10:26 23 oct

Paroles d’experts… et de passionnés / Arts Martiaux Lyonnais

Une doublette mère-fille implantée de longue date entre Rhône et Saône

Dans le cadre de son partenariat avec Mizuno, l'EDJ vous propose un mini-tour de France à la rencontre des plus fins connaisseurs des produits de la marque : ceux qui la commercialisent. Après l’Est de Bernard Schmitt et son magasin Aktiv Budo à Metz, le Nord de Marc Turcan (T-Sport) et Régis Delafontaine (RDS), l’Ouest avec Christophe Raoul (KMJ Sports), puis le Sud avec Hervé Serre (Leader-Sport) et le Sud-Ouest avec le Yamatsuki Ichiban de Jean-Jacques Cordomi, place aux Arts martiaux lyonnais de Suzanne et Isabelle Mayoud.

© DR - Isabelle et Suzanne Mayoud, dans leur boutique de la rue d'Austerlitz.

« Je dois passer chez la mère Mayoud. » S’il est une phrase qui figure au hit-parade de celles les plus souvent entendues dans les vestiaires de professeurs ou sur les parkings des dojos lyonnais au moment de prendre congé après une bonne peignée, c’est bien celle-ci. Véritable institution locale, la boutique de Suzanne (la mère) et Isabelle Mayoud (la fille) domine depuis bientôt quatre décennies le paysage équipementier des sports de combat de l’agglomération, et au-delà.

Retour en 1980. Lorsque débute cette année pivot du judo mondial et français – celle des premiers championnats du monde féminins et du sacre olympique fondateur de Thierry Rey –, la famille Mayoud a déjà plus que pignon sur rue dans la vie martiale lyonnaise. Père vice-président de la Ligue, fils compétiteur période Alain L’Herbette ou Roger Galavardin, mère investie dans le bureau du JC Croix-Roussien de l’incontournable Roger Bascobert… C’est ce dernier, arbitre mondial, qui leur fera rencontrer Jacques Noris. L’ancien champion d’Europe reconverti dans l’entrepreneuriat est alors à la recherche d’un concessionnaire sur la ligue. La mère et la fille se disent « pourquoi pas ? » et ouvrent bientôt un « bouclard » dans le local biscornu de 20 m2 d’un ancien architecte de la rue de Belfort, sur le plateau de la Croix-Rousse. Deux ans plus tard, les Arts martiaux lyonnais traversent la rue pour « plus grand ». Une boutique où les Mayoud  resteront jusqu’en 2000, année au cours de laquelle, outre l'embauche à leurs côtés d'un vendeur, elles ont l’opportunité d’emménager dans le même pâté de maison, rue d’Austerlitz, pour « 130 m2 d’espace de vente, 70 m2 de réserve, un sous-sol de 90 m2 et un étage avec bureau et nécessaire pour broder et floquer ». Tenue par la nièce de Georges Baudot, une antenne perdurera même pendant vingt-cinq ans du côté de Saint-Etienne, jusqu’à sa fermeture au printemps 2015, « faute de combattants » dans un centre-ville stéphanois qui eut connu des jours meilleurs. 

© Google - La devanture des Arts Martiaux Lyonnais, en 2016.

Au départ spécialisée dans le triangle judo-karaté-aïkido – « c’était la même fédération, et nous connaissions à peu près tout le monde sur la place » –, la boutique troque peu à peu les rayons à dominante noire et blanche pour des présentoirs plus colorés. Le point de bascule ? Les suites de la fameuse disqualification du karatéka lyonnais Dominique Valéra en 1975 à Long Beach en Californie, qui ouvrit une brèche vers l’essor du karaté contact et autres disciplines particulièrement gourmandes en protège-tibias, shorts flashy et paos. « Les filles de notre génération faisaient de la danse alors que celles d’aujourd’hui font de la boxe. Sociologiquement, c’est très intéressant à observer », sourit la patronne.

Côté gestion des stocks, la politique de la maison est claire. « Même si le parking du Gros Caillou, situé à cinquante mètres, permet à nos clients de se garer plus facilement qu’avant, notre quartier reste quand même problématique dès lors qu’il s’agit de trouver une place gratuite. Si, en plus, le client se pointe à la boutique et que nous n’avons pas ce qu’il recherche, nous pouvons être sûrs que, la fois d’après, il y réfléchira à deux fois et se posera la question d’aller essayer de trouver des produits similaires dans une grande surface à l’accès plus simple… Alors, oui, nous faisons en sorte d’avoir en boutique ce qu’il recherche. »

© DR - Petit aperçu de la boutique.

La vente à distance ? Techniquement chronophage dans un agenda déjà bien rempli par les stands partenaires à tenir lors des week-ends de compétition, elle prend le plus souvent la forme d’un site Internet vitrine, de commandes à passer récupérer au magasin ou de conseils téléphoniques. Côté marques, les Arts martiaux lyonnais privilégient « le sérieux, le suivi et la demande ». Le premier rapprochement avec la marque japonaise s’est effectué au moment de la constitution du S.A.M. (Spécialistes arts martiaux), un regroupement de commerçants spécialisés du Sud de la France, soucieux de faire face à la quasi O.P.A. que la grande distribution était en passe de réaliser, depuis « l’effet JO d’Atlanta », notamment sur le marché des judogis pour enfants. « Il y a eu plusieurs moments dans notre collaboration, développe Isabelle Mayoud. Depuis trois ou quatre ans, nous avons repris la distribution pour une gamme plus élargie qu’avant. Et je le vois lorsque les clients viennent essayer leur veste au magasin. Pour un judoka, c’est une forme de consécration : enfiler un Mizuno, il n’y a pas à dire, ça reste quand même la classe. »

© Sylvain Van Wymeersch - Les Arts Martiaux Lyonnais, jamais loin des tapis, comme ici à Ceyrat.

 

Arts martiaux lyonnais
18 rue d'Austerlitz - 69004 Lyon
Téléphone : 04 78 39 60 60
www.artsmartiaux-lyon.com

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