17:07 15 sep

CE juniors 2019 - BILAN - Les cinq points à retenir

La France deuxième nation derrière une Géorgie qui frappe fort

Alors que la France vient de terminer au pied du podium de l'épreuve par équipes, battue par l'Italie en tableau et l'Allemagne pour le bronze (un 4-0 sec), quelles leçons tirer pour l'équipe tricolore de ce championnat continental ? Que retenir de cette épreuve organisée à peine un mois avant les derniers championnats du monde de l'olympiade à Marrakech ? 


1) France...merci les filles (bis) ! 
 Sur le strict plan comptable le parallélisme entre les équipes seniors et juniors françaises, à deux semaines d'intervalle, saute aux yeux. Alors que les filles cartonnent, les garçons sont dans le dur. Trois titres à Tokyo. Deux à Vantaa, pour Faiza Mokdar (-52kg, PSG Judo) et Léa Fontaine (+78kg). Auxquelles il faut ajouté l'argent de Shirine Boukli (-48kg, FLAM 91) et Assia Said Errhamani (-78kg, CGH Hautboudin Judo). Des performances féminines qui permettent à chaque fois de finir première nation féminine et deuxième nation au classement des médailles. Chez les garçons c'est Benjamin Gomes (-66kg, AJA Paris XX) qui ramène la seule médaille masculine. Elle est en bronze. 
Donnée intéressante, les deux championnes d'Europe, Mokdar et Fontaine, ne sont que juniors 1re année. Deux pépites qui confirment donc, dès leur changement de catégorie d'âge, leurs capacités à être sur le toit européen junior, comme elles l'avaient fait pour leur dernière année cadette (elles sont toutes les deux championnes d'Europe en 2018). Mokdar a même un temps d'avance sur sa copine puisqu'elle est désormais double championne d'Europe juniors (et 5e des Mondiaux 2018 à Nassau). Deux solides atouts pour voir jouer la Marseillaise dans un mois au Maroc, même si la concurrence sera, c'est évident, plus dense. En -48kg, Shirine Boukli, franchement convaincante jeudi, aura elle aussi fort à faire sur le tatami de Marrakech puisqu'outre les combattantes brésilienne et japonaise, on peut miser sur la présence des deux Kazakhs (Nauatbek et Tynbayeva), très performantes et donc candidates désignées au podium (voire plus). En -78kg, Said Errhamani réalise hier une journée pleine en mode guerrière. Une belle surprise pour celle qui a décidé de rester s'entraîner au Pôle espoir de Lille. Un groupe féminin qui partira donc avec de solides arguments pour en découdre sur le sol du royaume chérifien. 
Des certitudes, l'équipe de France masculine, n'en a en revanche que très peu. Neuf combattants, deux classés (outre Gomes, Tanou Keita termine 5e en -100kg mais sur une jambe suite à sa blessure en demi-finale...rageant), six défaites au premier tour, dont trois, certes, sont perdus contres des futurs médaillés (en -73kg, -81kg et -90kg pour Caroly). Néanmoins le constat reste cruel. 
"En discutant avec eux après leurs combats, il ressort que beaucoup étaient inhibés. La peur de vouloir trop bien faire ! Ils ne se sont pas lâchés, comme cela avait pu être le cas lors de Coupes d'Europe. Peu ou pas d'attaques, par peur de se faire contrer par exemple, c'est rédhibitoire pour pouvoir s'imposer à ce niveau" analyse à chaud Stéphane Frémont, responsable du groupe masculin depuis maintenant plusieurs mois. Sortant du lot, Benjamin Gomes a su se montrer constant dans l'application de son schéma technico-tactique, concentré et confiant en lui-même. Cette prestation globale décevante aura-t-elle des conséquences sur la sélection pour les championnats du monde ? "Personnellement je défendrai l'idée d'une prise en compte de la saison internationale et non de ces seuls championnats d'Europe, en regardant par exemple quels combattants étrangers ont battu les garçons lors des différentes coupes d'europe auxquelles ils ont participé. Nous ne sommes pas là, je pense, pour les "casser" mais pour les accompagner" explique l'ancien responsable de l'équipe masculine senior. 
Réponse mercredi ou jeudi pour la sélection française qui ira au Maroc. 
Dernier point qui n'est - malheureusement - pas une nouveauté : le nombre de défaites en ne-waza lors de l'épreuve par équipes : Kaila Issoufi contre l'Italie (blessée d'ailleurs au coude), Hugo Metifiot contre la Pologne (étranglé à en perdre presque connaissance), Ambre Saba contre l'Allemagne. Un constat qui doit interroger, surtout quand on remarque que l'arbitrage international, depuis les championnats du monde seniors, a tendance à laisser encore plus de temps aux combattants prenant des initiatives claires au sol. 

2) Olivier Desroses en vedette 
Il aura été de tous les blocs finaux, arbitrant même la finale des -73kg et celle du "par équipes" entre la Russie et l'Italie. Un gage clair et mérité de confiance de la part des superviseurs vis-à-vis de l'arbitre français originaire d'Orléans. 


3) La Géorgie en patronne
Avant ces championnats d'Europe, l'équipe potentiellement alignable par le pays à la Croix de Saint Georges avait de quoi faire peur. Choisissant effectivement cette option, la Géorgie a dominé le premier jour avant d'écraser la compétition de sa puissance masculine. Neuf médailles, six titres ! Chez les masculins, huit judokas sur neuf sont classés dont cinq sont champions d'Europe. Trois sans surprise avec Tato Grigalshvili en -81kg et Gela Zaalishvili en +100kg. Deux combattants qu'on voit déjà régulièrement sur les podiums seniors  depuis cette saison. Un autre, Lasha Bekauri, champion du monde 2018 -alors qu'il n'était que 1re année- qui venait chercher un titre continental qui l'avait fui l'année dernière. Un jeune combattant extraordinaire pour sa détermination et son engagement. A l'image de ses copains (l'ambiance de groupe au sein des collectifs masculins géorgiens est toujours un plaisir à observer), la compétition sublime,  transcende, élève ces guerriers venus du Caucase. Mais lui encore peut-être plus que les autres. Sa demi-finale homérique contre le Russe Mansur Lorsanov (son tombeur l'année dernière à Sofia lors des Europe 2018) finira de convaincre les sceptiques. Trois titres un peu plus surprenants avec la -57kg Eteri Liparteliani, le -66kg Giorgi Tutashvili (on attendait peut-être plus Kapanadze) et le -100kg Ilia Sulamanidze. A noter aussi la grosse impression laissée par l'autre -81kg, le junior 2e année, Vladimir Akhalkatsi et et ses sode surpuissants. En clair, la relève géorgienne masculine est là et elle fait déjà peur. 

4) Une Russie qui se cache (un peu)
Troisième nation avec tout de même huit médailles (un titre, deux médailles d'argent et cinq de bronze), on attendait sans doute la Russie à meilleures noces. Mais, un peu à l'image de la stratégie adoptée chez les seniors, plusieurs leaders avaient été laissés à la maison par le staff russe : Kazbek Naguchev en -66kg (1er à Berlin, 5e aux Monde 2018), Madina Taimazova (-70kg, championne d'Europe juniors 2017, 5e au Grand Prix de Zagreb et 2e aux Universiades cette saison), Kanvey Kanikovskyi (-100kg, 1er à Coimbra, Saint Petesbourg et Berlin). En -73kg, catégorie doublée à Vantaa (pour une médaille d'argent et de bronze), Georgii Elbakiev (1er à Leibnitz, 2e au Grand Prix seniors de Hongrie début juillet), n°1 national, ne combattra finalement qu'en équipes. Enfin +100kg, même traitement pour David Babayan (vainqueur à Leibnitz et à Saint-Pétesbourg et en bronze aux Europe 2018), qui sera de la victoire avec ses coéquipiers aujourd'hui. Nul doute que tous ces leaders seront aux championnats du monde. Ca promet ! 

5) Les noms à retenir
Il y a tout d'abord les juniors première année qui s'imposent avec la manière : les Françaises Faiza Mokdar et Léa Fontaine bien sûr. Mais aussi le Turc Salih Yildiz en -60kg et ses gros coups de hanche. Et surtout la Russe Irena Khubulova en -48kg. Une micro-machine à la très belle posture et aux ashi-waza (en particulier uchi-mata) létaux. Son action/réaction contre la Française Julie Weill dit Morey est juste sensationnelle.
Encore plus jeune, Ai Tsunoda, cadette 3e année, finit vice-championne d'Europe en -70kg. Une erreur de flottement en finale mais confirmation est faite d'une précocité talentueuse. 
Il y aussi les judokas déjà connus chez les juniors et/ou les seniors qui ont confirmé leur statut et seront des prétendants logiques à la victoire dans un mois : la Portugaise Sampaio en -78kg (déjà au pied du podium chez les seniors il y a deux semaines), le surpruissant Moldave Victor Sterpu en -73kg et la triplette géorgienne Tato Grigalashvili en -81kg, Lasha Bekauri en -90kg et Gela Zaalishivili en +100kg. 

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