23:35 13 sep

CE juniors 2019 - J2 - Grigalashvili, flegmatique victorieux

Jourmée médiocre pour la France, la Géorgie continue à engranger

Avec trois médailles hier, la France avait réussi son entrée dans la compétition. Changement radical ce vendredi avec trois éliminations au premier tour pours les engagés tricolores. Une vraie douche froide. Que retenir du coup ? Et bien que la Géorgie était là pour marquer les esprits et se poser comme la patronne sur ces championnats d'Europe. C'est bien parti avec trois médailles ce jeudi pour autant d'engagés, dont une finale 100% géorgienne en -81kg entre deux combattants clairement au-dessus du lot. Et ce n'est sûrement pas fini avec deux champions du monde juniors du pays à la Croix de Saint George engagés demain. 

Eliminations précoces
L'analyse est cruelle. Mais à peine une heure et demi de compétition passée que les trois Français du jour étaient déjà éliminés. Chez les féminines, Gilles Bonhomme (responsable national) et Amina Abdellatif avaient décidé de ne pas aligner de -63kg. Du coup, la seule Kaila Issoufi (-70kg, SGS Judo), junior 1re année, était de la partie ce jeudi. Troisième à Malaga cette saison la Génofévaine suppléait Morgane Férérol, blessée et qui a dû déclarer forfait dans cette catégorie. Au premier tour, elle affrontait l'Allemande Ricken. Un combat dominé limpidement par la judokate allemande. Impuissante, la Tricolore subissait un o-uchi-gari puis un ippon-seoi-nage pour deux waza-ari synoyme d'élimination. 
Chez les masculins, Hufo Metifiot en -73kg, pouvait maudir le tirage. Vainqueur à Malaga mi-mai, battu au premier tour à Leibnitz début juin, le judoka du PSG Judo qui n'était plus sorti à l'international depuis tirait le gros lot avec le Russe Makhmadbekov, médaillé sur ses six sorties internationales cette saison. Vainqueur à Lignano (Italie) et Saint Pétersbourg (Russie), 3e à Leibnitz (Autriche) et Berlin (Allemagne), ce judoka, très bon en liaison debout/sol, était un sacré morceau pour une entame de compétition. Trop gros pour Metifiot. Elégant judoka mais dont la descente au poids est de plus en plus un combat, le Tricolore, en retard ua kumikata, se fait transpercer par Makhmadbekov sur un koshi-guruma à droite puis un kata-guruma. En -81kg, Giga Abuashvili, vainqueur de la coupe européenne juniors de Pologne et seniors de Sarajevo cette saison (et vice-champion de France juniors 2019 et 1re division seniors 2018), contrôle les très fortes tentatives de kata-guruma du Britannique Moorhead, commence à prendre le dessus physiquement, mais sur une tentative de hikkokomi-gaeshi subit un ko-uchi-gari fulgurant valorisé waza-ari par la table à...douze secondes de la fin. Metifiot et Abuashvili qui verront leurs bourreaux finirent finalement en bronze à la fin de la journée. Une journée bien pâle pour le judo français dont on retiendra tout de même les excellentes prestations de l'arbitre tricolore Olivier Desroses, sur le bloc final depusi hier et qui aujourd'hui dirigeait la finale des -73kg. 

Grigalashvili survole les débats
On l'annonçait hier. La Géorgie, déjà vainqueur de deux titres hier, avait de solides arguments pour confirmer son leadership aujourd'hui. Banco. En effet, journée quasi-parfaite pour l'équipe géorgienne avec la démonstration, annoncée, de Tato Grigalashvili et Vladimir Akhalkatsi en -81kg. Mariam Tchanturia amène son écot à la performance du pays caucasien avec le bronze en -70kg. 

Sa saison senior aurait pu légitimement lui offrir une place de titulaire aux championnats du monde seniors au Japon. Vainqueur du Grand Prix de Hongrie, 3e à Zagreb, à Tbilissi, au Grand Chelem d'Azerbaidjan et aux Universiades, Tato Graigalashvili arrivait donc sur ses championnats d'Europe comme un épouvantail. L'homme à battre en -81kg, c'était lui ! Un judoka à l'objectif tout trouvé : le titre et rien d'autre. Passé par le Grand Quevilly Judo, le Géorgien avait fini 3e en 2017 (en -73kg) et en 2018. Mais aussi 3e aux Monde juniors en 2017, après une demi-finale démente contre Hidayat Heydarov.
Aujourd'hui, il a dominé son sujet toute la journée, avec sérieux, efficacité et opportunisme. En demi-finale, il place un utsuri-goshi bien senti, presque facile contre le Letton Zarudnevs Finalement seul son compatriote Vladimir Akhalkatsi l'obligera à rester sur le tapis pour un golden score lors d'une finale entre Géorgiens. Dominant dans les initatives, mais mis en danger par un Akhalkatsi tranchant, Grigalashvili trouve la faille sur un o-uchi-gari très vif au début du golden score. Supérieur, dégageant l'assurance tranquille d'un combattant habitué au très haut niveau senior, Grigalashvili fit preuve d'un flegme serein toute la journée, y compris après sa victoire en finale. Il sera incontestablement l'un des favoris au titre mondial dans un mois à Marrakech. 
A noter aussi la prestation d'Akhalkatsi, junior 2e année, un gaucher aux sode-tsuri-komi-goshi virevoltants (le Slovaque Barto en a fait le frais en demi-finale), visiblement très (très) puissant, plein de malice avec des makkikomi bien sentis, en particulier contre le Russe Novruzov en 1/4 de finale. Barré par Luka Maisuradze (en bronze à Tokyo il y a dix jours) et Grigalashvili la saison dernière, vainqueur des championnats d'Europe -23 ans cette saison, Akhalkatsi est le plus jeune d'un infernal trio géorgien en -81kg qu'il faudra suivre lors de la prochaine olympiade. 

Sterpu, Ozbas et Petersen Pollard couronnés
En -73kg, le Moldave Victor Sterpu règle tout le monde avec une puissance physique injouable ce jeudi. En finale, il placarde le Russe Gamosov, par ailleurs excellent technicien, sur une prise de l'ours de mammouth. Chez les féminines, la Hongrie remporte un titre grâce à Szofi Ozbas, junior 1re année, qui place un gros o-goshi en finale à l'Allemande Winzing. En -70kg, la Britannique Petersen Pollard stoppe la finalement résistible ascension de Ai Tsunoda, championne d'Europe cadette fin juin, sur un koshi-jime (en passant sous l'aisselle) pour faire retentir le "God save the Queen" à Vantaa. Même si elle termine en argent, la performance du jour est tout de même pour la fille de Go Tsunoda, coachée aujourd'hui par sa mère. Très précoce, celle qui avait remporté la Coupe de France minimes en 2016, montre une nouvelle fois un potentiel qui sort clairement de l'ordinaire. A voir, son combat contre l'Allemande Marlene Galandi, l'une des belles bastons de la journée. 

La Géorgie pourra-t-elle être rejointe ? 
Avec trois titres, la Géorgie a fait le trou. Et quand on sait que demain seront alignés Gela Zaalishvili (champion d'Europe et du monde juniors 2018 en +100kg et vainqueur du GP de Croatie seniors cet été) et Lasha Bekauri, champion du monde juniors 2018 en -90kg...
La France rétrograde à la troisième place, dépassée par une Russie déjà à cinq médailles. Demain de solides chances de podiums tricolores, en particulier avec les +78kg.

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