8:00 02 jul

Ch.d'Europe cadets 2017 : Deux médailles pour Gateau et Féréol

Le bronze pour la -44kg et l'argent pour la -70kg

Deux médailles. Féminines. Pas de titre. Au final, une onzième place au classement général des nations. Soyons clairs : un bilan décevant.
Il y a des raisons de se réjouir avec les médailles de Liza Gateau (JC Baudimont) en -57kg et de Morgane Féréol (AJ 61) en -70kg, ou même les cinquième places, frustrantes, mais intéressantes dans la perspective des championnats du monde en août à Santiago, de Laura Fuseau (JC Pechbonnieu) en +70kg, Yhonice Goueffon (Stade Bordelais ASPTT) en -55kg et de Tizie Gnamien (JC Monaco) en -73kg. Pour autant le compte n'y est pas. Et surtout, cette compétition a confirmé plusieurs tendances à avoir à l'esprit pour les années à venir. 

Gateau et Féréol, c'est bien joué
Les tournois avaient montré que cette équipe féminine était capable d'aller chercher plusieurs médailles dont un ou deux titres. Performante sur les trois tournois internationaux (Croatie, Allemagne, Pologne) avec dix médailles dont quatre titres, les cadettes, coachés par Karine Dyot et Richard Hallouin, ramènent finalement les deux seules médailles de l'équipe de France. C'est Liza Gateau, en argent à Zagreb, qui ouvre le compteur français avec le bronze en -44kg. S'inclinant en demi-finale face à l'Israélienne Tamar Malca de deux waza-ari, elle domine l'Anglaise Amy Platten en place de trois. Gérant intelligemment son combat, elle ne la joue pas "petit bras" et colle même un troisième waza-ari à son adversaire sur le gong. Et hier, c'est Morgane Féréol qui finit elle aussi sur le podium. Une performance attendue et logique. Très solide en France comme à l'étranger puisqu'elle remporte la coupe d'Europe croate, la Normande aura buté cette saison, deux fois désormais, contre une Allemande, Marlène Gallandi. Battue en demi à Berlin, la Française retrouvait cette dernière pour une revanche entre les deux meilleures cadettes européennes de la caté. Très offensive sur le début de combat, Féréol était tout près de marquer sur sa première attaque en sode-tsuri-komi-goshi. Mais sur la première attaque de l'Allemande, sanction immédiate. Gallandi lançait un fort o-uchi à droite, collait parfaitement le haut du corps de Féréol pour enchaîner sur un tani-otoshi fatal. Ippon. Ce sera donc l'argent pour la championne de France 2017. Une défaite qui servira sans doute de moteur en pensant à Santiago, un championnat du monde où Féréol peut légitimement viser le podium. 
Si elle finit 5e en +70kg, Laura Fuseau réalise une journée positive dans la perspective des championnats du Monde. Atteignant les demi-finales avec assurance, cette judokate qui a fini en bronze à Zagreb et à Coimbra, prouve avec ce résultat qu'elle se situe parmi les meilleures lourdes européennes. En revanche déception pour Faiza Mokdar, la -52kg de Chilly-Mazarin. Victorieuse à Berlin et Bielsko Biala, elle ne finit que 7e ce samedi en Lituanie, perdant deux combats lors du golden score. Pas vraiment la place espérée donc pour celle qui visait clairement et logiquement le titre européen. Comme Féréol, on peut se dire que cette contre-performance sera source de motivation. Ses victoires coup sur coup en Allemagne et en Pologne montre son potentiel. Les deux autres combattants à l'avoir fait (les Russes Tretiakov et Babayan) sont champions d'Europe. Un défi à relever au Chili.

Goueffon et Gnamien, c'est encourageant
L'équipe masculine arrivait à Kaunas sans avoir remporté la moindre médaille lors des trois sorties internationales. Inquiétant sans aucun doute. Mais deux paramètres objectifs laissaient espérer que cette situation prenne fin : des tableaux beaucoup moins denses qu'en tournoi et des places d'honneur obtenues en Croatie, Allemagne et Pologne qui laissaient penser que certains avaient les capacités pour aller chercher un podium. Parmi ceux-ci, Yhonice Goueffon et Tizie Gnamien ont été tout proche de confirmer l'hypothèse. Le premier, en -55kg, 5e en Pologne, remonte les repêchages en collant des ippons à chaque tour. Pour le bronze, il s'incline au golden score contre le Russe, tête de série n°1 de la caté. Il pourra regretter son manque de prise d'initiatives durant ce combat, mais le Bordelais champion de France réalise une journée intéressante, car elle confirme qu'il est tout proche du niveau du podium européen. Même analyse pour Tizie Gnamien (JC Monaco). La frustration est sans doute plus forte chez l'élève de Marcel Piétri puisque celui-ci atteint les demi-finales avant de buter contre le futur vainqueur surprise, l'Italien Kenny Komi Bedel, puis le Russe Armen Agaian pour le bronze. Une belle occasion de finale qui s'échappe... Septième à Berlin, Gnamien est un judoka qui s'engage, et il sera l'une des meilleures chances de podium masculin à Santiago. 

Les garçons ne montent plus sur les podiums
De ces championnats d'Europe, on peut tire cinq leçons : La première est factuelle : nos masculins n'atteignent (presque) plus les podiums des tournois et championnats internationaux depuis trois ans. C'est une des tendances lourdes à observer. En 2015, les combattants tricolores ne remportaient aucune médaille sur les cinq compétitions internationales de la saison (Croatie, Allemagne, Pologne Championnats d'Europe et du monde). En 2016, c'était beaucoup mieux avec neuf médailles en tournoi et deux médailles de bronze aux championnats d'Europe de Vantaa (Hugo Metifiot en -73kg et Eniel Caroly en -81kg). Mais cette saison, à nouveau aucun masculin n'est monté sur un podium au niveau international sur les quatre compétitions disputées. Reste les championnats du monde pour faire évoluer cette statistique.

Les Françaises toujours là...
La seconde leçon ne surprend pas : les Françaises tiennent toujours à peu près la baraque. Nous évoquions dans un dossier du magazine l'Esprit du Judo (EDJ n°64) l'hypothèse que le judo français soit en train d'évoluer vers une spécialisation sur les féminines. Chez les cadets, c'est indubitablement le cas. En 2015, la France finit à trois médailles aux championnats d'Europe : une d'argent et deux de bronze, toutes féminines (Dorine N'Tchampo 2e en -70kg, Anaïs Mosdier et Sarah Ponty, 3e en -48kg et +70kg). Aux championnats du monde, une seule médaille tricolore pour Anaïs Mosdier. En 2016, dernière grosse performance de référence, la France fait trois médailles féminines (sur cinq en tout) pour deux titres : Charlène Quilghini en -40kg et Romane Dicko en +70kg et une médaille d'argent avec Justine Gaubert en -44kg. Ce week-end, les deux médailles individuelles sont encore féminines.

Mais les étrangères débarquent !
Mais... et, c'est la troisième leçon : on observe une véritable montée en puissance de nouvelles nations chez les féminines et c'est sans doute un phénomène que la France doit prendre très au sérieux, car même chez les filles, la France a parfois du mal à aller chercher l'or. Pas d'or en 2015, ni en 2017... Deux médailles, ce n'est pas assez pour maintenir un leadership. Cette nouvelle concurrence vient bousculer la hiérarchie. Il y a d'abord la confirmation d'une montée en puissance de la Géorgie qui remporte son troisième titre européen féminin consécutif. En 2015, c'était en -52kg (pour deux médailles). En 2016, en -57kg (pour deux médailles également). Hier, ce fut en +70kg. Une seule médaille pour l'équipe féminine géorgienne, mais un titre. Une jeune femme, Sophio Somkhishvili, déjà vice-championne d'Europe en 2016 (battue par... la Française Romane Dicko). Des résultats en adéquation avec la volonté du président de la fédération géorgienne, David Kevkhishvili, de fémininer le haut niveau de son pays (voir son interview dans l'EDJ n°60). Une autre nation de l'Est pointe le bout de son nez : l'Azerbaïdjan. Une féminine présente en 2015, six en 2016, le même chiffre cette année pour un titre (en -40kg). Une nation qui, elle aussi, souhaite faire émerger une élite féminine nationale. Alors si elle a fait le choix de la naturalisation pour se constituer une équipe senior pour l'olympiade, on peut penser que cette présence croissante sur le circuit féminin "jeune" aura des répercussions sur le circuit senior dans les cinq ans. D'autres "petites" nations européennes s'installent, peu à peu, dans le haut du tableau féminin, comme la Croatie (deux titres individuels ce week-end !) et la Serbie (un titre, une médaille d'argent), qui sont installés nettement devant la France cette année, rejoignant une très dominante Allemagne : deux titres pour trois finales et quatre médailles de bronze. Le "par équipes" olympique est-il en train de faire évoluer les mentalités. On peut parier qu'il va accélerer une évolution en train de se faire.

Et toujours la Russie...
La dernière leçon ne suprend pas vraiment non plus, hélas. La Russie occupe la première place du classement général de ces championnats d'Europe cadets depuis... 2005. En individuel, le pays des Tsars remportent neuf médailles dont trois titres. Le même nombre de médailles qu'en 2016 (mais quatre titres l'année dernière). Pour l'anecdote, certains des titulaires russes actuels ou grands espoirs du judo russe ont été champions d'Europe cadets : le champion olympique de Rio Khasan Khalmurzaev (en 2009), Irina Dolgova (2010 et 2011) ou le tout jeune -90kg Mikhail Igolnokov (2011 et 2012). La France peut se consoler en ne voyant encore pas émerger de nouvelle génération dominante chez les féminines. Mais avec une médaille d'argent, une de bronze et deux cinquièmes places, les Russes font mieux que les Françaises.

Où sont nos talents de la décennie 2020 ?
Les championnats cadets ne disent pas forcément de quoi demain sera fait. La France a logiquement une tradition d'évolution tardive avec des jeunes gens qui gèrent leurs études, notamment, et dont la préparation à la performance prend traditionnellement plus d'années que ce font d'autres pays spécialisés sur la précocité, comme l'Azebaidjan ou la Turquie par exemple, qui emporte deux titres masculins cette année, et dont on ne suppose pas qu'ils bousculeront la hiérarchie européenne demain. Mais l'évolution de ces dernières années semble montrer que la dynamique de la performance se resserre et que, du couple junior - senior, significatif pour la haute performance, il faut maintenant commencer à élargir aux cadets. Il est indubitable qu'une part de notre élite senior actuelle, les Amandine Buchard, Margaux Pinot, Marie-Eve Gahié, la nouvelle champione de France +78kg Romane Dicko, Walide Khyar, et auparavant, Ugo legrand, Cyrille Maret... ou Teddy Riner, avaient déjà pointé nettement le bout de leur nez au niveau international à cet âge avec des médailles européennes et mondiales. La précocité ne fait pas tout, mais elle est parfois signe de grand talent naissant. Où sont ceux de la décennie 2020 ? Ils écloront peut-être lors des prochains championnats du monde, face à l'opposition des Brésiliens, des Coréens, des Japonais, et tous les autres. La page qui s'ouvre pour les cadets aujourd'hui... concerne l'élite senior qui aura 23 ans aux alentours de 2024, pour les Jeux à Paris, peut-être.

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