18:02 29 jun

CE cadets 2019 (J3) - Liveze, trop balaise !

Second titre pour les masculins, l'Italie termine première nation

Ultime journée de la compétition individuelle, ce samedi a vu Kenny Liveze imiter son copain de club, Romain Valadier-Picard en allant chercher un titre européen après une finale homérique. Sans doute la plus intense et excitante de ces trois jours. Une seconde médaille d'or masculine pour les AC Boulogne-Boys de Jean-Christophe Allain et un résultat final inédit (depuis plus d'une décennie !) puisque ce sont les féminines qui ont l'habitude de pourvoir la musette française en titres continentaux. Côté face, deux nouvelles cinquièmes places, dans les deux catégories lourdes. 
Un samedi marqué aussi, encore devrait-on dire, par un titre italien. Le quatrième en individuel pour une première place au classement des nations pour les judokas de la Botte, devant la Russie et ses douze médailles. Le fruit d'un travail de fond qui paye pour une nation sur laquelle beaucoup n'aurait pas forcément miser une lire, il y a seulement quatre-cinq ans, sur ce leadership continental chez les jeunes. 

Le coup de folie gagnant de Liveze
Quelle finale ! Ce combat pour le titre entre Liveze et Guseinov fut d'une qualité exceptionnelle, pour cette catégorie d'âge, sur ces championnats. Sur l'impact, la précision du kumikata, le rythme et l'engagement.
Malgré un arbitre central qui se se faisait déjuger deux fois par l'assistance vidéo et qui du coup ne décidait plus rien, le résultat n'aura heureuement pas eu à en souffir, avec un ura-nage venu de l'espace victorieux du -90kg tricolore. Mené waza-ari sur une action en bordure en ko-uchi-gari, un peu confuse mais que le Russe Guseinov poussait jusqu'au bout, le Français eut l'intelligence de sortir d'un schéma stérile à base de yoko-guruma que son adversaire lisait de mieux en mieux pour tenter un "coup de folie" comme il le disait lui-même à la descente du podium. Prenant l"initiative à un peu plus d'une minute de la fin, il surprenait totalement Guseinov en passant comme une fusée dans son dos pour l'arracher et le placarder sur le dos. Très constant et efficace dans son schéma technico-tactique à base de sumi-gaeshi et o-soto-gari toute la journée (malgré une petite frayeur sur son premier combat), Liveze a montré ce samedi le meilleur de lui-même : concentration, adaptation, efficacité et impact. Du bel ouvrage pour un garçon, qui comme son compère de l'AC Boulogne-Billancourt, rentrera en Terminale S en septembre et qui dédiera sa victoire à ses parents et à sa soeur, les larmes aux yeux. 

Deux Français encore au pied du podium
C'est sans doute l'un des enseignements qu'il faudra tirer pour le staff national. Statistiquement la France aura collectionné le plus de cinquièmes places toutes nations confondues sur cette compétition. Six au total ! Ce samedi, ce sont Liz N'Gebeleya, en +70kg, qui après une victoire méritée en 1/4 face à la Turque Oturk s'inclinait par deux fois au sol : en demi-finale sur une clé de bras de la Moldave Daicenco, en place de troisième sur un étranglement face à l'Italienne Tavano.
Même scénario côté masculin puisque Mathias Anglionin se faisait dérouler deux fois en gaeshi par le Géorgien Demetrashvili (futur 2e) en 1/ 4 de finale avant de remonter les repêchages, battant par deux fois ses adversaires hollandais et biélorusse sur le rythme. Mais alors que le combat pour le bronze était pour le moins indécis, il se faisait surprendre par l'Azéri Mammadov qui le cueillait sur un ko-soto-gari et voyait donc une seconde fois ses espoirs de médaille envolés lui qui avait déjà fini cinquième l'année dernière. 
Les autres Français du jour ? Arnaud Aregba, en -81kg, chutait dès son premier combat contre le Turc Demirtas, allant chercher rapidement un corps à corps dont il sortira finalement perdant. Une déception car le champion de France en titre s'était montré constant à l'international avec trois cinquièmes places, en Croatie, Allemagne et Pologne. En -70kg, Juliette Diollot, alors qu'elle menait waza-ari grâce à son uchi-mata changeait son schéma de main et se faisait punir deux fois par la Tchèque Zarybnicka, sur o-uchi-gari. Une déception aussi sachant que la judokate d'Yzeure Judo avait été médaillée de bronze à Zagreb et à Bielsko Biala et 5e à Berlin et avait donc prouvé ses qualités au nivau international. 
L'autre Française de la catégorie, Marie Desangle commençait mieux en battant l'Ukrainienne Tsimko sur un coup de volant, en forme de uki-otoshi. Mais au tour suivant, celle-ci subissait d'entrée le uchi-mata à gauche de la Géorgienne Gulbani qui suivait au sol. En repêchage, la Couronnaise, cadette 1re année, médaillée de bronze à Villebon mi-avril et 5e en Pologne, se montrait dangereuse sur ses tentatives d'uchi-mata au début du combat avant de baisser un peu le pied physiquement à la fin des quatre minutes et de subir un contre de l'Allemande Scheeerat au début du golden score. 

Ai Tsunoda-Roustant, c'est costaud
On la revoit encore gagner la Coupe de France minimes 2016 à Villebon où elle avait complètement surclasser ses adversaires. Un gros potentiel qu'on se réjouissait de voir aux championnats de France cadets 2017 et pourquoi pas sous les couleurs tricolores. Sauf que la fille de Go Tsunoda, membre du staff anglais pour les JO de Londres et marié à une Française, actuellement entraîneur de l'équipe portugaise et expert réputé, a décidé de combattre pour l'Espagne. Aujourd'hui, la "fille de" offre donc un titre à la délégation ibérique. Pas de judo champagne pour ce petit gabarit dans la catégorie des -70kg mais de la maîtrise, de très bons appuis et de l'efficacité avec en guise de "spécial" au sol, un shime-waza qui fera taper la Lettonne Dolgilevica en finale. Chez les lourdes, le dernier titre italien est offert par Erica Simonetti qui s'impose sur une forte poussée au sol suivie en immobilisation.
En -81kg c'est le Russe Edisultanov qui s'impose, battant le puissant Ukrainien Valieiev sur un uchi-mata gaeshi aérien. 
A la manière des deux Russes en -66kg qui se retrouvaient pour la victoire finale, les deux +90kg Géorgiens ont offert aux spectateurs de la Torwar Arena l'ultime combat du jour. La victoire revient finalement à Giga Tatiashvili.

Une première depuis 2003
Ces championnats d'Europe cadets resteront donc comme un retour au premier plan des masculins français, dans le dur depuis de nombreuses années. En effet, le dernier titre avant celui de Romain Valadier-Picard remontait à 2014, avec Romaric Bouda. Cinq années sans titre donc au niveau continental. Et trois ans sans médailles puisque les derniers garçons à être montés sur un podium continental cadets étaient Hugo Metifiot et Eniel Caroly en 2016. Un titre en forme de petit événement en soi donc, au regard des chiffres des années précentes. Mais deux titres... il faut remonter aux championnats d'Europe 2003 à Bakou pour trouver trace d'un résultat similaire avec Hervé Fichot et Cyrille Maret. 
Chez les féminines, avec deux médailles de bronze on se retrouve au même étiage que 2017 (Liza Gateau et Morgane Féréol). Le plus bas sur ces cinq dernières années avec 2014 (deux médailles aussi avec l'argent de Blandine Pont et le bronze de Gwenaëlle Patin). Pour se rassurer on pourra se dire que ce bilan sans or n'est pas structurel puisqu'en 2018, les filles ramenaient deux titres (Faiza Mokdar et Léa Fontaine), idem en 2016 (Charlène Quilghini et Romane Dicko). Par contre le nombre de médailles total des féminines, lui, ne dépassent plus les trois depuis 2014 (quatre médailles dont les titres de Marie-Eve Gahie et Morgane Duchêne en 2013).

La stratégie payante de l'Italie
L'équipe transalpine termine donc à la première place de ces championnats d'Europe. Troisième en 2018, septième en 2017, dixième nation en 2016, l'Italie valide par ce résultat sa stratégie de réorganisation de la filière "jeunes" opérée depuis 2015. Lors des cinq dernières éditions, seule la Russie avait réussi à remporté quatre titres (ou plus) lors de ces championnats d'Europe. Une réussite, comme l'était les trois titres mondiaux juniors italiens l'année dernière aux Bahamas puisque sur les quinze dernières années, seule la Russie encore (en 2013) et la France (en 2006) avaient réussi à glâner trois couronnes mondiales juniors, en dehors du Japon. Une performance rare et donc significative. 
Les Russes, eux terminent cette compétition à douze médailles. Une performance dans leurs moyennes récentes, même si l'année dernière le pays des Tsars avaient ramené sept titres de Sarajevo.  La Turquie complète le podium avec cinq médailles dont deux titres féminins. 
Une liste des athlètes qui auront marqué ces championnats d'Europe ? Citons pêle-mêle l'Italienne Scutto, les Russes Tsechoev et Guseinov, l'Espagnole Tsunoda, la Belge Corrao et les deux ACB-Boys, Romain Valadier-Picard et Kenny Liveze !

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