18:56 14 sep

CE juniors 2019 - J3 - Fontaine impériale

La belle médaille d'argent de Said Errhamani en -78kg

Dernier jour de la compétition individuelle à Vantaa. Après une première journée prolifique, une seconde décevante, quid de ce samedi ? L'optimisme pouvait être de rigueur avec les deux +78kg, respectivement vainqueur à Leibnitz et Berlin ou avec Eniel Caroly en -90kg, médaillé sur toutes ses sorties internationales cette saison (hormis l'Autriche). Résultat ? Un nouveau titre féminin pour la France avec la prestation clinique de Léa Fontaine (SGS Judo) chez les lourdes, une excellente surprise avec l'argent plein d'abnégation d'Assia Said Errhamani (CGH Haubourdin Judo) en -78kg et une cinquième place sur une jambe pour Tanou Keita (PSG Judo) en -100kg. Un samedi marqué aussi, et peut-être surtout, par la démonstration de force (au propre comme au figuré) de l'équipe masculine géorgienne, sacrée dans les trois catégories masculines du jour. A l'issue de l'épreuve individuelle, l'équipe de Lasha Gujejiani s'adjuge cinq titres garçons sur sept et finit logiquement première nation, devant la France. 

Fontaine, c'est du (très) solide
Elle a déroulé toute la journée ses adversaires et son judo. Force de la nature, Léa Fontaine, championne d'Europe cadette 2018, championne de France 2019 alors qu'elle n'est que junior 1re année n'avait, ce samedi, aucune fille à sa mesure. Jugeons-en : quatre combats, quatre ippon (sans cumul de waza-ari), aucune pénalité ni valeur subies, une finale expédiée en 21 secondes avec son fameux o-goshi qui déracinait la Russe Vladimirova. Un judo sans fioriture mais de plus en plus varié (elle place un joli o-soto-otoshi en demi contre Hollandais Kamps). En clair ? C'est propre, c'est net, c'est clinique. Le vrai test, finalement, ce sera dans un mois à Marrakech lors des Monde avec l'adversité brésilienne, japonaise et autres. On a déjà hâte de voir ça. 

Généreuse Said Errhamani
Non classée cette saison à l'international (elle avait fini 5e à Berlin), la double championne de France -78kg (2018 et 2019) n'était pas forcément de ces filles qu'on attendait sur le podium continental cette semaine. Sa médaille d'argent prend, du coup, une signification d'autant plus méritoire. Car la Nordiste, qui a choisi de rester dans son cocon du Pôle espoir de Lille, réalise une journée sensationnelle d'abnégation, de volonté de jouer sa carte à fond.  Une traduction, sur le tapis de la maxime "Tout tenter pour ne rien regretter". Visiblement dans un état de forme optimale avec une grosse caisse, Said Errhamani, très offensive avec ses sode-tsuri-komi-goshi et à l'aise en ne-waza, passait les tours. C'était parfois aux couteaux, comme en demi-finale, où elle projette la Hollandaise Van Harselaar sur le gong. En finale, la Tricolore ne trouvait pas la solution face à la favorite du jour, la Portugaise Patricia Sampaio (5e à Tokyo il y a deux semaines), sans doute un peu trop forte pour elle. Mais l'essentiel n'est presque pas là tant Said Errhamani pourra sans doute être (très) fière de sa journée et de l'état d'esprit qui l'a animé. 

Keita au pied du podium
Souvent décrit comme talentueux mais parfois trop nonchalant, Tanou Keita (PSG Judo) participait à ses premiers championnats d'Europe. Un judoka dont on espère toujours quelque chose tant son potentiel fait miroiter de belles performances potentielles. Cette cinquième place aujourd'hui constituera-t-elle un déclic ? Trop tôt pour le dire car le Parisien s'est blessé aux ischio-jambiers lors de sa demi-finale contre l'Ukrainien Vehera, montant sur le tapis pour le bronze contre le Letton Gerkens, avec un gros strap de compression et donc pas à 100%. 
A retenir ? Son très inspiré ippon-seoi-nage à gauche contre le piégeux suisse Daniel Eich lors de son premier combat et sa gestion contre l'Allemand Buth en 1/4 de finale. On attend maintenant de connaître son indisponibilité car les championnats du monde arrivent très vite. 
En -90kg, élimination rapide, frustrante et disons-le décevante d'Eniel Caroly. Certes son bourreau, le Hongrois Roland Goz finira finaliste (battu par l'incroyable guerrier Géorgien, Lasha Bekauri). Mais le champion de France 2019 et vainqueur de la Coupe d'Europe de Hongrie (où il bat le Serbe Brasnjovic, 3e ce samedi), donna l'impression de pouvoir passer ce tour. L'autre engagé de la catégorie, Francis Damier (FLAM 91) passe aisément l'obstable biélorusse Ivan Dubina, mais coince contre l'Italien Gennaro Pirelli.

Ecrasante démonstration géorgienne
Avec deux champions du monde juniors 2018 alignés aujourd'hui, le -90kg Lasha Bekauri et le +100kg Gela Zaalishivili, on se doutait bien que la Géorgie avait de solides arguments pour consolider son leadership sur ces championnats d'Europe. Finalement, la domination fut encore plus aveuglante que prévue avec la victoire du -100kg, Ilia Sulamanidze, junior...première année. Ce samedi, l'équipe masculine géorgienne c'est quatre engagés, trois titres et une médaille de bronze (pour Mikheili Bekauri en -90kg).  
Junior 2e année, Lasha Bekauri a eu souvent très chaud. Comme face au Russe Lorsanov, dans une demi-finale étouffante et époustouflante d'engagement total. Comme face au Hongrois Goz en finale, qui menait jusqu'à trente secondes de la fin. Mais ce Géorgien a vraiment quelque chose. Sa capacité à attaquer systématiquement à 100% force l'admiration. Un judoka dont onse dit-il qu'il personnifie remarquablement le cliché du guerrier caucasien. Car pour ceux qui le découvreront, Bekauri ne lâche jamais rien. Jamais. Hésiter ne fait clairement pas partie de son vocabulaire ni de son état d'esprit. Et c'est beau à voir. 
Gela Zaalishivili est lui plus connu puisque déjà performant sur le circuit seniors avec récemment une victoire marquante contre le Japonais Harasawa en finale du Grand Prix de Croatie. Aujourd'hui, ce faux pataud a pulvérisé l'adversité à coup de sode-tsuri-komi-goshi debout, comme en demi-finale face au Hongrois Sipocz, ou en hikkokomi-gaeshi contre l'Allemand Abramov en finale. Une marmule au panel technique agréablement surprenant, comme ce eri-seoi-nage très fort en finale (aussi). Un mouvement qui clôt plutôt joliment cette épreuve individuelle en forme de triomphe pour la "Georgia Team" de Lasha Gujejiani. 

Les autres actualités similaires

Original-original-310_militaires
Original-pav%c3%a9_boutique_edj
Original-pav%c3%a9_310__code
Original-original-310_veterans
Original-original-310_cjuniors
Original-original-310_cadets
Original-original-310_para_judo
Original-original-310_regions
Original-pave_310