19:38 21 jan

Tournoi de France cadets - Faiza Mokdar, palme d'or 2018

La -52kg de Chilly-Mazarin Morangis fait le doublé après 2017

Rendez-vous majeur du calendrier cadets, la sixième édition du Tournoi de France, organisée dans la magnifique salle du Palais des Victoires, a livré son verdict samedi vers 18h30. Une compétition à prendre comme une répétition générale des championnats de France puisqu'à moins d'une blessure, tous les meilleurs cadets sont là. Une bonne occasion de voir les forces en présence. Ainsi, en 2017, quatre vainqueurs masculins du Tournoi de France devenaient trois mois plus tard champions de France (Romain Valadier-Picard, Orlando Cazorla, Evan Courties, Yanis Alouane), et deux chez les féminines (Faiza Mokdar et Morgane Féréol). Une compétition qui sert aussi de sélection pour la première sortie internationale (la Croatie les 10 et 11 mars prochains). Enfin, le Tournoi de France a été, comme en 2017, la première compétition nationale d'envergure où sont appliquées les nouvelles règles d'arbitrage entrées en vigueur en début d'année civile. L'occasion pour les arbitres continentaux et mondiaux français de se familiarisier avec ces dernières et, pour certains combattants, de découvrir les dernières évolutions. Un énième changement de règles que Jean-Jacques Rusca, arbitre mondial, expliqua (démonstrations en judogi à l'appui) pendant une demi-heure après la première pesée. 
Derrière, 532 judokas ont pris posssession des tatamis cannois. 
Ville du Festival du film oblige, voici comme les années précédentes le bilan de cet évènement sous forme de palmarès. Qui donc pour succéder à Romaric Bouda et Gwenaëlle Patin (2014), Blandine Pont (2015), Shirine Boukli et Eniel Caroly (2016), Morgane Féréol et Evan Courties (2017) ? 

Palme du meilleur combattant étranger 
Seule une petite délégation italienne avait fait le déplacement. Mais comme l'année dernière, elle repart avec un titre. En 2017, c'était Alessandro Magnani en -73kg. Cette année, c'est Paul Creata de l'Accademia Torino en -90kg. En finale, ce droitier marque un joli ippon à Benjamin Laran (EJT ES Bruges) sur harai-goshi. Seule médaille étrangère du jour puisque le -81kg du même club turinois, Alessio Galasso, finit cinquième.

Grand Prix du Jury
Féminines

En -40kg, Ghjuliana Ballo (Association Judo Pietralba) qui bat Mélissa Luce (Carros Judo) sur un premier waza-ari en contre et un second (synonyme d'ippon) à la dernière seconde sur uchi-mata. La Corse, redescendue de catégorie par rapport à 2017 (elle avait fini troisième en -44kg ici-même). Un choix gagnant. 
En -44kg, Léa Metrot (US Verneuil-sur-Seine) l'emporte sur Meghan Vo (Stade Laurentin Judo). Vainqueur l'année dernière en -40kg, Metrot, vice-championne de France 2017, remporte donc son second titre ici à Cannes, elle qui a gagné le tournoi de Harnes dans sa nouvelle catégorie il y a peu et avait fini septième aux championnats d'Europe en Lituanie. 
En -48kg, Éloïse Picard (Dojo Maritime) s'adjuge la victoire face à Léonie Gonzalez (Stade Bordelais ASPTT Judo) dès le début de combat, sur ko-uchi-gari. Seconde confrontation entre ces deux judokates ici à Cannes après celle de 2017, lors de laquelle Picard l'avait déjà emporté. Absente des championnats de France 2017 à cause d'une blessure, la Normande sera à surveiller pour le titre à Ceyrat dans trois mois. Une deuxième place frustrante en revanche pour la Bordelaise, championne de France en titre et cinquième du festival olympique de la jeunesse européenne (FOJE) l'été dernier, mais qui ne doit pas occulter le fait que Gonzalez continue à rester en haut de l'affiche dans cette catégorie, elle qui a gagné le tournoi de Clermont-Ferrand fin octobre. 
En -57kg, Fantine Rauzier (AJ Loire) monte Martha Fawaz (UJ 86) très haut sur un superbe uchi-mata. L'un des mouvements de ces finales, signé par celle qui avait fini deuxième dans cette même salle en 2017, alors que Fawaz est vice-championne de France 2017 et cadette deuxième année. Deux judokates en bronze à Clermont-Ferrand et qui, en montant donc sur le podium des deux plus relevés tournois de la saison, se positionnent comme les favorites au titre. 
En -63kg, Lucie Verney (Judo Sport d'Irigny) bat Élisa Sueur (JC Saint-Pierre-d'Oléron). Elle avait fini septième l'année dernière. Une catégorie qui vit donc de nouvelles prétendantes pointer le bout de leur nez. À noter toutefois la troisième place de Laura Haberstock (CJJ Pfastatt), en bronze aux championnats de France cadets 2017, cinquième à Cannes l'année dernière et titulaire aux championnats du monde chiliens. 
En -70kg, finale étouffante entre Sana Boudemagh (ACS Peugeot-Mulhouse) et Tatiana Brito (JC Pechbonnieu) avec un golden score de six minutes et trente secondes ! Mais c'est la Mulhousienne qui tire les marrons du feu avec un yoko-guruma. Trosième l'année dernière ici à Cannes, comme aux championnats de France 2017, Boudemagh se place comme une prétendante crédible à la succession de Morgane Féréol. 
En +70kg, Léa Fontaine (JC Saint Denis) ne traîne pas et lance un dynamique harai-makikomi pour ippon dès le début de combat face à Marine Grandin (FLAM 91). Souvent placée l'année dernière (troisième au Tournoi de France, cinquième aux championnats de France), Léa Fontaine se montre alors que le leadership de cette catégorie à prendre.
Masculins
En -46kg, Jessy Briard, formé à l'école Nice Judo de Michel Carrière, s'impose en finale à Lucas Panda (AJBD 21-25) sur un koshi-guruma soudain et au timing idéal puisqu'il est placé à cinq secondes de la fin, alors que rien n'avait été marqué jusque-là. 
En -50kg, le Marseillais Léo Di Nicola (OM Judo) profite d'un o-soto-gari lancé de trop loin par Kenzo NGuyen (JJJ Poissy) pour le contrer à la manière du premier mouvement du Go No Sen. Dominé sur le début de combat, Di Nicola profite de cette erreur pour gagner sur un ippon spectaculaire. À noter les troisièmes places de Heydar Ouchen (JJJC Gennevillois), premier à Clermont-Ferrand, et de Romain Valadier-Picard (ACBB Judo), champion de France l'année dernière dans la catégorie inférieure. 
En -55kg, victoire du champion de France 2017 Vincent Jourdan (GHBC Judo) face à Maxime Glatier (Dojo 13), dans un duel entre judokas des Bouche-du-Rhône. Seulement septième en Auvergne mais titulaire aux championnats d'Europe et du monde 2017, Jourdan, avec cette victoire, prouve qu'il est le premier candidat à sa succession.
En -60kg, seconde victoire de la journée pour un Niçois avec Maxime Gobert (OJ Nice), qui place un classique mais efficace yoko-tomoe/juji-gatame à Victor Brosset-Heckel (GUC-JC Grenoble 38). Seconde victoire après Clermont-Ferrand pour Gobert et un dossard de favori pour le titre national dans le dos. 
En -66kg, même remarque pour Graig de Freitas (Sucy Judo) qui lui aussi fait le doublé Clermont/Cannes. En finale, il immobilise Sylvain Romet (AM Saint-Gratien). 
En -73kg, Joey Padra (Bushido Club Trappes) trouve la faille sur Luc Da Ros (Stade Bordelais ASPTT Judo) alors que le Bordelais était jusque-là le plus dangereux. Mais sur une tentative de ura-nage de ce dernier, très solide sur ses jambes, le pensionnaire du Pôle Espoir de Bretigny, cinquième aux championnats de France 2017 mais septième à Clermont en octobre, restait bien à l'intérieur et plaçait un petit fauchage intérieur à droite qui plaquait Da Ros sur le dos. Une médaille d'argent qui, après sa troisième place à Clermont-Ferrand, fait toutefois du Bordelais le seul à être monté sur le podium des deux plus gros tournois cadets avec Bastien Dumas (Stade Clermontois Judo), en bronze en Auvergne et sur la Croisette. Ce dernier perdant en quart contre Padra après...10 minutes de golden score ! 
En -81kg, Maxime Gael NGayap Hambou (AM Asnières) est le troisième à gagner successivement Clermont puis Cannes. Un judoka déjà présent parmi les meilleurs cadets la saison dernière (en bronze à Cannes et aux championnats de France). La même finale qu'en Auvergne puisque NGayap Hambou s'impose à Kenny Liveze (ACBB Judo) sur un harai-makikomi trente secondes après le début du golden score. 
En +90kg, Tieman Diaby (Sucy Judo), deuxième à Cormelles-le-Royal, troisième à Harnes et absent à Clermont-Ferrand, fait monter les pénalités jusqu'au hansokumake contre Amadou Meité (CO Courcouronnes), troisième en Auvergne. 

Palme d'Or
Vice-championne du monde en août dernier (seule médaille française), invaincue au national la saison dernière et vainqueur des tournois de Berlin et de Bielsko Biala, ce Tournoi de France était la première compétition cadette de la saison pour Faiza Mokdar (JC Chilly-Mazarin-Morangis). Alignée sur les tournois juniors de Cormelles-le-Royal et Aix-en-Provence fin 2017, cette droitière complète (kumikata, nage-waza, ne-waza) est d'ores et déjà l'une des prétendantes au titre juniors, ayant fini troisième en Normandie puis finaliste en Provence, battue seulement par la Japonaise de la catégorie. Venue à Cannes défendre son titre, Mokdar a littéralement traversé la journée, avec une autorité et une domination absolues, ou presque. Elle retrouvait Lou-Ann Masson (La Couronne Grand Angoulême Judo), pour une troisième finale consécutive entre ces deux jeunes judokates, après Cannes 2017 et les championnats de France l'année dernière. Deux filles clairement au-dessus dans leur catégorie (voir plus bas). Très précise au kumikata, défendant bien au sol face à une adversaire dont c'est le gros point fort, Mokdar trouve la solution en marquant sur deux ippon-seoi-nage à droite. Auparavant, celle qui était ce week-end coachée par Nicolas Mossion (responsable du Pôle de Brétigny) avait placé un sasae-tsuri-komi-ashi malicieux à Auriane Audibert en quart de finale, puis un uchi-mata plein de confiance à Mame Diarra Sylla (AS Chelles), pourtant plus grande qu'elle, qu'elle enchaînait parfaitement en juji-gatame lors de la demie. Faiza Mokdar ? Sans aucun doute l'une des judokates les plus prometteuses du moment. 

Le bilan de ce TDF 2017
-Deux judokates font le doublé 2017/2018 ici à Cannes : Léa Metrot et Faiza Mokdar
Plus globalement, beaucoup de féminines déjà classées la saison dernière aux championnats de France sont encore présentes : Lilah Lagarde (AJ Loire), troisième aux championnats de France 2017 en -40kg, Léa Metrot, vice championne de France 2017 en -40kg et aujourd'hui en -44kg, Coralie Gilly (EC Judo Charron), championne de France 2017 en -44kg, troisième ce samedi, Léonie Gonzalez en -48kg, Faiza Mokdar et Lou-Ann Masson en -52kg, Martha Fawaz en -57kg, Laura Haberstock en -63kg et Sana Boudemagh en -70kg.

-La domination du duo Mokdar/Masson sur les -52kg
C'était la seule finale identique à celle de 2017 à Cannes et, comme dit plus haut, la troisième finale entre ces deux combattantes lors des deux plus importantes compétitions nationales. Deux filles qui sont en outre les deux dernières médaillées internationales dans cette catégorie d'âge puisque Lou-Ann Masson a remporté, fin juillet, l'unique médaille tricolore de la délégation française lors du festival olympique de la jeunesse européenne en Hongrie (en l'occurence le bronze). Comme Mokdar, Masson, hormis une petite frayeur lors du premier combat, est arrivée en finale sans être inquiétée. Véritable "machine" en ne-waza, la Couronnaise met au supplice ses adversaires dès qu'elles posent un genou au sol, par sa puissance, son opportunisme et son abnégation. Une capacité à presque toujours trouver la solution au sol plutôt rare et à saluer dans les catégories jeunes. 

-Chez les garçons, c'est plus flou
Pas de doublé Cannes 2017 et 2018 chez les masculins et seuls quatre garçons, classés ou vainqueurs à Cannes, étaient sur le podium des championnats de France 2017 : Romain Valadier-Picard, Heydar Ouchen, Vincent Jourdan et Maxime Ngayap Hambou. Ainsi, presque toutes les catégories semblent totalement renouvelées lorsque l'on compare les podiums de Cannes et des championnats de France 2017 avec les podiums de ce Tournoi de France 2018. En fait, seuls Vincent Jourdan et Maxime Ngayap Hambou restent classés, selon ce comparatif, dans la même catégorie de poids (-50kg et -81kg). 

-Le Pôle de Brétigny brille
Les judokas de la structure francilienne, coachés par Nicolas Mossion, Edwige Gillemot et Dimitri Dragin remportent 10 médailles (3 or, 2 argent, 5 bronze). <Derrière, on retrouve le Pôle espoirs de Nice qui en gagne 6 (1 or, 2 argent, 3 bronze). 

-Arbitrage : premières impressions
S'il est bien entendu trop tôt pour tirer un premier bilan des nouvelles "nouvelles" règles d'arbitrage, on a pu observer ce samedi que le rétablissement du waza-ari-awasete ippon avait réduit de manière claire le nombre de golden score. Autre ressenti, mais cette fois-ci de la part des arbitres : la difficulté à juger des situations lorsque les combattants "remontent" du ne-waza au tachi-waza avec action immédiate derrière.  
Toutefois, le plus significatif reste un sentiment quasiment unanime d'agacement, de colère ou de frustration  devant "les changements permanents du règlement qui dénaturent la pratique", comme le résumait un professeur. 

Les autres actualités similaires

Original-web-encartedj310x310-181017
Original-mizuno
Original-pav%c3%a9_skilbill
Original-original-310_militaires
Original-pav%c3%a9_boutique_edj
Original-original-310_veterans
Original-pav%c3%a9_310__code
Original-original-310_cjuniors
Original-pav%c3%a9_pp_judo
Original-original-310_cadets
Original-original-310_para_judo
Original-original-310_regions
Original-creps_2018
Original-stage_judo_1-4_page
Original-abonnement_sensei_10_ans_60_numeros