23:02 12 sep

CE Juniors 2019 - J1 - Mokdar, et de deux !

L'argent pour Boukli, le bronze pour Gomès

Après Tokyo, Vantaa. Après le Japon, la Finlande. Après les championnats du monde seniors, les championnats d'Europe juniors. 
Dix jours à peine la belle médaille d'argent de l'équipe de France seniors au Nippon Budokan qu'une autre équipe de France est à l'oeuvre depuis ce mercredi. Cinq catégories, trois féminines (-48kg, -52kg, -57kg), deux masculines (-60kg et -66kg) pour une journée très productive pour les juniors tricolores avec une médaille de chaque métal : l'or pour Faiza Mokdar, l'argent pour Shirine Boukli, le bronze pour Benjamin Gomes. Seule la Géorgie fait mieux avec deux titres. Et la confirmation de l'arrivée sur le circuit junior d'un avion de chasse russe, un Mig au féminin du nom d'Irena Khubulova. 

Mokdar, toujours aussi bluffante
Souveraine à Leibnitz où elle bat nettement les deux Japonaises engagées, remportant Berlin en étant pas à niveau optimal (ce qui est très rare chez elle), n°2 mondiale, championne d'Europe en titre, on voyait mal comment ce titre européen pouvait échapper à Faiza Mokdar. D'autant que la seule Européenne qui aurait pu contrecarrer ce doublé annoncé, l'Israélienne Gefen Primo (12e mondiale seniors, vainqueur du GP du Canada), était absente. A voir la détermination, la précision sur les mains et son efficacité lors de son premier combat contre l'Autrichienne Kaiser, tout laissait penser que la triple championne de France 2018 (cadette, juniors, seniors) était dans un très bon jour. Ce qu'elle a confirmé jusqu'au bout, y compris en finale contre la Serbe Petrovic, qu'elle avait battu pour la victoire à Berlin. Très forte sur son uchi-mata, la Française prend l'avantage sur cette technique rapidement, subit une alerte sur o-soto-makkikomi et finit par contrer la Serbe sur l'arrière pour s'offrir sa seconde couronne continentale consécutive. Attendue, Mokdar n'a pas déçu. Toujours aussi bluffante par sa décontraction non feinte, son panel technique et sa maturité, la protégée de Nicolas Mossion au PSG Judo confirme son statut de pépite du judo féminin. Au-dessus du lot ce jeudi on a déjà hâte de la voir à Marrakech, dans un mois, face aux meilleures mondiales : la Japonaise Ryoko Takeda (championne du monde aux Bahamas l'année dernière et tombeuse de Mokdar dans une demi-finale très intense), la Brésilienne Larissa Pimenta (19e mondiale seniors, 3e au Grand Chelem de Bakou) et donc Gefen Primo, vice-championne du monde juniors 2018. 

Boukli et Gomes, c'est convaincant
Régulière dans la performance cette saison avec sa 3e place à Lignano, sa 5e place à Leibnitz et sa 2e place à Berlin, Shirine Boukli du FLAM 91 avait donc des ambitions légitimes au podium en -48kg. Remarquable de ténacité face à l'activité incessante mais très brouillonne de la n°1 du jour, la Serbe Stojadinov, la championne de France trouve la solution après 3'28 de golden score. Visiblement avec une grosse caisse ce mercredi, Boukli sent remarquablement le coup lors du golden score pour planter la Russe Sergeeva sur un uchi-mata à droite en surpassement. Un beau mouvement plein de sensations. Il n'y aura qu'Irena Khubulova, en finale, pour mettre un stop à la Française durant cette très solide journée. 
Même sentiment de positivité et de satisfaction à la vue de la prestation de Benjamin Gomes (AJA Paris XX, -66kg). En bronze à Malaga en mai et à Poznan début août, l'élève d'Alexandre Borderieux aura fait montre d'une concentration constante, appliquant scrupuleusement et sans faiblir son schéma tout au long de cette journée. Très précis et rapide sur les main avec son kumikata de gauchers - avec une réussite remarquable à saisir la manche adverse en premier - , Gomes sort le n°1 de la journée, le Roumain Bors Dumitrescu, sur un ko-uchi-gari au corps-à-corps à quelques secondes de la fin. Une victoire forte. Arrivé en demi-finale, le Française domine franchement le Moldave Osmanov mais se fait cueillir, un peu bêtement, sur ces contres qu'on a beaucoup vu lors des championnats du monde à Tokyo : une attaque où l'initiateur tombe à genou et où l'adversaire s'acharne à retourner l'attaquant sur le dos, quite à traîner l'autre sur quelques mètres. Rageant. 
Toutefois, le Français ne laisse pas filer l'occasion de monter sur le podium (le premier pour un Tricolore masculin depuis le titre d'Aurélien Diesse en 2017), plaçant son spécial, un ko-uchi-gake à la manière de Hirotaka Okada, au Hollandais Verhorstert lors du combat pour le bronze. Largement mérité, sur la journée, pour "Benji" Gomes. 
L'autre Français de la catégorie, Yhonice Goueffon (PSG Judo), visiblement sans jus et en dedans, ne passe pas face à son premier adversaire, le Hongrois Pongracz. Pourtant dominant, le Parisien se fait surprendre par un o-soto-gari à gauche dès l'entame du golden score. Une technique que le Magyar avait gardé dans sa manche et qu'il sort, malheureusement, au bon moment. 
En -57kg, défaite en tableau des deux Françaises du jour, Ophélie Vellozzi (PSG Judo) et Ambre Saba (AJ Limoges). 

Irena Khubulova, la Bilodid russe ? 
On vous avait parlé d'elle l'année dernière, alors qu'elle avait survolé les championnats d'Europe cadets. Impressionnante de maturité judo et d'impact, Irena Khubulova confirme aujourd'hui qu'à l'image d'un Mikhail Igolnikov ou Niyaz Ilyasov il y a quelques années, il va sans doute falloir retenir ce nom russe comme étant celui d'une potentielle future terreur du circuit senior. Junior 1re année, Khubulova n'est sortie qu'une seule fois cette saison, mi-août à Cluj (Roumanie). Victorieuse lors de cette coupe d'Europe au niveau modeste, la présence de celle qui fut vice-championne d'Europe cadette en 2016 (elle était alors 1re année), seulement battue par Daria Bilodid, n'était pas certaine. Finalement présente, elle a réglé toutes ses adversaires. Sa première victime fut l'autre Tricolore de la catégorie, la vice-championne de France, Julie Weill dit Morey (ESBM Judo) qui subit un terrible mais superbe ko-soto-gari en action/réaction. Gauchère, posture droite avec beaucoup de gainage, Khubulova perce les défenses adverses avec un système d'attaque construit uniquement autour d'ashi waza : un très fort uchi-mata (son spécial), un o-uchi-gari et un o-soto-gari avec aussi beaucoup d'impact, elle ne craint pas non plus le corps-à-corps enfonçant dans le tapis l'Espagnol Lapuerta Comas sur tani-o-otoshi en demi-finale. En finale, c'est son spécial qui lui offre la victoire face à Boukli dans un combat qu'elle aura globalement maîtrisé. 
Absente du circuit en 2017, elle est invaincue à l'international depuis sa défaite en finale des championnats d'Europe cadets face à la désormais double championne du monde seniors ukrainienne. Soit près de trois ans. Avec Faiza Mokdar, elles sont incontestablement les deux noms à retenir de ce mercredi. 

La Géorgie mène la danse
Avec trois podiums dont un titre, la France pouvait légitimement postulé à la première place du classement des médailles. Oui. Sauf que la Géorgie, sur les deux dernières catégories du jour prend l'or avec le -66kg Giorgi Tutashvili et la -57kg Eteri Liparteliani. 
Une place que le pays à la Croix de Saint Georges compte à coup sûr garder demain avec deux clients en -81kg, Tato Grigalashvili et Vladimir Akhalkatsi et la -70kg Mariam Tchanturia. 

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