16:03 25 aoû

CM Chelyabinsk 2014 - lundi 25 août, -48 kg / -60 kg

Tout est prêt pour un grand championnat du monde

Amandine Buchard, les larmes de la victoire pour le bronze en -48 kg et de la frustration de ne pas être en finale / Emmanuel Charlot - L'Esprit du Judo

Pour ceux qui croient, comme nous, que la France peut être cette année première nation mondiale, l’entrée de nos deux super-légers tout fringants en quart de finale avait quelque chose qui ressemblait à des prémices, comme les premiers effluves du parfum puissant du triomphe. À ce moment-là nous étions encore à égalité avec le Japon et son exceptionnel Takato. Sofiane Milous (-60 kg), que peu de monde attendait, avait battu d’entrée le vice-champion du monde, et la toute jeune Amandine Buchard, 19 ans, plié, elle aussi dès le premier combat la championne olympique. Là où on craignait le zéro pointé radical et maussade de deux défaites au premier tour, on avait eu le plaisir de l’excitation anticipatrice que procure les excellents départs. Une première confirmation importante avant même les perspectives de médailles : la France entame bien ses championnats du monde, le genre de démarrage qui donne à tout le monde l’envie d’en être, de participer à la fête.

Une pause mal digérée
Hélas, malgré un départ dans la même veine que son premier tour, en quart contre le Géorgien Papinashvili - waza-ari en quelques secondes ! – Sofiane ne résistait pas à la pression de son adversaire, le meilleur européen depuis deux ans. Les désillusions s’enchaînaient à ce moment-là pour les supporters français trop pressés : Moins bien après la pause, nos deux représentants faisaient leur plus mauvais combat de la journée, comme absents. On a déjà vu Sofiane Milous ne pas parvenir à se reconcentrer pour une médaille de bronze. Cette fois encore, il n’a pas vraiment pu s’y remettre, accumulant les pénalités négatives pour sa finale de repêchages avant de se saborder sur un ko-soto-gari de la dernière chance, bien contré par Aibek Imashev, futur 5e, 22 ans, n°2 kazakh derrière l’excellent Yeldos Smetov. Décidément, le champion d’Europe 2009 ne pourra jamais dire de lui qu’il est "champion d’Europe et médaillé mondial" et c’est dommage pour ce champion dont on sent la puissance de la motivation et de l’intelligence de combat à chaque fois qu’il est sur un grand événement. Le coup de mou était plus terrible encore, car plus inattendu, pour Amandine Buchard que tout le monde voyait déjà en finale après ses victoires pleines d’autorité jusque là. Face à elle, une Argentine… Mais elle n’avait jamais prise Paula Pareto, et celle-ci n’est pas n’importe qui puisqu’elle a été 3e des Jeux de Pékin en 2008, cinquième encore en 2012. La Française, éteinte, comme paralysée par l'envie de vaincre, ne serrait pas assez le jeu, suivait l’Argentine dans ses déplacements - lesquels sont redoutables puisqu’elle est une excellente spécialiste de seoi-nage - ne rentrait jamais vraiment dans ce combat décisif.

Ami Kondo, championne du monde -48 kg, une Japonaise 2.0 ! / Emmanuel Charlot - L'Esprit du Judo

Le tsunami japonais ?
Dès lors les choses étaient claires et les carottes cuites… C’était sûr, les Japonais allaient tout rafler et probablement jusqu’à dimanche prochain. Le « monstre » Takato était irrésistible en -60 kg depuis le début de la journée, Ami Kondo, championne du monde en 2011… en cadette (devant Amandine Buchard, troisième), était la surprise du jour en -48 kg. Une gentille gamine qui allait éclipser la nôtre. Même âge, même génération, elles se connaissent bien. Cela aurait été une finale à voir. Mais Amandine n'y était pas (en finale) et c'était couru d’avance, l’invincible Takato allait lancer la série du trio infernal des légers japonais champions du monde en titre et Kondo démontrer que les Japonaises, encore traumatisée l’année dernière et sans aucun titre mondial, avaient retrouvé la vista des grandes années de supériorité absolue. Avec deux médailles d’or japonaises dès le premier jour, tout aurait été fini avant d’avoir commencé.

France ou Japon ? Les « arbitres » vont nous départager
Mais ce que nous a montré cette première journée est finalement bien différent : Si Ami Kondo, première championne du monde japonaise depuis la -57 kg Aiko Sato en 2011, donne un signe très positif à ses camarades d’équipe (une équipe féminine dans laquelle paraît-il l’ambiance est excellente, ce que semble montrer le saut spontané dans les bras de l’entraîneur de la nouvelle championne du monde, qui dénote avec la tradition de l’inclinaison respectueuse de ses devancières), Naohisa Takato, arbitré très durement il faut le dire, mais aussi moins dominateur sur ce championnat qu’en 2013, ne fait que 3e (et encore, il était mené pendant le combat pour la médaille de bronze. Une médaille d'or gagnée, mais aussi une de perdue dans le tableau de marche japonais dont les points forts sont les légers. Rappelons la règle statistique de ces dernières années à quatre médailles d'or et plus, on est quasiment assuré d'emporter le classement des nations. Parfois trois médailles d'or ont suffi.
Alors ces championnats du monde vont-ils plutôt aller vers les Russes chez eux ? On pouvait le penser au moment des finales, en voyant y débarquer un Beslan Mudranov autoritaire, poussé par les « davai » du public ravi. D’autant que le -66 kg Pulyaev a lui aussi le même profil de médaille. Les Russes, se dit-on alors, peuvent être à deux médailles d’or dès mardi, faire un coup du niveau de Londres… Mais non. le soir de ce premier jour ils n'ont pas eu finalement cette première médaille d'or, car après avoir vaincu Takato, le magnifique Beslan Mudranov, champion d’Europe, quasiment invaincu depuis un an, allait totalement rater sa finale contre un petit Mongol qui ne paye pas de mine, qu’on ne regarde guère dans les tours préliminaires, mais qui est terrible sur les mains et dans son jeu de déplacement et de crochetages de jambe, Ganbat Boldbaatar, vainqueur du Grand Chelem de Paris et du Grand Prix de Mongolie.

Ganbat Boldbaatar, champion du monde pour la Mongolie en -60 kg vous salue bien ! / Emmanuel Charlot - L'Esprit du Judo

Rien n'est joué
Alors rien n’est joué finalement entre les grandes nations. Amandine Buchard valeureuse et prometteuse de futur doré, nous apporte une première médaille qu’il fallait allait chercher et qui sera peut-être celle qui fera basculer le résultat final – on a déjà vu ça. 
Les Français sont en forme, les Japonaises sont de retour, mais les masculins perdent un titre promis. Le Japon n’est encore pas inaccessible, et c'est une bonne nouvelle pour nous, malgré sa médaille d’or et sa médaille de bronze… Les arbitres géorgiens, russes ou mongols sont en place, prêt à s’infiltrer dans ce duel franco-japonais qui ne se dessine encore pas. On saura à mi-parcours si la France est de taille à relever ce défi.

Les arbitres ? Sans épiloguer sur le combat Mudranov – Takato (resté en travers de la gorge des Japonais qui sont allés demander quelques explications par Kosei Inoue lui-même), les arbitres, les vrais, ont été quasi parfaits. Moins de pénalités, moins de décalage de pénalités, donc plus de discrétion du corps arbitral qui laisse les combattants se débrouiller. Même la table centrale, ce qui fut d’ailleurs annoncé officiellement, a décidé de la mettre en sourdine, d’être moins présente, moins envahissante. Pour l’instant, la ligne est bonne et cela fait beaucoup de bien.

Décidément, tout est prêt pour un grand championnat du monde.

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