17:43 11 mar

Championnats de France cadets 2013

La jeune élite française se met en place


Pour une fois, le championnat de France cadets s'est déroulé sans la référence habituelle des championnats UNSS, qui n’auront lieu seulement qu’en avril. C’était donc avec les feuilles des tournois majeurs que les observateurs avaient listé les favoris. Bon choix. Les grands tournois de décembre avaient indiqué la plupart des grands vainqueurs de ce week-end à Bercy, notamment chez les filles. 

©A.Frandeboeuf/L'Esprit du Judo - Championnats de France Cadet(te)s 2013 INJ

Ainsi les finales féminines opposèrent trois fois celle qui avait gagné à Nîmes à celle qui avait gagné à Forges-les-Eaux ! Et trois fois les « Nimoises » l’emportèrent sur les « Forgeoises », signe discret de la bonne forme du judo du sud. en -44 kg, Blandine Pont de l’OCJ 34 (Castelnau), dominatrice dans le sud avec des victoires à Nîmes et à Avignon, empêche la Bretonne Romane Yvin de prendre un second titre national après celui qu’elle avait glané l’année d’avant dans la catégorie inférieure. En -48 kg, Margot Douville de l’ASBTP Nice bat la Francilienne Anais Mamelin (VOI Judo Auvers sur Oise), 3e l’année dernière dans la catégorie inférieure. Et la Marseillaise de l’OM (Dojo Philippe Pradayrol), Marina Olarte ; barrée en 2012 par la Bretonne de de Passion Judo 35Lisa Marchese (victorieuse de quatre championnats de France en deux ans), affirme son autorité 2013 sur la catégorie et l’emporte sur la Seine-et-Marnaise de Juniville Ines Prevot. 
Bien que battue en finale à Nimes par Justine Deleuil, finaliste du championnat de France l’année dernière, c’est la Rochelaise Marine Gilly, victorieuse à Lormont qui gagne en -40 kg. Victorieuses à Forges, Gwenaelle Patin du Calvados Judo l’emporte en -52 kg devant la Toulonaise Gangbes et la Normande Yasmine Horlaville (JC Neubourg) l’emporte en -57 kg sur Alexia Vega, la seconde combattante du VOI Judo à se hisser en finale. C’est à Lormont que Chloé Nizar (Colomiers Judo) à elle aussi emporté un tournoi avant de devenir championne de France en -70 kg. Enfin en +70 kg, la prometteuse Niçoise Monia Stewart, un gabarit à la fois puissant et tonique, après avoir dominé les tournois du sud, amène un second titre national à l’ASBTP Nice de Karl Spinosa. Avec la montée en puissance des alliances du sud, niçoises et marseillaises en particulier, qui se consacrent depuis peu aux filles, la dynamique « sudiste » si forte chez les garçons depuis des années, est en train de prendre pied chez les féminines. 

Un judo plus varié ?
Les Niçois sont là aussi chez les garçons, mais pour cette fois moins par les deux clubs phares, Nice Judo et OJ Nice (un podium chacun), que par le Judo Club de Nice (membre de la nouvelle alliance Nice Judo), qui place deux combattants en finale. En -50 kg Islam Rechidov avait gagné le tournoi de Nîmes en battant Valentin Simard du JC Bar-sur-Aube, mais celui-ci prenait sa revanche en finale du championnat de France en surfant parfaitement sur les tentatives d’arraché de Rechidov qu’il parvenait à projeter joliment sur hrarai-goshi. En revanche Guillaume Riboulet, d’abord malmené en finale des -66 kg par Dylan Roche de Sucy Judo, trouvait l’ouverture sur un o-uchi-gari très fluide. Un judo souple intéressant à suivre. 

©A.Frandeboeuf/L'Esprit du Judo - Championnats de France Cadet(te)s 2013 INJ

Dans la catégorie disputée des -73 kg, l’Orléanais Guillaume Blanchard affirme sa régularité au meilleur niveau : il a gagné à Nantes et à Bressuire, il contrôler le championnat de France devant les Delaure, Persehais, Sauvage, Chilard… 
Du « Sud » encore en -81 kg ou le finaliste du tournoi de Nîmes Lorenzo Perricone de l’OM, domine largement le Franc-Comtois Guillaume Pavé, coaché par le vieux maître Jean Pourchet himself, tandis qu’un autre Marseillais (de Vitrolles) Lucas Mongellas (dont le père Stéphane est responsable du Pôle Espoir de la ville et l’un des acteurs majeurs du projet OM Judo), vainqueur à Nîmes de Perricone, finit 3e. à l’INJ. Il reste une place sur le podium ? Elle est pour un deuxième membre de l’OM, Cédric Abidi ! L’OM, un nom de prestige et un regroupement qui joue parfaitement son rôle de catalyseur des jeunes talents, manifestement aussi bien chez les garçons que chez les filles. 
Il y avait encore de l’accent niçois autour de la finale des -90 kg, qui nous offrait une nouvelle fois un affrontement entre les vainqueurs de Nîmes et de Forges les Eaux. Le combattant de l’OJ Nice Hugo Mahé, déjà finaliste l’année dernière des UNSS, dominait le combat avec ses grands eri-seoi-nage tout en traction face à Alexis Rabier (JC Fayaçain), le vainqueur de Forges. Mais il prenait un peu trop au pied de la lettre les recommandations de son camp qui lui disait de ne plus prendre de risque, alors qu’il menait dans les dernières secondes. Il se pliait en deux bras tendus… et s’offrait à une tentative désespérée de Rabier en sumi-gaeshi ! Erreur de jeunesse et maladresse technico-tactique qui le privent d’un titre, mais la régularité est là. 
Des « petits » qui peuvent devenir grands : Maxime Merlin (AJ Chateauroux) - surnommé MiniMoi comme l’atteste sa ceinture - domine la catégorie mobile des -46 kg, tandis que Cédric Mitton (AJ 61), vainqueur l’année dernière en -46 kg, et cette fois dominé en -50 kg par un autre combattant monté de catégorie, le Lillois de Loos Rémi Cattez. 
En -60 kg, Romaric Bouda s’est montré une nouvelle fois très impressionnant, lui qui, troisième du championnat de France cadet l’année dernière, s’était aussi hissé à la septième place chez les juniors. Battu par le Nantais Jawad Abdelkrim à Forges les Eaux, il traverse le championnat en expédiant en finale sur une énorme mouvement de hanche le vainque de Nimes et de l’Open de Bresse, le beau judoka de l’AJ Loire et petit dernier de la famille Palhec, Adrien. Son frère Aurélien avait obtenu une médaille en cadet et en junior en 2002 et 2005. 
Enfin citons une autre judoka qui marque ce championnat : le poids lourds breton Yves-Loic Benankazi, et son attitude tout en retenue. Ce jeune colosse de 99 kg a un sens manifeste du rythme du combat – qu’il n’exploite pas encore assez – troublant l’adversaire par des petits appels avant de lancer de belles attaques de hanche. Impérial en demi-finale, il parvenait à trouver la faille par ko-uchi-gari sur un bloc très compact venu de Peronnas, Guerman Andreev. Déjà deux fois troisième l’année dernière ce beau judoka naturel a tout à fait les moyens de faire un très bon -100 kg seniors. On en reparle dans cinq ans.