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Archives EDJ - L'appétit de la "Péké"

EDJ38 - Les Panams 2012 vus par l'Argentine Paula Pareto

[Extrait d'un article paru dans L'Esprit du judo n°38]

À Pékin, les secondes précédant l’annonce de sa désignation comme vainqueur du second combat pour la médaille de bronze des -48 kg furent parmi les plus emblématiques de la dramaturgie olympique. Opposée à la Nord-Coréenne Ok Song Pak et menée d’un koka, la puce argentine, 5e aux Mondiaux de Rio l’année précédente (battue par Frédérique Jossinet), marqua à dix secondes de la fin sur une action confuse en kushiki-daoshi… mais au sore-made ses points avaient été attribués à son adversaire. Durant les interminables secondes que durèrent la rectification par la table, sur réclamation de Carlos Denegri, son entraineur, les spectateurs assistèrent au spectacle étonnant de deux jeunes femmes implorant les cieux en suppliant du regard leurs coaches respectifs. Les poings serrés, la Nord-Coréenne faisait des bonds de joie. En face d’elle, la « Péké » (de « pequeñita », la toute petite) ne pouvait réprimer la montée de hoquets de sanglots, mélange de sentiments d’espérance, d’injustice et d’incompréhension. Et lorsque l’arbitre désigna Paula, le judogi et les joues ruisselant de larmes et de sueur, première judokate argentine médaillée olympique, c’est son adversaire qui s’agenouilla à son tour, fauchée par l’émotion… Très discrète depuis au niveau mondial (3e au Grand chelem de Rio 2009, 7e aux Mondiaux 2010), la Buenos-Airienne se montre en revanche d’une régularité de métronome au niveau continental. Vainqueur des Jeux panaméricains 2011, elle a également remporté l’or aux Championnats panaméricains 2009 et 2011, et le bronze en 2010. Etudiante en 5e année de médecine et dingue de foot à ses heures, la n°9 mondiale se présentait cette année au Canada au sortir d’une grosse semaine d’examens.

Montréal. « Le voyage de Buenos-Aires à Montréal a duré treize heures, divisé en deux vols. Nous étions à l’hôtel Sheraton, à un quart d’heure du stade. La veille de la compétition, juste après le dîner, je me suis évanouie. Ça ne m’était jamais arrivé et je ne me l’explique d’autant moins que je n’ai pas de problème pour être au poids. Le stress peut-être ? Trois jours avant je passais un examen très important pour mon cursus universitaire… Va savoir ! Après, sur la compétition, l’ambiance était normale. Il faisait bon dans la salle, le tapis d’échauffement n’était pas très grand mais juste comme il fallait, et l’organisation avait veillé à nous distribuer des boissons. Il n’y avait pas beaucoup de spectateurs hormis les Canadiens. Ma famille serait bien venue mais c’était trop cher. »

Arbitrage. « Gros tirage d’entrée avec Sara Menezes, 3e à la Ranking derrière les deux Japonaises. J’étais menée deux ou trois pénalités à une lorsqu’elle a contré une de mes attaques pour marquer ippon. Sans vouloir chipoter, j’ai fait la même action cette année au Grand Prix de Düsseldorf en quarts de finale contre la Cubaine Dayaris Mestre, et l’arbitre ne me l’avait pas comptée au motif que son dos n’avait pas touché le tatami. Cette fois, le même mouvement a valu ippon à la Brésilienne… Bref. En repêchage, je prends la Chilienne et marque ippon à mi-combat sur sode-tsuri-komi-goshi. Derrière, je prends Diana Cobos l’Equatorienne. Je lui marque waza-ari sur sode et yuko sur eri-seoi-nage. En place de trois, je prends Luz Alvarez la Colombienne. Elle me marque waza-ari, je lui fais prendre deux pénalités et il me semble qu’une de mes attaques valait waza-ari mais tant pis. Je fais 5e, mon moins bon résultat aux Pan-Am depuis 2007 à… Montréal. »

Bilan. « Que les choses soient claires. Ces championnats panaméricains étaient pour moi surtout un entrainement pour les Jeux. Psychologiquement je ne les ai pas abordés comme les autres championnats panaméricains. Mon objectif, ce sont les Jeux de Londres, point. Je suis venue à Montréal pour faire des réglages, et je pense que c’était utile. Après, le résultat et ma manière de combattre, j’en ai parlé avec mon entraîneur Fernando Yuma, no comment [Sourire]. Je ne me suis pas sentie bien. Ce n’était pas un bon jour même si le point positif ça reste que j’ai pu voir où j’en étais dans la perspective du mois de juillet, qui reste le plus important cette année. Le niveau d’ensemble m’a paru bon. Les combats sont plus équilibrés que par le passé et ça c’est positif. Quant à l’ambiance en équipe d’Argentine, elle est excellente. »

Perspectives. « Après ces championnats nous prenons une semaine de repos avant de repartir à Miami pour disputer la World Cup et participer au stage qu’il y a derrière. Nous ferons la même chose début juin au Brésil pour le Grand chelem de Rio. Ensuite l’idée ce serait de venir en Europe en juillet pour l’entraînement, et de là continuer sur Londres… La différence entre la Paula 2008 et la Paula 2012 ? L’essence est la même, je suis juste plus expérimentée dans le judo comme dans la vie. J’ai fait beaucoup plus de compétitions et d’entraînements à l’étranger. Maintenant, notre catégorie des -48 kg est très serrée. Je suis toujours surprise de voir comme la hiérarchie peut basculer d’une compétition à l’autre. Vivement Londres ! » Propos recueillis par Anthony Diao

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