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CF cadets 2018 (J1) - L'évidence Mokdar, Ouchen avec autorité

Neuf titres ont été attribués ce samedi

Premier round de ces championnats de France cadets 2018 organisés comme de coutume dans la salle de l'Arténium de Ceyrat, au coeur des volcans d'Auvergne. Ce matin, les masculins ont ouvert les hostilités : cinq catégories (-46kg, -50kg, -55kg, -60kg, -66kg) et 258 combattants. Les féminines, elles, débutèrent à 14h30 avec quatre catégories (-40kg, -44kg, -48kg, -52kg) et 194 combattantes prêtes à en découdre sur les huits surfaces de combat. Dans la tribune officielle, outre le staff cadet (Gévrise Emane, Karine Dyot, Bruno Mure, Lilian Barreyre), dirigé par Cathy Fleury, la présence du Président de la FFJudo, Jean-Luc Rougé et du nouveau directeur de la performance, Stéphane Traineau. 
Un samedi avec peu de surprises : la moitié des nouveaux champions de France 2018 étaient déjà sur la première marche du podium lors du Tournoi de France organisé à Cannes, fin janvier. Une nouvelle démonstration du rôle de répétition générale que joue cet évènement pour le championnat national. Parmi les prestations à retenir, Faiza Mokdar (JC Chilly Mazarin Morangis) a une nouvelle fois démontré une supériorité et une maturité qui fait d'elle la judokate de cette génération. Chez les masculins, c'est Heydar Ouchen (JC Gennevillois) qui a retenu l'attention avec un judo et une attitude qui ont plu. 

Mokdar et Ouchen au rendez-vous
Vice-championne du monde en août dernier à Santiago (Chili) et seule médaillée à cette occasion, Faiza Mokdar clôt donc ses années "cadette" au niveau national par un second titre consécutif. C'est même une troisième médaille pour la combattante de Chilly Mazarin après le bronze en 2016 et elle est la seule, pour l'instant, à faire le doublé après 2017. Dominant totalement son sujet depuis sa deuxième année, Mokdar a déjà un pied chez les juniors (3à Cormelles-le-Royal et 2à Aix-en-Provence, battue seulement par la Japonaise) mais n'a pas laissé passer l'occassion de garnir un peu plus sa collection de médailles. Déjà très mûre sur le kumikata, possédant un système d'attaque qui tourne autour d'un fort uchi-mata à droite et de deux mouvements d'épaule (ippon-seoi et morote), Mokdar traverse une nouvelle fois la journée pour retrouver en finale sa meilleure adversaire, Lou-Ann Masson (La Couronne Grand-Angoulême Judo), 5e il y a un mois en Croatie. Depuis janvier 2017, elles sont donc, statistique unique sur les dix dernières années chez les féminines cadettes, à quatre finales consécutives : deux Tournois de France et deux championnats fédéraux. Un nouveau duel donc entre ces deux judokates, y compris dans le style puisque la Couronnaise est ce que l'on appelle une "machine" au sol. Gagnant quasi exclusivement ses combats dans ce domaine, ce qui d'ailleurs est assez unique dans les catégories jeunes en France, il y a du Kaori Matsumoto chez Masson, dans cette volonté et cette capacité à s'imposer, parfois à l'usure, en ne-waza : puissant, varié, patient...et très souvent gagnant. Une donnée que Mokdar connaît parfaitement. A Cannes, celle-ci avait fermé la boutique à double tour lors des passages au sol. Aujourd'hui, rien hormis une tentative d'immobilisation de la championne de France en titre. Car comme en 2017 cela s'est joué aux pénalités. Faisant preuve de plus de mobilité et d'initiatives, sans pour autant prendre trop de risques, Mokdar se montre plus active. Elle l'emporte après un combat tactique en particulier sur les mains entre deux filles indubitablement au-dessus du lot, dans une catégorie au niveau général intéressant. Passée à travers ses championnats d'Europe l'année dernière, nul doute qu'elle voudra se rattraper cette année par un titre. Un objectif réaliste pour cette fille qui restera, pour cete génération, comme celle à suivre dans les années futures. 
Cinquième en Croatie après sept combats, Heydar Ouchen est devenu champion de France après une journée parfaitement maitrisée. En demi-finale, il la joue patient contre Mathieu Ganet (Carros Judo). Gaucher avec de l'allonge, il prend constamment l'initiative avec son ko-uchi-gari en réaction et son o-uchi-gari, faisant juste ce qu'il faut, pour obliger l'Azuréen à défendre et reculer. Résultat ? Des pénalités qui montent irrémédiablement jusqu'au hansokumake. En finale, changement de tactique avec cette fois-ci la recherche du mouvement qui fera mal contre Youcef-Ayoub Belkhala (Espérance 1893 Mulhouse), un combattant jeune (il est 1re année), dynamique et qui tombe peu. L'ouverture est trouvée sur un joli kata-guruma qui déroule parfaitement Belkhala. Un premier titre national donc pour ce judoka du Pôle espoir de Brétigny qui sera junior en janvier prochain. Garçon visiblement introverti, Ouchen a retenu l'attention hier avec son judo structuré, sa posture droite et son judo varié. On l'attend maintenant à l'international, en République Tchèque (Teplice) (?),  prochaine sortie officielle de l'équipe de France.

Les champions du jour
En -40kg, victoire de Lilah Lagarde (AJ Loire) qui ipponise Anaïs Shoeser (AJC Seremange). Largarde avait finit 3e à Cannes et remporte donc son premier titre. 
En -44kg, même finale qu'à Cannes pour le même résultat : victoire de Léa Metrot (US Verneuil sur Seine) contre Meghane Vo (Stade Laurentin Judo). Metrot, vice-championne de France en -40kg l'année dernière et 3e à Zagreb début mars place un juji gatame à la volée dès le début de combat qu'elle ne lachera pas.
En -48kg, Eloise Picard (Dojo Maritime) fait elle aussi le doublé TDF/Championnats de France en battant Anaïs Perrot (SGS Judo). Deux jeunes femmes qui essayèrent de trouver l'ouverture grâce à leurs mouvements d'épaule. Un combat où chacune se rendit coup pour coup mais qui trouvera finalement son dénouement aux pénalités. C'est la Normande qui l'emporte, les arbitres jugeant sur une action au sol que la Génofévaine avait mis ses doigts dans le pantalon de son adversaire et une troisième pénalité synonyme de défaite pour celle qui avait jusque là trouver la faille aujourd'hui avec ko-uchi makkikomi très efficace. 
En -46kg, Lucas Demacon (AG Caennaise) s'impose à Raphaël Adriano (GS Senlis Judo). Ils avaient tous les deux fini cinquièmes à Cannes. 
En -55kg, Gabin Supervielle (Judo Chesnay Rocquencourt), éliminé à la surprise générale à Cannes se reprend parfaitement en emportant le titre. Troisième en -50kg l'année dernière, le combattant des Yvelines place un ippon-seoi supersonique dès la première prise de garde qui surprend totalement Riwane Hamadi (Alliance Judo 59) ! 
En -60kg, finale haletante entre Maxime Gobert (OJ Nice) et Hans-Jorris Ahibo (AM Asnières). Ce dernier, deuxième année cadet, marque le premier waza-ari sur un "énorme" ura-nage. Un avantage après lequel il se relache et qu'il paie immédiatement par un waza-ari sur tani-otoshi du Niçois. Finalement, ce dernier trouvera la solution sur un judicieux kata-ha-jime. Gobert fait donc le doublé TDF/Championnats de France. Il est, pour l'instant, le seul masculin à réaliser cette performance. 5à Zagreb après 7 combats dans une catégorie de 70 combattants, ce gaucher adepte de yoko-tomoe nage et à l'aise en en ne-waza, sera, tout comme Ouchen, à suivre lors des prochaines joutes internationales. Quant à Ahibo, il faudra garder un oeil sur lui la saison prochaine : dynamique, ce dernier a "quelque chose". 
En-66kg, Robin Garbe (Marck Judo), 3e à Cannes, monte donc de deux marches sur le podium pour emporter le titre de la catégorie. Mené rapidement sur un ippon-seoi-nage par Andrea Miele (ASM  Belfort), Garbe renverse la vapeur et s'offre la victoire sur une soumission. 

Les faits du jour : 
-Ils sont quatre à faire le doublé Tournoi de France/Championnats de France en 2018 : Léa Metrot, Eloise Picard, Faiza Mokdar et Maxime Gobert. 
-Tous les champions de France ce samedi ont fini dans les cinq premiers à Cannes, fin janvier.
-La deuxième finale des championnats de France consécutive entre Faiza Mokdar et Lou-Ann Masson en -52kg est une statistique inédite depuis au mois une dizaine chez les féminines de cette catégorie d'âge. 
-Les -46kg sont la seule catégorie dans laquelle le podium du Tournoi de France est intégralement différent de celui d'aujourd'hui.
-Le temps, parfois (très) long entre les demi-finales et finales du jour.
-La persistance d'une tradition de ces championnats de France avec les coutumes de certains judokas de Pôle espoirs (en l'occurence Marseille et Poitiers) de se décolorer les cheveux. 

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