les lourds, après ceux de 2015 et de 2013. 

Pas de deuxième médaille française

© Emmanuel Charlot/EDJ - Akira Sone et Romane Dicko.

C'était, comme on dit, une finale avant la lettre. Un mauvais coup du tirage au sort (un de plus) puisque Romane Dicko, championne d'Europe titre alors qu'elle n'est que première année, retrouvait dès le premier tour l'une des deux Japonaises de la catégorie, Akira Sone... cadette troisième année. Un combat pendant lequel cette dernière maîtrisa la puissance de la Française avec son bras gauche à l'intérieur et ses tai-otoshi. Un schéma constant qui lui permit, après quelques tentatives, d'immobiliser la nouvelle pépite du judo féminin tricolore, laquelle s'est montrée très en difficulté sur le plan tactique face à cette combattante plus jeune qu'elle, mais déjà 36e mondiale en seniors, finaliste du Grand Chelem de Tokyo et troisième du Grand Prix de Düsseldorf.
L'autre Française du jour, Chloé Dollin, remportait son premier combat avec détermination contre la Biélorusse Kantsavaya. Pourtant menée très rapidement par son adversaire qui cherchait la victoire sur des arrachés et de gros mouvements de hanche, la Niçoise allait jusqu'au bout de son idée sur un uchi-mata ken-ken et se voyait récompensée par l'un des ippons du jour. Mais au deuxième tour, la médaillée de bronze aux championnats d'Europe 2017 subissait un ippon-seoi à droite de la combattante locale, la Croate Lea Gobec, aux côtés de Dollin sur la troisième marche du podium à Maribor il y a un mois. Un retard au tableau de marque qu'elle ne réussissait pas à rattraper. 
Seul masculin du jour, Guermann Andreev, jeune Russe naturalisé depuis quelques semaines, n'avait pas la tâche facile puisqu'il retrouvait d'emblée le Mongol Odbaatar, champion d'Asie juniors 2017. Mené d'un waza-ari sur uchi-mata, le double champion de France plaçait un superbe kata-guruma à cinquante secondes de la fin du combat, très proche de valoir ippon. Encouragé par ce temps fort qui le ramenait dans le combat, Andreev lançait alors trop vite un uchi-mata que son adversaire esquivait pour un sukashi suivi au sol...
C'est donc avec la seule médaille de bronze individuelle de Clémence Emé que la France termine cette épreuve individuelle. Pas de médaille masculine, une première depuis Le Cap. Demain, la France retrouvera le Brésil au premier tour pour tenter de conclure positivement des championnats du monde dont il va sans doute falloir rapidement tirer les leçons. 

Des finales masculines de haut niveau
Un samedi pendant lequel le Japon a continué d'engranger les titres avec la victoire au petit trot de Sone chez les lourdes, qui place un makikomi à sa compatriote Kodama en finale, et de Shiyu Umezu en -78kg sur le même modèle, désormais parfaitement identifiée, mais toujours imparable, de liaison debout-sol.
Le fait du jour : on a sans doute assisté aujourd'hui aux plus belles finales de ces quatre jours. En -100kg, L'Azerbaïdjanais Zelym Kotsoiev, 19 ans  — et déjà vainqueur des Universiades devant le Japonais Iida — trouve la faille sur un sumi-gaeshi dans les trente dernières secondes, alors qu'il était fortement malemené par le Russe Adamian, et le domine une nouvelle fois, comme en finale du championnat d'Europe juniors. Un combat explosif et indécis, d'un très haut niveau pour cette catégorie d'âge, entre deux combattants dont on a peu de doutes quant à leur capacité à se montrer rapidement sur le circuit seniors. Idem pour l'autre finale masculine entre le Russe Inal Tasoev et l'Autrichien Stephan Hegyi — tombeur du vice-champion olympique japonais Hisayoshi Harasawa à Budapest. Un combat excitant remporté par le Russe, impressionnant par sa rapidité de mise en action puisqu'il met un sode à la troisième seconde de combat, mais qui subira ensuite la pression et les tai-otoshi tranchants de son jeune adversaire de 19 ans. Une qualité qu'il avait déjà montré face au Japonais Kagawa en quarts où il lance d'entrée un fluide kata-guruma suivi en immobilisation, dont sort le Nippon, mais pour finalement prendre une clé de bras très bien anticipée. Sone, Kotsoiev, Adamian, Hegyi, Tasoev... Cinq noms à garder dans un coin de la tête. Ils vont vite revenir dans l'actualité.


 

© Emmanuel Charlot/EDJ - Inal Tasoev et Stephan Hegyi, finalistes en +100kg.

Le Japon hors contrôle
La statistique laisse songeur. Avec les victoires aujourd'hui de Shiyu Umezu en -78kg et d'Akira Sone en +78kg, le Japon gagne six des huit titres féminins en jeu... dont trois avec des combattantes cadettes : Nina Kuboi (2e année, -44kg), Uta Abe (3e année, -52kg) et Akira Sone (3e année, +78kg). Avec les deux titres masculins en -60kg (Taigo Sugimoto, en juniors 2e année) et -90kg (Go Tajima, en juniors 3e année), cela fait donc huit titres. Deux de mieux qu'à Abou Dhabi en 2015 et surtout six de plus que la deuxième nation, l'Azerbaïdjan, alors qu'elle n'avait "que" quatre titres d'avance il y a deux ans, devant la Corée du Sud. Une distance stratosphérique. Une précocité qui fait peur chez les filles...  et tout cela malgré l'absence des meilleurs titulaires masculins possibles car déjà performants en seniors (Hifumi Abe, champion du monde seniors 2017, Kentaro Iida, vainqueur du Grand Chelem de Paris 2017, Hyuta Oga, vainqueur du Grand Prix de Düsseldorf et des Universiades). Énorme.
Avec cette deuxième place, l'Azerbaïdjan se place dans une dynamique très claire (Tokyo 2020), ayant visiblement complètement intégré la tendance qui fait des performances juniors le passage obligé pour briller chez les seniors. À ce titre, cette performance masculine splendide et un travail de plus en plus visible sur le judo féminin, dans la perspective notamment de l'épreuve olympique à venir, fait passer un cap très net à ce pays qui a déjà sonné la charge à Budapest en seniors (quatre médailles). Les féminines ? Un enjeu qui agite l'Asie centrale et une dynamique qu'on retrouve chez les Kazakhstanaises (une médaille d'argent) ou qui se confirme chez les Mongoles (une vice-championne du monde). 
La Russie doit attendre le dernier jour pour remporter un titre et finir à cinq médailles, dans sa moyenne habituelle. Ce qui retient surtout l'attention, c'est qu'elle possède à l'évidence une génération de jeunes +100kg dont on pourrait entendre parler rapidement, avec Anton Krivobokov (champion du monde en 2013), Tamerlan Bashaev (champion du monde 2015) et désormais Inal Tasoev en 2017. Quant à Arman Adamian, il rejoint au rayon des espoirs de médailles à venir dès cette olympiade le -100kg Niyaz Ilyasov (champion du monde en 2015), déjà 15e à la ranking list seniors.  
Avec quatre médailles, dont le beau titre de Matthias Casse en -81kg, la Belgique, déjà trois fois médaillée aux championnats d'Europe, confirme son excellent cru 2017, mais reste classée derrière l'Allemagne et les Pays-Bas qui placent tous les deux deux filles en finale pour une victoire.
En somme une sacré bande d'adversaires venue de tous les horizons, et qui se prépare à investir les deux olympiades, celle qui a débuté et la suivante à venir, chez les seniors. 

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