12:56 19 oct

CM juniors 2017 (J2) - Metifiot, c'est prometteur

Il finit 7e en -73kg

Deuxième jour de ces championnats du monde juniors dans une salle qui reste désespérement vide de spectateurs locaux. Une seule tribune latérale est en fait ouverte à tous, puisque celle qui lui fait face est réservée aux VIP ou invités, qui se comptent sur les doigts des deux mains. Et si les cafés et restaurants du quartier profitent à plein de la présence de judokas du monde entier (83 pays sont présents ici à Zagreb, nouveau record), aucune publicité n'annonce l'évènement présent. Un vrai hiatus donc, entre la dimension devenue fondamentale des championnats du monde juniors dans le cours du judo actuel mondial et la confidentialité, en termes de communication, dans laquelle ce dernier reste cantonné. Dommage, surtout dans une région du monde, les Balkans, où le sport tient une place si considérable dans la société. 
Un jeudi dont la conclusion ressemble presque totalement à la journée d'hier : les Azerbaïdjanais et les Géorgiens continuent de truster podiums et médailles chez les garçons et les féminines japonaises à gagner avec des judokates aussi précoces que talentueuses. Et les Français dans tout ça ?  Le mauvais départ d'hier perdure avec les défaites au 1er ou 2e tours de Coraline Marcus-Tabellion (-52kg, FLAM 91), Sarah-Léonie Cysique (-57kg, ACBB Judo), Daniel Jean (-66kg, OM Judo) et Jawad Abdelkrim (-73kg, FLAM 91). La bonne nouvelle du jour vient de la prestation engageante de Hugo Metifiot (-73kg, Blanc Mesnil Sport Judo), septième aujourd'hui.

Metifiot prend date

© Emamnuel Charlot/EDJ - Hugo Metifiot, 7e des championnats du monde en -73kg. 

Il a mis le genre de pion qui fait saliver les puristes et dire spontanément aux béotiens que "ça, c'est du judo". Lors de son premier combat, Metifiot claque fort le Chypriote Hadjiadamou sur un superbe ko-soto-gari en deux temps. Un impact sourd qui ne convaint pourtant pas les arbitres de mettre ippon. Une interprétation arbitrale aberrante mais finalement sans conséquence puisque ce junior première année formé à l'école du Dojo Romanais rajoute au même un bel uchi-mata quelques secondes plus tard et poursuivra sa route jusqu'en quart de finale, battant notamment le champion d'Asie junior 2017, l'Ouzbek Sobirov, sur un ura-nage plein de confiance. Très bien rentré dans sa compétition, Metifiot cèdera cependant face à l'Ukrainien Manukian (trois waza-ari à un), face auquel il se montre trop ouvert, subissant ses avant-arrières et ses gros mouvements de hanche, puis au Brésilien Lima en repêchage, qui enclenche un seoi-nage sur lequel le Français tente le contre, mais finit sur le dos dans la direction opposée. Des erreurs tactiques qui lui coûteront d'être plus haut dans la hiérarchie de ces championnats du monde mais la prestation de ce médaillé de bronze aux championnats d'Europe cadets 2016 est à retenir. S'appuyant sur une palette technique intéressante, Metifiot a fait preuve d'une vraie présence sur le tapis. Une prestation séduisante pour un premier championnat du monde dans cette catégorie d'âge pour un judoka, récemment rentré à l'Insep, à suivre de près dans les mois et les années qui viennent. 

Ça coince toujours pour les Françaises
Si il passait aux pénalités le Macédonien Rushiti lors du premier tour, Jawad Abdelkrim, l'autre -73kg du jour, dans son style caractéristique (belle posture et fort sur les mains), subissait après un bon début de combat le koshi-jime du Brésilien Santos Junior. Un travail en ne-waza du champion panaméricain junior 2017 qui obligeait Abdelkrim à taper. En -66kg, Jean Daniel (OM Judo) se fait surprendre dans les trente premières secondes par le Coréen du Nord Hyong Un Kim sur un morote à droite supersonique. Grosse désillusion pour le double champion de France qui s'arrête dès le premier tour. Chez les filles, Coraline Marcus-Tabellion ne trouvera jamais la solution contre la Japonaise Maeda qui lui place un o-uchi-gari pour waza-ari dans la première moitié du combat. La vice-championne de France 1re division 2016 doit s'incliner face à celle qui finira vice-championne du monde juniors en cette fin de journée. Autre engagée féminine du jour, Sarah-Léonie Cysique, s'impose sans être inquiétée face à la Slovène Kajzer mais butte au tour suivant sur à la Nord-Coréenne Kim. Plus rapide sur les prises d'initiative avec son uchi-mata, pas très dangeureuse, mais suffisamment patiente pour, à la longue, faire pénaliser une Française, sans trop de solution, pour passivité lors du golden score. Désillusion pour la médaillée de bronze aux championnats d'Europe 2017. A mi-parcours de l'épreuve individuelle, l'équipe de France n'a donc toujours pas ouvert son compteur, malgré le passage de combattant(e)s attendu(e)s.

Heydarov et Abe, évidemment
Tout autre résultat que la victoire relevait de l'impensable pour Hidayat Heydarov, l'Azéri champion d'Europe senior 2017 en -73kg et Uta Abe, victorieuse du Grand Prix de Düsseldorf en février en -52kg et en argent au Grand Chelem de Tokyo en décembre. Le premier s'impose en finale sur une clé de bras face au Turc Ciloglu, excellent sur ses ko-uchi-gake, mais très naïf sur le coup. Battant le Japonais de la catégorie dès son premier combat, l'Azéri au look de surfeur américain a bien failli se faire battre par le Géorgien Grigalshvili en demi-finale. Un combat d'hommes forts, extrêmement âpre et de haut niveau. L'une des plus belles bastons depuis le début de la compétition. Avec ce titre, Heydarov conclue tout de même une sacrée année pour lui, et une sacrée série, en gagnant en cette entrée d'automne, en junior, le titre qui manquait à son palmarès. Champion d'Europe depuis 2013, successivement en cadet (2013, 2014), junior (2016, 2017) et senior (2017), il n'avait jamais emporté le titre mondial, ni en cadet (non classé en 2013), ni en junior (3e en 2015), ni en senior (5e en 2017). Vingt ans depuis le mois de juillet, le nouveau guerrier du judo azéri va pouvoir se concentrer sur les objectifs seniors à venir.


Hidayat Heydarov, champion du monde junior -73kg. Crédit photo : Emmanuel Charlot

Un titre qui s'ajoute aux deux médailles d'argent d'hier pour l'Azerbaidjan. Si on ajoute la 5e place du -66kg Javadov, le constat est limpide : ce pays qui a fini avc quatre médailles à Budapest (soit une de plus que la France) a une génération masculine junior qui a de quoi faire peur pour l'avenir. Avec pour l'instant comme principal concurrent la Géorgie qui place encore deux garçons (Grigalashvili en -73kg et Niniashvili en -66kg) sur la troisième marche du podium, après la victoire du -55kg Jaba Papinashvili hier. Trois médailles pour les garçons de Lasha Gujejiani, une dans chaque des catégories où la Géorgie où elle était engagée. 

Chez les filles, on constate une nouvelle médaille azéri, pour la fougueuse Nazakat Azizova en -52kg, mais c'est néanmoins une domination outrageuse qu'impose le Japon aux autres nations avec trois médailles dont deux titres ce jeudi. Il y a bien sûr Haruka Funakubo en -57kg, qui fait donc le doublé après 2015. Celle qui a fini deuxième des championnats du Japon en avril et qui n'est encore que... junior 2e année, a appliqué avec méthode et précision le modèle dominant du judo féminin nippon avec un travail en ne-waza auquel aucune des adversaires n'a pu échapper, et qui ajoute une saisie puissante capable d'étouffer ses adversaires. Mais il y a surtout Uta Abe en -52kg. Soeur cadette de Hifumi, champion du monde seniors de son état (qui, rappelons-le, aurait pu participer à cette compétition puisqu'il est né en 1997), celle qui a fini 2e du Grand Chelem de Tokyo 2016 a démontré une supériorité prodigieuse et proprement intimidante. Insolente de facilité avec ses sode-tsuri-komi-goshi dévastateurs, évoluant à son gré vers des uchi-mata tranchants, elle bat sa compatriote Maeda en finale. Un diamant d'un éclat unique, dans une catégorie où le Japon possède déjà Ai Shishime et Natusmi Tsunoda... première et deuxième à Budapest !
Un bijou de judokate, qui est encore à polir, puisque, rappelons-le, Uta Abe n'est que...cadette 3e année. 
À Zagreb en  ce deuxième jour, le Pays du Soleil-Levant creuse (définitivement ?) l'écart, avec déjà quatre titres mondiaux, dont trois féminins. 


Uta Abe, championne du monde junior en -52kg. Crédit photo : Emmanuel Charlot

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