22:50 26 sep

CM Bakou 2018 - J7 – La France gagne du temps

Résultats modestes, mais "encourageants"

Troisième nation grâce aux performances de ses féminines, la France reste scotchée à la douzième place pour ce qui concerne les masculins. En ce dernier jour, pas de médaille en plus pour nous, mais la victoire du Géorgien Tushishvili, le challenger numéro un, dans le fauteuil de Teddy Riner. Et le Japon parachève son œuvre.

Anne Fatoumata M’Bairo, ne put faire longtemps durer le suspens. Battue d’entrée par la grande Brésilienne Maria Suelen Altheman – malgré un beau waza-ari marqué au début, qui la confortera dans ses efforts — elle n’apporte pas la dernière médaille de la fin du bal. Pas de sélectionné masculin chez les +100kg, comme pour mieux faire résonner l’absence du champion français Riner, le compte était donc bon : nous nous arrêtons à quatre médailles pour un seul titre. Trois médailles, or, argent et bronze pour Clarisse Agbegnenou (-63kg), Marie-Eve Gahié (-70kg) et Amandinc Buchard (-52kg). Et la médaille de bronze d’Axel Clerget en -90kg. 
Quatre, c’est bien ? À vrai dire, non. Hormis les deux contre-performances de 2001 et… 2017, à trois médailles, c’est le plus petit score en nombre depuis le début des années 90. Une seule médaille d’or ? Les dernières fois qu’on est tombé à ce chiffre, c’était en 1999 (un titre pour quatre médailles), 2003 (pas de titres, cinq médailles), 2005 (un titre pour sept médailles), une période sans David Douillet ni Teddy Riner, ceci expliquant cela. La conjonction de peu de médailles avec peu de titres ne peut donc pas être considéré comme un bon championnat. On pourra néanmoins reconnaître avec l’encadrement national que cela aurait pu être pire et que le travail de préparation a été suffisamment bien mené pour offrir des satisfactions réelles. D’abord les Françaises font une bonne prestation avec ces trois médailles, ou les motifs de dépit – notamment l’échec des deux -78kg, mais aussi ded deux -57kg — ne font pas oublier les points très positifs que sont le niveau affiché par la championne Agbegnenou, désormais dans le « Hall of Fame » des meilleurs combattant(e)s français de l’histoire du judo français, le beau retour d’Amandine Buchard sur un podium mondial, l’avènement progressif au meilleur niveau d’un grand espoir de vingt-et-un an, Marie-Eve Gahié. 

La traversée d'Axel
Si l’équipe de France masculine a été faible dans les résultats, elle a au moins montré de l’allant et s’est battue avec le maximum de ses moyens. Elle ramène une médaille de bronze par Axel Clerget, ce qui est une excellente nouvelle pour lui, mais aussi pour notre histoire, car ce podium écarte pour cette année le spectre du zéro médaille qui pointait à l’horizon : Une seule médaille masculine l’année dernière, celle de Teddy Riner en or, une seule médaille cette année, celle d’Axel Clerget en bronze. Factuellement, c’est moins bien, mais en l’absence du grand, on le comprend facilement, c’est beaucoup mieux. Il y en a un au moins qui est passé à travers les obstacles sur lesquels les autres ont calé depuis deux ans — y compris Cyrille Maret une nouvelle fois — et c’est déjà quelque chose. L’avenir dira si cette lumineuse prestation d’Axel Clerget, l’un des deux trentenaires en vue de cette équipe, était l’accomplissement final d’un seul, où déjà les prémices d’un avenir pour tout le groupe. En attendant cet avenir, le constat est encore le même : nous ne « tournons » depuis la fin de partie de la génération Pietri – Riner mis à part – que sur les deux mêmes Axel Clerget et Cyrille Maret. En 2018, on retiendra qu'Axel nous sauve et permet à ce groupe de travailler plus sereinement, plus en confiance dans les mois à venir.

Guram, roi intérimaire
Le tonique Guram Tushishvili faisait la prestation qu’on attendait de lui, tout en vista avec de seoi-nage pour arracher les combats qui menaçaient parfois de tourner mal et prenait l’or chez les hommes, ce qui amène son pays à une belle quatrième place des nations, la troisième chez les hommes derrière le Japon et la Corée., le Japon en finissait avec ce dernier championnat avant celui de 2019 et les Jeux 2020 – tous les deux organisés chez eux — en ajoutant une médaille de bronze masculine et un titre féminin, tarif habituel… Chez les garçons, le fils Ogawa tombait dans le piège d’un arbitrage vidéo qui le disqualifiait pour une « clé d’épaule », tandis que l’élégant Harasawa, finaliste des Jeux 2016, semblait traîner son ennui toute la journée. Surpris en demi-finale par le seoi-nage tactique du Mongol Ulziibayar, il s’acquittait de sa tâche finale, sans un sourire. Manifestement, Riner lui manque. Sa tâche finale ? La septième médaille sur neuf engagés pour les masculins japonais. Deux restent en retrait : le jeune Ogawa sévèrement disqualifié donc, et l’excellent Aaron Wolf, champion du monde 2017 et finalement cinquième, le pire classement de l’équipe ! Malgré deux titres « seulement » - à comparer aux quatre obtenus l’année dernière par le groupe masculin – mais tout le monde sur la boîte ou presque, un vrai jeu de go en prévision de l’étouffement final à Tokyo en 2020. Cette performance collective rappelle celles des années 80-90 (jusqu'au championnat du monde de Chiba en 1995) qu’on ne pensait pas revoir dans le contexte de l’opposition actuelle. Pourtant le Japon l’avait déjà obtenu en 2015 à Astana. C’est dire qu’après l’échec de 2009 qui annonçait celui de 2012, deux médailles chez les garçons et pas de titre, l’encadrement japonais à su retravailler pour atteindre ce pic historique qu’il installe dans la durée. En filigrane, on se dit que cet exemple spectaculaire prouve qu’il n’y a pas de raison que la France reste engluée comme elle l’est chez les garçons depuis 2015. 

Asahina en termine à cinq
Chez les féminines, Sara Asahina, sans trop d’inquiétude, et en battant la désormais « vieille gloire » cubaine Idallys Ortiz en finale, apporte la troisième médaille de suite au Japon dans les trois derniers jours, médailles qui s’ajoutent aux deux déjà obtenues, soit cinq titres et toutes les combattantes médaillées ! C’est vertigineux. On pensait qu’avec huit médailles pour neuf engagées en 2015 comme en 2017, le Japon avait atteint une limite, il touche cette fois à la perfection avec neuf médailles pour neuf engagées. Cinq titres sur sept possibles, c’est là aussi un record historique. Ce n’est plus une partie de Go, mais la vague montante d’un tsunami. La suite va être passionnante.

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