16:05 02 nov

Baptiste Leroy : "Cet échec s'inscrit dans une mauvaise dynamique"

Trois questions au directeur technique du FLAM 91

Il est le directeur technique d'un des clubs phares du haut-niveau français, qui comptait deux sélectionnés aux championnats du monde juniors (Coraline Marcus-Tabellion et Jawad Abdelkrim). Deux judokas par ailleurs suspendus un mois avec six autres combattants présents à Zagreb.
L'échec français à une compétition internationale et une sanction auxquels réagit, avec son franc-parler coutumier, Baptiste Leroy.

Vous étiez présent à Zagreb pour les championnats du monde. Quelle analyse faites-vous de cette compétition et du bilan français ?
Je m'attendais plus ou moins à ce résultat. Le bilan des juniors s'inscrit dans la mauvaise dynamique que connaît le judo français depuis plusieurs mois. Chez les garçons, il ne fallait pas s'attendre à des miracles avec deux médailles européennes (le titre d'Aurélien Diesse et le bronze de Théo Raoul-Hebrard, NDLR). Selon moi, on pouvait viser l'objectif d'une médaille masculine, avec Aurélien Diesse. On ne l'a fait pas. Chez les filles, j'ai eu la sensation d'une dynamique globale un peu cassée. À Zagreb, je n'ai pas senti ni vu de progression chez des filles qui avaient pourtant commencé la saison très fort : je pense à Anaïs Mosdier, à Romane Dicko ou à notre -52kg du FLAM 91, Coraline Marcus-Tabellion, toutes médaillées ou championnes de France aux 1re division. Mosdier fait tout de même 5e au Grand Chelem de Paris début février ! Avec le recul, j'ai trouvé qu'il y avait une vraie différence avec 2015 en ce qui concerne la montée en puissance des sélectionnés pour arriver au top lors de ces championnats du monde (voir ci-dessous). À propos de Jawad Abdelkrim, j'ai l'impression que l'analyse qu'en fait Christophe Gagliano s'attaque plus à la personne qu'à l'athlète. Avec un bilan si dur, on peut presque se demander pourquoi il l'a sélectionné pour ces championnats du monde ? Pour Coraline, elle est arrivée à Zagreb après une blessure qui l'a gênée tout l'été. Du coup, elle avait clairement moins de sensations et de précisions qu'au début de saison. 
Ce que je retiens enfin, c'est le cap franchi par d'autres nations et leur prise en compte, dans toute sa mesure, de l'importance de ces championnats du monde juniors comme tremplin pour les seniors. Concrètement, le Japon est sur une autre planète puisqu'il gagne des titres juniors avec des cadettes et des titres seniors avec des juniors. Les autres pays qui m'ont fait forte impression ? L'Azerbaïdjan, la Mongolie, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan. Concernant la France, a-t-elle conscience de la place désormais majeure prise par cette compétition dans le calendrier international ? J'ai quelques doutes.

Du coup, selon vous, quelles initiatives devraient être prises pour répondre à cet échec ? 
Je pense tout d'abord qu'il faudrait qu'il y ait beaucoup plus de lien entre le responsable national (féminin ou masculin) et le responsable de Pôle France qui compte le plus de représentants sélectionnés ou au sein desquels ils sont passés. Par exemple, chez les garçons, j'aurais trouvé pertinent que Philippe Blanquet soit présent avec plusieurs "Marseillais" dans l'équipe (Raoul-Hebrard, Jean, Metifiot). Cela était le cas chez les féminines cette fois-ci avec Amina Abdellatif qui est au Pôle France Marseille, au sein duquel étaient ou sont passées beaucoup de judokates sélectionnées : Deleuil, Mosdier, Olarte, etc. C'était une bonne chose, je pense.
Ensuite, l'homogénéisation de l'entraînement, ça ne marche pas. Je reviens ici à 2015 : à l'époque, le staff junior (Severine Vandenhende pour les féminines, Christophe Gagliano pour les masculins) nous laissaient nos athlètes un après-midi par semaine pour du travail technique en club. Au FLAM 91, nous avions Marie-Eve Gahié, Sarah Harachi et Walide Khyar. Un travail spécifique fait en accord avec le staff à partir de 2014. Trois combattants qui seront médaillés européens ou mondiaux juniors. En clair, un management qui me paraissait pertinent et utile, entre club et entraîneurs nationaux, pour les athlètes puisqu'il y a deux ans, j'ai vu des combattants très bien préparés et sur une très bonne dynamique lors des championnats du monde aux Emirats Arabes Unis. Sur la base de ce fonctionnement qui nous avait paru positif, le club a demandé en janvier de réitérer cette initiative pour Shirine Boukli et Eniel Caroly. Malheureusement, la réponse a été négative. 
Plus globalement, je pense que le judo français ne doit pas se reposer sur l'inertie du système qui fait qu'il y a toujours un(e) judoka très très fort(e) qui arrive de lui-même, comme Teddy Riner ou Clarisse Agbegnenou. On doit absolument chercher à en produire (beaucoup) d'autres. 

Comment appréhendes-tu la sanction infligée aux huit juniors, dont deux (Coraline Marcus-Tabellion et Jawad Abdelkrim) sont licenciés au FLAM 91 ?
Pour nous, il ne peut y avoir de sanction puisqu'il n'y a pas d'infraction avérée. C'est un règlement de comptes. Il faut trouver des coupables à cet échec sportif des championnats du monde juniors. Une réécriture de ce qui s'est passé la veille de la compétition par équipes, histoire de trouver des responsables à ce marasme. Lors des entretiens individuels, c'était six adultes contre un gamin puisque les parents n'ont pas été reçus, ni les entraîneurs ni non plus les présidents de club. Concrètement, nous avons envoyé un courrier au DTN pour contester cette sanction. Si elle reste sans réponse, nous saisirons les instances ad hoc

 

Les autres actualités similaires

Original-mizuno
Original-judocanada_gp_ad_310x310
Original-pav%c3%a9_boutique_edj
Original-original-310_militaires
Original-original-310_veterans
Original-pav%c3%a9_310__code
Original-original-310_cjuniors
Original-pav%c3%a9_skilbill
Original-original-310_cadets
Original-original-310_para_judo
Original-original-310_regions
Original-pave_310
Original-stage_judo_1-4_page
Original-fly-abo_sensei
Original-pav%c3%a9_310