21:48 11 nov

Teddy Riner « S’exprimer, ça reste le plus important »

Avec 10 titres mondiaux, cap maintenant sur les JO 2020


Photo : Emmanuel Charlot / L'Esprit du Judo

Teddy, cet été nous te demandions ce que serait réussir les prochains mois. Tu nous avais répondu en souriant : « réussir ou mourir (rires) et 10 titres mondiaux, “ la decima” , dix titres, c’est clair, c’est rond. » (Voir L'Esprit du Judo n°69). On y est…
C’est beaucoup d’émotion, beaucoup de fierté aussi parce que je sais que je travaille pour ça. Parfois, il y a des doutes sur moi parce que je fais de grosses coupures, qu’il n’y a personne dans la catégorie… C’était donc important de montrer qu’il n’y a du monde dans la catégorie, qu’il faut savoir faire du judo et que même quand les -100kg viennent, le patron de la catégorie, c’est moi. Je suis très fier de le dire, je travaille pour ça. Cette dixième médaille, c’est la concrétisation de beaucoup de choses. Je ne dis pas que c’est fini, mais c’est un moment important. En 2007, j’avais remporté mon premier titre européen et mondial. Nous sommes bientôt en 2018. Cela fait du chemin parcouru.

Un chemin déjà long en ce qui te concerne…
C’est une récompense. C’est aussi une forme de remerciement aux entraîneurs qui ont été là durant toutes ces années à mes côtés, ma psychologue Myriam Selmi qui là depuis que j’ai 14 ans. C’est aussi un merci, une reconnaissance vis-à-vis de mes ennemis, car ils m’ont toujours tiré vers le haut. Je suis très content de marquer l’histoire de mon sport.

C’est symbolique ?
Oui, ce sont les dix doigts, les deux mains, c’est rejoindre au panthéon le record d’un Nadal à Roland Garros, le nombre de Ligues des champions du Real Madrid… les grands noms du sport.

Dix titres, tu arrives à mesurer ?
J’aurai le temps de me rendre compte, de me poser des questions et de me faire les réponses. Pour l’instant, je savoure, il est là. Je le rapporte pour tous ceux qui sont venus. Ils devaient être soixante-cinq ou soixante-dix à être ici. Mes parents, mes grands-parents venus de la Guadeloupe, ma femme, mon fils qui n’a que trois ans mais qui, j’espère, se souviendra de certains de ces moments, d’images de ce jour parce que se dépasser, atteindre ses objectifs, ça lui servira dans sa vie. J’essaie de montrer ça. Tous sont mon second souffle, mon poumon, ils me donnent du rythme, certains ont fait 8000 km et je me dis que je ne peux pas les décevoir.

La finale t’amène au titre, la demie est inattendue contre le Cubain… Toi, est-ce que tu gardes un combat en particulier de cette journée ?
Ils comptent tous, parce que, sur chacun, j’ai pris du plaisir, j’ai réussi à faire tomber, ce qui est vraiment le plus important pour moi. La médaille, c’est super, mais s’exprimer, c’est le plus important. Ne pas faire tomber, je le vis mal. Même à l’entraînement, Franck (Chambily) me dit de me calmer, de ne pas m’énerver. Certains viennent à l’entraînement pour mettre les bras, pour verrouiller. Moi je fais du judo pour progresser, pour prendre du plaisir. Et j’en ai pris beaucoup aujourd’hui. Réussir à faire tomber chacun de ses adversaires, c’est ça qui est jouissif pour un athlète de haut niveau.

Tu es arrivé ici plus entraîné qu’à Budapest ?
Non, parce que je m’étais entraîné comme un malade pour arriver en forme à Budapest, Franck (Chambily) et Christian (Chaumont) pourront vous le confirmer. En Hongrie, je manquais de repères pour ne pas avoir eu mes adversaires pendant un an dans les mains et ça laissait des questions en suspend. J’étais content de ce titre mondial, mais un peu déçu aussi je l’avoue, il manquait quelque chose. C’est pour ça que je suis revenu sur Zagreb, je m’étais aussi positionné sur deux Grands Chelems derrière où Franck n’a finalement pas voulu que je combatte. Après la Hongrie, il y a aussi eu beaucoup de fatigue liée aux sollicitations et à la candidature de Paris 2024 pour laquelle je me suis déplacé au Chili en tant que co-président de la commission des athlètes. Pas de vacances, un planning assez chargé. J’ai failli me blesser plusieurs fois. Là, nous sommes les 11 novembre 2017, dixième titre, je suis juste content et j’ai hâte de retrouver ma famille pour profiter. Et on va bien profiter !

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