14:46 29 fév

Carnet noir - Disparition de Frédéric Cessin

Le 6e dan lyonnais avait cinquante-et-un ans

C’est avec stupeur et émotion que la famille du judo lyonnais a appris vendredi 28 février 2020 la disparition du sixième dan Frédéric Cessin. Âgé de cinquante-et-un ans, marié et père d’un garçon, les grandes lignes de son parcours avaient été résumées il y a dix ans par Florent Martelet, professeur au Dojo Gessien (Ain) où « Fred-le-nomade-sédentaire » avait sa licence depuis 2007. Son intégrité, son exemplaire longévité – il sourit un jour en descendant d’un podium régional en apprenant avoir battu le fils d’un de ses adversaires de jeunesse ! – et ses convictions exprimées d’une voix douce mais ferme auront marqué des générations de partenaires et d’élèves passés entre ses mains, des Arts martiaux de Vénissieux au Judo club de Saint-Priest (où il remplaça au pied levé son ancien professeur Gérard Morfin, décédé en plein cours en avril 2012), en passant par l’Amicale laïque de Mions, le Pôle espoir de Lyon et les nombreuses structures où il intervenait régulièrement.


Le goût de transmettre et de partager - Frédéric Cessin, ici à droite d'Hélène Receveaux lors d'une intervention de la médaillée mondiale 2017 à Lyon le 25 septembre 2019 ©Anthony Diao/L'Esprit du judo

Jamais vraiment revenu de son unique séjour au Japon en avril 2009 – « mais qu’est-ce que ça fait du bien de faire du judo ! » s’exclamait-il après chacune de ses séances sur place -, ni de la disparition de son père en 2015 (évoquée ici à la date du 27 mai), il organisait en famille le confidentiel mais chaleureux stage de Métabief (Haut-Doubs) où des jeunes pousses comme Cédric Olivar (champion de France 1D 2019 des -100kg) vinrent à l’époque s’initier aux joies des randoris intergénérationnels, des veillées vaisselle-bowling enchaînées sans passe-droit possible avec des montées d’escaliers en brouettes-pompes à sept heures du matin. Sitôt rentré à Lyon, Fred proposait régulièrement aux plus vaillants d’entre eux de passer les récupérer pour venir s’entraîner avec lui le mercredi soir au pôle de Grenoble – un trajet qui valait autant pour la qualité des séances arrivés à destination que pour celle des discussions à l’aller comme au retour. Avec toujours ce sens de la proposition bourrue : « C’est comme tu sens, moi j’ai de la place dans la voiture, avec ou sans toi j’irai de toute façon. »

S’il fallait résumer par une anecdote l'état d'esprit de ce poids lourd martial de 73kg, ce serait cette confidence au sortir de la douche, un soir d’élimination prématurée un dimanche de mai aux demi-finales des championnats de France seniors, à quelques jours de ses quarante-et-un ans : « Aujourd'hui j'ai pas été bon. Vivement lundi que je puisse travailler ça. »


Frédéric Cessin en action lors des championnats suisses par équipes ©Laurent Charbonnel/Archives Dojo Gessien

Un homme est passé. À sa mère Nicole, sa femme Nathalie, leur fils Yannick et tous leurs proches, nos plus sincères condoléances... Salut et merci Fred, puissent les autres mesurer leur chance de t’avoir auprès d’eux, là-haut.

 

 

 

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