14:48 12 mar

Europe 2017, la sélection commentée

4 nouvelles titulaires chez les filles, 5 chez les garçons !

La commission de sélection a dévoilé il y a quelque jours la première équipe de France de l’olympiade, celle qui ira défendre les chances de la France en Pologne, à Varsovie du du 20 au 23 avril, pour le prochain championnat d’Europe. Deux groupes au potentiel de plus en plus contrasté : une équipe féminine toujours portée par des leaders au meilleur niveau, Agbenenou, Tcheumeo, Andeol, et des nouvelles venues déjà expérimentées et au top niveau mondial pour s’emparer des catégories en transition ou renforcer celles qui ne le sont pas, Receveaux, Pinot, Gahié.
C’est en revanche infiniment plus flou chez les garçons. Teddy Riner absent, la solidité sera du côté du médaillé olympique Cyrille Maret en -100kg. Le champion d’Europe -60kg Walide Khyar absent pour cause de blessure et l’inconnu qui domine en -66kg, en -73kg et en -81kg. Enfin Axel Clerget est sans doute l’un des combattants internationaux les plus en vues du moment en -90kg, mais la blessure qu’il s’est faite dès le premier randori du stage international de Paris ne le met pas dans les meilleures perspectives. L’équipe de France masculine sera vraiment au pied du mur en avril en Pologne.

Féminines

-48kg : Mélanie Clément
Le titre de championne de France pour la seconde fois de suite (avec une nette victoire sur Anaïs Mosdier en finale) et la finale du tournoi de Dusseldorf n’a pas suffit au comité de sélection pour choisir Mélanie Clément directement. Anaïs Mosdier, avec ses 18 ans, son judo prometteur et sa cinquième place à Paris, avait encore ses chances. Cela s'est joué  sur le Grand Prix de Géorgie où Mélanie Clément a encore pris ses distances avec sa jeune rivale avec un podium, tandis qu'Anaïs Mosdier finissait septième.

-52kg : Amandine Buchard
Astride Gneto est championne de France et cinquième à Paris, réussissant à imposer sa légitimité au moment de la transition post-olympique. Mais Amandine Buchard est revenue avec beaucoup de talent rappeler qu’elle est la dernière championne du monde juniors française en date (en 2014 dans cette catégorie) et s’est affirmée en  leader avec une finale à Dusseldorf et une médaille d'or en Géorgie.

-57kg : Hélène Recevaux (US Orléans) et Priscilla Gneto (ES Blanc Mesnil Judo)
Pas de doute sur la hiérarchie entre ses deux là (rappelons tout de même que la championne de France est Laetitia Blot devant Hélène Receveaux, pour sa dernière compétition de judo) depuis le formidable uchi-mata placé par Receveaux à Gneto au Tournoi de Paris. Mais en finissant troisième du rendez-vous parisien, Priscilla Gneto a montré qu’elle s’était rapidement adaptée à la catégorie. Moins heureuse en Allemagne, elle a tout de même proposé une très belle opposition à la n°1 mondiale, la Mongole Dorjsuren. Une sélection avant le Grand Prix de Géorgie qui est une preuve de confiance.

-63kg : Clarisse Agbegnenou (RSC Champigny) et Margaux Pinot (ES Blanc Mesnil Judo)
Une catégorie en or (en argent) et en bronze. Clarisse Agbegnenou est revenue en force après les Jeux, emportant magistralement le Grand Prix d’Allemagne, et s’élevant en finale à Paris… pour se faire battre pour la quatrième fois de suite par la Slovène championne olympique, Tina Trstenjak. En surclassant notamment l’Allemande Martyna Trajdos en finale à Dusseldorf, elle a montré que pour elle, le seul danger en Europe – et peut-être dans le monde – c’est la Slovène. Laquelle est non seulement championne olympique, mais aussi championne du monde et championne d’Europe en titre. Absente en 2016, battue par Trajdos justement en 2015, Clarisse n’a plus gagné les championnats d’Europe depuis 2014. Une parenthèse à refermer. Et si elle n’y parvenait pas, Margaux Pinot a des prétentions légitimes. Troisième à Tokyo et à Paris, battue par la Japonaise Minei (qu’elle domine à Paris) et par l’incontournable Trstenjak, la championne de France a gagné les deux Grands Prix sur lesquelles elle était engagée en 2016. C’est dire qu’elle ne perd plus beaucoup et qu’elle sera l’une des favorites de ces championnats d’Europe. Voler l’or de la Slovène, un projet collectif pour les deux titulaires françaises.

-70kg : Marie-Eve Gahié (FLAM 91)
La championne d’Europe en titre, Gévrise Emane, n’est plus là pour défendre son titre. Sa challenger française, Fanny-Estelle Posvite, médaillée mondiale et européenne en 2015 et 2016, a vu arriver sur elle Marie-Eve Gahié, médaillé mondiale junior 2014 et championne d’Europe junior 2016, qui a marqué l’année 2016 par ses victoires à l’Open de Tunisie en janvier, aux Grand Prix de Turquie (devant Posvite) et du Kazakhsan en avril et mai, et enfin au Grand Chelem d’Abou Dhabi en octobre. Championne de France, elle est la meilleure Française à Paris (5e) et enfonce le clou en Allemagne en s’élevant en finale, vaincue par la combattante qui gagne Paris et l’Allemagne, la Japonais Chizuru Arai. Cette toute jeune combattante n’a plus perdu sur une Européenne depuis janvier 2016. Elle a l’occasion de prendre le titre européen pour sa seconde sélection (elle avait accompagné Gévrise Emane en 2015 et ne s'était pas classée).

-78kg : Audrey Tcheuméo (Villemomble Sports Judo)
Victorieuse à Paris pour son retour, la finaliste olympique audrey Tcheumeo est apparue égale à elle-même. Elle ira au championnat d’Europe dans la perspective de défendre son titre de 2016 et d’empocher le quatrième, avec l'idée aussi de rappeler en ce début d'olympiade aux prétendantes qu’en Europe, c’est elle la plus forte. La Hongrois Joo, victorieuse en Croatie et au Kazakhstan, la Néerlandaise Steenhuis (qui compte une victoire contre elle en 2015), victorieuse du Grand Chelem d’Abou Dhabi, seront ses rivales attendues. Tous les autres grands tournois depuis les Jeux, sauf Paris, ont été remportés par les Japonaises.

+78kg : Emilie Andéol (RSC Champigny)
Réserve à définir

Tout juste revenue de coupure après ses Jeux triomphaux, Emilie Andeol n’a pas pu bouger à Paris le bloc Asahina, une jeune prétendante au leadership mondial qui est dans sa phase montante. Il lui faudra d’autres ressources pour prétendre le faire. Mais au niveau européen, ce sera sans doute plus facile pour la championne olympique, qui devra cependant craindre l’Ukrainienne Kindzerska, brillante en Allemagne. L’Allemande Weiss, la Bosniaque Ceric, la Russe Chibisova ? Une bonne étape pour préparer les championnats du monde. Et un titre à reprendre pour poursuivre la série 2014, 2015, interrompue en 2016.  


Masculins

-60kg : Cédric Revol (ACBB Judo) et Vincent Manquest (AJA Paris XX)
Walide Khyar s’est rompu les ligaments de la cheville en Allemagne, alors qu’il semblait bien parti pour assurer la performance en tournoi qui lui manquait depuis sa déception des Jeux, et une titularisation au championnat d’Europe à la clé. Finalement choisi, son rival Vincent Limare, titulaire sur les trois derniers championnats d’Europe et les championnats du monde 2015, a du lui aussi déclarer forfait sur blessure ! Il Ce sont des garçons de la nouvelle génération, Cédric Revol et Vincent Manquest qui signent les résultats intéressants sur la période : l’or au Grand Prix de Croatie et au championnat de France pour Manquest, le bronze au Grand Prix de Hongrie et au Grand Chelem d’Abou Dhabi pour Revol, et une finale à l’Open du Portugal… Longtemps réserviste, Vincent Manquest a finalement rejoint son rival. Un beau duel en perspective.

-66kg : Alexandre Mariac (ES Blanc Mesnil Judo)
            Réserve : Sacha Flament (OJ Nice)

Une catégorie sans repère nette depuis la montée en -73kg de Loic Korval et l’opération à l’épaule du titulaire des Jeux Kilian Le Blouch. Ils étaient quelques uns à tenter d’affirmer une relève, le premier étant sans doute le vice champion d’Europe 2014 David Larose lui-même, vainqueur de l’Open d’Ecosse. Mais deuxième du championnat de France, septième de l’Open du Portugal et non classé à Paris, il ne fait pas la différence. Et c’est finalement le champion de France Alexandre Mariac qui est choisi. Non classé à Tokyo, à Paris, en Allemagne, il est un complet outsider sur ce championnat d’Europe.

-73kg : Guillaume Chaine (ES Blanc Mesnil Judo) et Loïc Korval (FLAM 91)
            Réserve : Benjamin Axus (AJA Paris XX)

Pierre Duprat, habituel titulaire depuis 2013, n’a pas réussi son championnat de France et a décidé une retraite orientale pour mieux revenir dans les jours qui viennent. Loic Korval préparait un « hold up » sur la catégorie, il parvient à obtenir sa sélection européenne en se hissant en finale du championnat de France - battu par Benjamin Axus – et en faisant la meilleure performance française à Paris : une septième place. Mal classé au championnat de France, Guillaume Chaine réussit à prendre sa première sélection en deux temps. Une victoire à l’Open du Portugal début février et une troisième place convaincante au Grand Prix d’Allemagne à la fin du même mois. Mi-février, il était engagé à l’Open d’Italie, où il est battu une seconde fois par Benjamin Axus. À 30 ans, Guillaume Chaine trouve une belle opportunité de faire une médaille européenne. Une place frustrante pour Benjamin Axus qui n'a pas encore su s'affirmer assez nettement à l'international pour faire la différence alors qu'il domine pour l'instant ses adversaires directs en France.

-81kg : Baptiste Pierre (ACBB Judo) et Pape Doudou N'Diaye (Sucy Judo)
Le choix n’a pas été très difficile à faire. Loic Pietri monté en -90kg, c’est le champion de France Pape Doudou N’diyae qui est choisi, un choix qui s’impose d’autant plus que le jeune médaillé mondial junior 2014 a aussi réussi la performance de prendre la médaille de bronze à Paris et que les prétendants de la génération précédente, les Allardon, Joubert et autres Kermarrec ont été, pour des raisons diverses, aux abonnés absents. Il a été accompagné dans sa performance parisienne par Baptise Pierre, finaliste du championnat de France et lui aussi médaillé de bronze à Paris. Une hiérarchie nouvelle qui s’est définie clairement à défaut de donner toutes les assurances. Engagés tous les deux à Dusseldorf, ils ne se sont classés ni l’un ni l’autre. Un baptême du feu passionnant en Pologne.  

-90kg : Axel Clerget (Sucy Judo)
     
ue lui en -90kg… et l’hypothèse Pietri. À vrai dire, en se hissant en finale à Tokyo et Paris tout en gagnant au passage l’Open du Portugal, tandis qu’Alexandre Iddir ne prenait que le bronze au Portugal, échouait à Tokyo et Paris et que Loic Pietri ne passait pas le premier tour de l’Open d’Italie… Le verdict du tapis était clair et net. Axel Clerget est non seulement le n°1 français, mais aussi désormais le n°2 mondial, et c’est lui qui a la légitimité pour faire le championnat d’Europe dont il devrait être l’une des plus sûres chances françaises… à ceci près qu’il arrivera sans trop de judo, puisqu’il ne reprend que dans les jours qui viennent de la blessure au genou qui l'a cloué au premier jour du stage international de Paris. Une blessure suivi d'une chute de scooter et d'une appendicite !

-100kg : Cyrille Maret (ACBB Judo)
Qui d’autre ? Le médaillé olympique a repris le collier assez tôt, se hissant en finale à Tokyo et à Paris, signe qu’il ne lâche pas le manche depuis Rio. Il est dans son timing et il ira à chaque grande compétition pour aller chercher de l’or. Premier rendez-vous au niveau européen dans une catégorie qui ne manquera pas de rivaux. On attentait l’éventuelle montée en puissance de Clément Delvert, ce ne sera pas pour cette séquence. Défait rapidement à Paris et à Dusseldorf, il devra patienter.

+100kg : aucun combattant
Un seul être vous manque… Derrière Teddy Riner, le désert. C’est du moins ce qu’a jugé la commission de sélection, qui n'inscrit aucun nom dans cette catégorie. Il n’y aura donc pas de lourd français en Pologne. Une décision qui interpelle, un constat qui désole. Car si l’encadrement français avait déjà choisi il y a quelques années (au championnat du monde 2013) de ne pas sélectionner un -60kg pour privilégier deux autres catégories, c’était plus une logique stratégique et ce n'est jamais devenu une habitude, au contraire. La France se devait de présenter un combattant dans chaque catégorie. Cette fois ce n’est pas le cas… et c’est par insuffisance de candidat. Depuis les Jeux, aucun lourd français n’a fait mieux qu’une cinquième place à l’Open du Portugal (Jean-Sébastien Bonvoisin et Mathieu Thorel), ce qui n’est pas vraiment une référence international. Pas de lourd français derrière Teddy Riner, c’est un fait, et c'est grave.

 

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